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Accord russo-saoudien : Un coup d’épée dans l’eau

Accord russo-saoudien : Un coup d’épée dans l’eau

C’est un coup d’épée dans l’eau. Un accord à prendre avec des pincettes. Voire un coup de bluff médiatique pour secouer le statu quo. Pour de nombreux spécialistes, l’accord entre la Russie et l’Arabie saoudite, sur le gel de leur production de brut durant le mois de janvier 2016, n’a pas eu les résultats escomptés.

Alors que les simples rumeurs d’une rencontre à Doha entre quatre ministres de l’Energie relevant, des gros pays producteurs, avaient boosté les cours lors des séances d’ouverture d’hier sur les marchés boursiers, l’annonce du gel et les préalables assortis ont fait chuter légèrement les cours, lesquels se sont stabilisés en fin d’après midi autour des 34 dollars le baril.

Cet accord que le Venezuela et le Qatar ont également signé ne signifie pas une baisse de la production, mais un gel. Autrement dit, il s’agit d’arrêter ou de stopper la spirale de hausses inconsidérées de la production du brut, dans un marché déjà inondé. Un tel gel ne pouvait donc être considéré comme important parce que susceptible de stopper la surproduction mondiale de brut ni de favoriser une remontée des cours.

Des cabinets d’analyse et des consultants internationaux étaient visiblement déçus des conclusions de cet accord, un effet qui s’est répercuté rapidement sur les courtiers et sur les grands acteurs du marché du brut. Les places boursières n’ont pas réagi instantanément, alors que cet accord concernerait quatre des plus gros producteurs mondiaux.

Pour les experts, cet accord est assorti d’une condition pour son application, l’acceptation par d’autres pays de limiter leurs productions ou de faire geler leurs quotas. Or, c’est cette condition qui fait problème, puisque les observateurs savent que Téhéran, par exemple, n’a nullement l’intention de limiter ses exportations.

L’Iran a même annoncé qu’il augmenterait sa production pour atteindre un million de barils par jour, d’autant qu’il se sent libéré depuis la levée de son embargo. De plus, ses rapports tendus avec Ryad, d’une part, et, d’autre part, la guerre d’interposition qui se déroule actuellement dans la région, principalement en Syrie et au Yémen, n’encouragent guère un assouplissement des positions et des points de vue respectifs.

De l’autre côté, Baghdad continue de pomper de plus en plus dans ses puits pour atteindre plus d’un demi million de barils/jours précisément en ce janvier dernier. Couplée à cette géostratégie et aux intérêts étroits, les économies de ces pays souffrent encore de la baisse vertigineuse des recettes pétrolières de ces vingt derniers mois.

Guerre des prix ou des parts de marché, le marché du pétrole n’en finit pas de subir les mutations technologiques et les évolutions économiques, influencé qu’il est par la morosité ambiante et par les crises répétitives de l’économie mondiale.

Alors qu’elle a lancé une initiative et une médiation, il y a un an, afin de stabiliser les prix du baril à un seuil acceptable, l’Algérie semble se réjouir de cette annonce, en dépit de ses limites. Pour Khebri, le ministre de l’Energie, il faut « poursuivre les efforts pour rapprocher les points de vue des producteurs membres et non membres de l’OPEP afin de parvenir à une réduction de l’offre en vue de redresser les prix ».

Il affirme, dans une déclaration, faite hier à Alger, lors du symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG), que notre pays « oeuvre sans relâche pour aboutir à des solutions consensuelles de réduction de l’offre pétrolière », non sans ajouter que les « prix actuels sont déraisonnablement bas ».

Sont attendues dans les prochains mois d’intenses négociations avec d’autres pays non membres de l’OPEP, mais gros producteurs, comme le Mexique ou la Norvège, voire aussi des pressions sur l’Iran et l’Irak, pour leur faire accepter une sorte de « moratoire » sur la hausse de la production. Mais cela reste tributaire de l’évolution de la conjoncture conflictuelle au Moyen orient et du redressement des économies occidentales et chinoise. 

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