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Accouchement à domicile : entre tendance et risques

Accouchement à domicile : entre tendance et risques

Un nouveau phénomène est en train de proliférer en Algérie : l’accouchement à domicile. De plus en plus de femmes préfèrent accoucher chez elles plutôt que dans un hôpital où souvent, faute de places, les conditions d’accouchement sont déplorables.

Elles estiment aussi que « c’est la meilleure façon d’accoucher, entourées de leurs familles ». Certaines y voient un retour aux sources. Une sorte de bénédiction pour le foyer familial. 

Quelques sages-femmes ont fait de ce « retour aux sources » un moyen de profit rapide. Elles offrent leurs services pour pas moins de 40 000 dinars.

Elles exercent ce métier pendant leurs heures de repos ou alors elles se libèrent pour cela. Cependant, les sages-femmes craignent les complications qui peuvent survenir pendant ce genre d’accouchement.

Plusieurs d’entre elles demandent le dossier médical de la femme enceinte afin d’éviter tout problème pour la mère et l’enfant, surtout que plusieurs décès ont été enregistrés suite à des complications lors d’accouchements à domicile et même dans les cliniques.

Certaines femmes enceintes sont obligées d’accoucher à domicile à cause de leur situation financière ou parce qu’il est impossible de les transporter à l’hôpital. Baya T., sage-femme à l’hôpital de Hussein Dey, affirme être obligée, de temps en temps et en dehors des heures de travail, d’aider des femmes enceintes à accoucher à domicile, mais avoue qu’il y a un risque.

Sa collègue Karima S. indique que ce genre de travail, pourtant humain, peut engendrer de lourdes sanction si des poursuites judiciaires venaient à être engagées, surtout si c’est en rapport avec un malaise sanitaire pour la maman ou pour l’enfant.

Une maman ayant opté pour l’accouchement à domicile a indiqué : « L’idée d’accoucher chez moi m’a traversé l’esprit quand j’étais en Europe pour accompagner mon mari lors d’un voyage d’affaires. Là-bas, la plupart des femmes préfèrent accoucher à domicile pour être proche de leurs familles. Les pays européens reconnaissent cette pratique. »

Plusieurs femmes ayant accouché à domicile parlent de hasard pour expliquer leur choix. Pour Nadia Kahlouz, responsable à la Fédération nationale des sages-femmes, « le phénomène de l’accouchement à domicile s’est largement propagé au cours des dernières années et le devoir humain oblige les sages-femmes à faciliter l’accouchement de n’importe quelle femme enceinte si elle ne peut pas être transportée à l’hôpital ».

Un clin d’œil à l’usage, par plusieurs femmes enceintes, du prétexte de l’urgence pour justifier leur choix. « L’éthique professionnelle oblige les sages-femmes à prendre le risque, même si la vie de la mère ou de l’enfant est en jeu », a-t-elle précisé.

Si la femme rurale a recours à l’accouchement à domicile à cause de l’absence d’hôpitaux proches, les citadines, elles, y ont recours pour profiter d’une atmosphère intime au lieu de la nonchalance et du bruit des hôpitaux publics et des cliniques qui coûtent 40 000 dinars.

Les dernières statistiques des autorités compétentes démontrent que l’accouchement à domicile a triplé, mettant en garde contre l’augmentation du taux de mortalité, de la femme et de l’enfant, enregistré en rapport avec cette pratique.

Nadia Kahlouz a affirmé que les études ont démontré que la moyenne des décès chez les nouveau-nés suite à un accouchement à domicile est le double de ceux survenus suite à un accouchement dans un hôpital.

« L’accouchement à domicile est très risqué. La femme et l’enfant ont plus besoin de soins médicaux que d’une atmosphère familiale intime », a-t-elle mis en garde.

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