Acquisition des voitures électriques : Les avantages et les incitations
En plus d’être vétuste, le parc automobile algérien est énergivore, d’où la nécessité de s’adapter aux véhicules électriques. C’est vers les véhicules de transport de voyageurs et de marchandises que les efforts devront être orientés compte tenu de leur grande consommation d’énergie, en sus du véhicule individuel.
La question a été au centre des débats de la journée de la mobilité électrique (JMEA) organisée ce mardi à Alger et durant laquelle les incitations à l’acquisition des voitures électriques ont été exposées.
L’Algérie a fait un premier pas dans son orientation vers les voitures électriques à travers l’obligation faite aux concessionnaires automobiles et constructeurs de fournir 15 % de véhicules électriques. Néanmoins, le prix élevé des véhicules électriques en comparaison aux véhicules thermiques peut entraver l’essor de cette filière. C’est dans ce sens qu’agit l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE).
Kamal Dali, directeur des actions sectorielles au niveau de l’APRUE, a présenté une communication sur la « Feuille de route de l’introduction du véhicule électrique en Algérie ». Il a exposé la stratégie de promotion de l’acquisition de ces véhicules. Il s’agit de l’instauration d’un dispositif financier pour accompagner les nouveaux acquéreurs de voitures électriques à travers une prime qui sera accordée, à partir de 2024, aux particuliers qui souhaiteraient acheter un véhicule 100 % électrique et non pas hybride, selon M. Dali, affirmant que cette mesure est inscrite dans le programme de l’APRUE.
Des incitations à l’acquisition de bornes de recharge individuelles sont également prévues. « Si un particulier a un véhicule électrique, il va installer une borne électrique chez lui et pourra donc bénéficier de cette prime », a-t-il précisé. Cependant, les efforts devront être fournis en direction de l’introduction des véhicules électriques dans le transport de voyageurs et de marchandises, comme c’est le cas dans plusieurs pays du monde.
Le directeur des actions sectorielles au niveau de l’APRUE, qui a indiqué que l’agence axe son travail parallèlement sur les véhicules individuels et les transports, a affirmé qu’un intérêt particulier sera accordé aux véhicules de transport de voyageurs et de marchandises. Car, a-t-il précisé, ce sont eux qui impactent la consommation de l’énergie et sont aussi grandement responsable des émissions à effet de serre, signalant les efforts qui ont été consentis, à travers notamment l’électrification du réseau ferré ainsi que la mise en circulation, dans sept villes du pays, du tramway.
S’agissant des bus de transport, où l’on n’enregistre aucun bus électrique, M. Dali a mis en avant l’accompagnement qui sera assuré pour les sociétés de transport de voyageurs afin de leur permettre d’acquérir des bus électriques. « C’est plus facile en termes de bornes de recharge car ils ont des parcs. Ces entreprises pourront éventuellement les installer au niveau des parcs, les charger la nuit et les faire circuler le lendemain », a-t-il expliqué.
Et c’est le transport urbain qui sera ciblé, d’autant que « les technologies disponibles s’orientent vers le transport urbain et non pas pour les longs trajets ».
Dali a auparavant fait une rétrospective sur la mobilité en Algérie. Précisant que le parc automobile en Algérie est composé de sept millions de véhicules, il a expliqué que ce dernier est réparti sur deux catégories. « 65 % de ces véhicules consomment de l’essence et 35 % d’entre eux sont des véhicules diesel, majoritairement des véhicules lourds (transport de marchandises ou transport de voyageurs) », a-t-il précisé, affirmant que du point de vue de la consommation de l’énergie, la tendance s’inverse. « 65 % de l’énergie est consommée par les véhicules diesel et 35 % par les véhicules essence », a-t-il ajouté, affirmant que le secteur du transport consomme 42 % de la consommation nationale. Il a, dans ce sens, évoqué la stratégie de réduction de la consommation de l’énergie (2000/2020), visant la conversion vers le GPLc notamment. Un autre objectif est fixé depuis 2021, celui de l’introduction du véhicule électrique.
Les voies et trajectoires pour le développement d’une mobilité propre dans le cadre de la transition énergétique de l’Algérie ont été, en outre, présentées par Rabah Sellami, directeur de l’hydrogène et énergies alternatives au Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE). Selon lui, le véhicule électrique est la solution technologique en mesure de décarboner le secteur de transport, à condition que la part des énergies renouvelables soit élevée.
Pour sa part, le chef de département transport à l’APRUE, Mourad Ouazen, a exposé les mécanismes de soutien pour l’acquisition des véhicules électriques, signalant une étude sur la possibilité de réduire les droits de douane et de la TVA, qui vont jusqu’à 80 % pour l’importation des véhicules électriques.
D’autres experts ont eu à présenter des exposés sur la thématique à l’occasion de la JMEA, organisée par l’agence Mokacom, considérée comme le premier événement du genre en Algérie. L’objectif principal étant de réunir tous les acteurs de la mobilité électrique en Algérie.