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Accord historique entre les pays OPEP et non-OPEP

Accord historique entre les pays OPEP et non-OPEP

Les pays non membres de l’OPEP ont accepté hier à Vienne de réduire leur production de 600 000 barils/jour. L’accord est historique car aux dires des observateurs, une telle convergence représente « un niveau de coopération sans précédent » avec le bloc de l’OPEP, qui n’a cessé depuis des semaines de faire pression pour convaincre les non OPEP de l’opportunité de s’engager sur une perspective de baisse pour conforter le marché du brut.

Le quota ainsi proposé s’ajoute aux 1,2 million de barils/j retirés du marché par le cartel. Avec un tel total, équivalant à 2% de la production mondiale, le marché du brut va s’affermir davantage et « éponger le surplus et les stocks ».

Une telle nouvelle, attendue par de nombreux acteurs sur le marché, devrait faire bondir les cours du brut dès l’ouverture des places boursières demain matin alors qu’hier, le prix du Brent a clôturé autour des 55 dollars le baril.

Déjà, avant le début de la réunion, le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a indiqué que les pays non OPEP allaient signer un accord sur la limitation de la production, exprimant son optimisme sur l’issue de la rencontre.

Il a également relevé l’engagement de son pays à réduire la production de 300 000 barils/jour dans le sillage de la démarche de l’OPEP de baisser le surplus d’offre sur le marché afin de parvenir à équilibrer le marché du brut.

C’est une première depuis presque quinze ans. Une telle rencontre ne s’est pas produite entre des pays membres de l’OPEP et des producteurs non affiliés au cartel depuis 2002. Il aura fallu la crise des prix du baril et surtout la surabondance dans l’offre pour que le cartel songe à lancer de nouvelles passerelles de négociations avec des producteurs en dehors de l’organisation.

Samedi en fin d’après-midi (vers 17 heures locales), l’accord entre les deux parties allaient être signé, car pratiquement tous les échos qui nous parvenaient de Vienne dégageaient de bons signes et surtout un historique rapprochement dans l’analyse et la projection chez la majorité des producteurs.

Parmi les signes positifs à la veille de la réunion OPEP et non OPEP, c’est l’accord sur le principe de réduire 600 000 barils/j par les non OPEP, dont la Russie s’est engagé sur la moitié, alors que le reste sera partagé par d’autres producteurs qui ont exprimé une « solidarité » et un « alignement » sur les thèses de l’OPEP et sur les options proposées par l’Algérie dans sa médiation.

Le consensus dans l’effort de baisser les niveaux de production chez le bloc non OPEP devrait concerner, outre la Russie, le Mexique ( à hauteur de 150 000 barils/j), le Sultanat d’Oman, l’Azerbaidjan, voire même le Kazakhstan (hier encore, ce pays restait indécis, invoquant la reprise récente de l’exploitation d’un vaste champ pétrolier). Cet effort pourrait également toucher des pays, dont la production n’est pas importante, comme Bahrein, la Bolivie, le Soudan, le Soudan du Sud et la Malaisie. 

Rappelons que l’OPEP avait décidé le 30 novembre dernier, conformément à l’accord d’Alger, de mettre en œuvre la réalisation d’un plafond de production limité à 32,5 millions de barils/j.
Autrement dit, pour éponger le surstock de brut et l’offre, il faut réduire la production de plus d’un million et demi de barils/j.

Or, cette baisse ne peut se faire sans l’implication des autres producteurs non OPEP, ce que le comité technique de haut niveau mis en place à Alger a recommandé, allant jusqu’à institutionnaliser un cadre de coopération et de concertation entre le bloc OPEP et non OPEP sur une base « régulière et durable ».

L’idée suggérée est de partager les sacrifices pour obtenir les mêmes gains et les mêmes avantages sur une période plus ou moins longue (six mois ou une année).

Cependant, pour dissiper les doutes et produire un effet d’apaisement et de confiance chez les investisseurs et les négociateurs, l’Arabie saoudite a officiellement prévenu ses clients de la réduction de ses cargaisons de pétrole vers l’Europe et l’Amérique du Nord à partir de janvier 2017. L’Irak et le Koweit en ont fait de même.

Or, chez les experts, si on pense que la coopération des pays non OPEP est la clé de la réussite de l’accord de Vienne sur la réduction de la production, on doute par contre de la capacité de ces pays à influer sur des compagnies privées et puissantes, notamment en Amérique latine ou en Asie.

De plus, on affirme que la réduction des stocks sera faible tout au long de l’année 2017, même en cas d’adhésion des pays non OPEP. Il faudra attendre des effets notoires vers le second semestre, pour savoir si tout le monde a la volonté de faire appliquer les clauses de l’accord.

Ce sont ces doutes et d’autres indécisions qui ont poussé le Vénezuela à proposer un sommet des chefs d’Etats membres et non membres de l’OPEP au cours du premier trimestre de l’année prochaine, cela afin de décider d’une stratégie commune pour le marché du pétrole et de la mise en place de nouveaux mécanismes dans la régulation et l’équilibre de ce secteur. Seul l’Iran semble avoir donné son accord à cette proposition.

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