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Nationale

Action inédite: les policiers marchent à Ghardaia

Action inédite: les policiers marchent à Ghardaia

Le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, s’est déplacé lundi à Ghardaïa pour tenter de désamorcer une mini-crise qui a commencé à prendre de l’ampleur.

En effet, quelque 1500 policiers se sont rassemblés lundi matin devant la sûreté de wilaya de Ghardaïa pour dénoncer leurs conditions très difficiles de travail. Ces agents de maintien de l’ordre, pour la plupart issus d’autres wilayas, ont exprimé pacifiquement leur « désarroi » quant à leurs « conditions de travail » marquées par des attaques au cocktail Molotov des émeutiers à Berriane et l’interdiction faite aux policiers d’utiliser la force « pour se défendre ».

Les protestataires ont refusé de discuter avec leurs responsables hiérarchiques exigeant, par conséquent, la présence du ministre de l’Intérieur. « Nous interpellons le ministre de l’Intérieur sur la situation catastrophique que nous vivons dans la région marquée par des émeutes », ont-ils scandé durant leur sit-in.

L’action des forces de l’ordre a suscité la curiosité parmi les habitants de la capitale du M’zab, d’autant plus que des hélicoptères survolaient la ville. Les policiers auraient déposé leurs armes, leurs boucliers et leurs casques pour protester contre le fait que les « personnes arrêtées sont constamment relâchées par la suite ». Ce rassemblement de la police est une première en Algérie où la loi interdit les manifestations des agents des corps de sécurité.

Le directeur général de la sûreté nationale s’est enquis de la situation en prenant langue avec les policiers en colère qu’il a longuement et attentivement écoutés, a indiqué un communiqué de la DGSN. Il s’est engagé à prendre en charge leurs préoccupations tout en insistant sur les risques du métier qu’il faut accepter. Abdelghani Hamel a appelé ainsi les policiers protestataires à faire valoir leur sens de responsabilité en étant le bras protecteur de l’Etat et des citoyens. Son déplacement urgent à Ghardaïa a été décidé suite au mouvement de protestation déclenché par les agents d’intervention relevant des Unités républicaines de sécurité.

Les affrontements qui ont éclaté à Berriane se sont accentués, causant la mort d’un habitant et de graves blessures à un autre. Des groupes de bandits s’en sont pris également à des édifices publics et des biens immobiliers privés. Une voiture a été brûlée sur la RN et d’autres ont été dégradées, provoquant ainsi un climat de peur qui a poussé de nombreux citoyens à abandonner leur lieu de travail et à rentrer chez eux. Ce brusque retour de la violence dans la vallée du M’zab inquiète la population locale, surtout qu’il a créé un profond malaise au sein des forces de police en charge de la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Ce rassemblement intervient au lendemain de nouveaux affrontements à Berriane où un fourgon de la police et une dizaine de magasins ont été incendiés. Les rumeurs sur le décès d’un agent de l’ordre ont été vite démenties. Des heurts entre les forces de l’ordre et des jeunes ont éclaté dimanche dans la localité de Berriane (45 km au nord de Ghardaïa). Ces heurts sont survenus suite à l’interpellation par les policiers de jeunes présumés incendiaires, samedi et dimanche, a expliqué à l’APS un notable et élu de la région.

Des jeunes cagoulés ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre, avant que la situation ne déborde, créant un climat d’insécurité dans la localité, et ne finisse par interrompre le trafic routier sur la RN-1, a-t-il ajouté. Un important groupe de jeunes a attaqué des policiers en faction devant la résidence du chef de daïra, avec des pierres et des cocktails Molotov, causant l’incendie du fourgon de police et de deux autres véhicules, selon le même élu.

Ces heurts se sont soldés par une dizaine blessés, en majorité des policiers, dont un grièvement, selon cet élu et une source médicale. Des traces d’actes de vandalisme et de destruction du mobilier urbain, ainsi que des pneus brûlés, des pierres érigées en barricades et des douilles de bombes lacrymogènes sont encore visibles dans la localité de Berriane où un dispositif de sécurité a été déployé pour contenir la situation.

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