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Nationale

Accidents de la route: La société civile agit

Accidents de la route: La société civile agit

L’accident de la route est une tragédie nationale dont les propensions ne cessent d’accroître. Si des mesures sont prises pour améliorer la sécurité routière, beaucoup reste encore à faire si l’on veut que le nombre de décès cesse d’augmenter.

Pour mettre un terme à cette hécatombe qui emporte des vies humaines et cause d’énormes pertes à la sécurité sociale, des associations militent pour renforcer les lois en vigueur et multiplient les campagnes de sensibilisation auprès des citoyens.
Raison de cette action : en 2019, plus de 3 000 personnes ont trouvé la mort et 29 095 autres ont été blessées dans 21 109 accidents enregistrés en Algérie. Une situation qui n’a que trop duré, le bilan devenant de plus en plus lourd.
Parmi ces associations, Tariq Essalama qui active dans la wilaya de Béjaïa, depuis sa création en 2009, se distingue par un plan d’action basé sur une sérieuse étude de la situation de la sécurité routière en Algérie.

« La prévention consiste à rompre la chaîne de culpabilité conduisant à l’accident le plus tôt possible, l’identification des facteurs de risque est un préalable indispensable », a déclaré Youcef Chaouche, président de l’association au Jeune Indépendant.
Membre de l’alliance Globale des ONG de la sécurité routière mondiales et de l’Organisation arabe de la sécurité routière, elle lutte pour un changement de comportements des usagers de la route à travers diverses activités visant à la promotion de la culture de la sécurité routière en Algérie, la formation du grand public au code de la route et en secourisme, et l’éducation routière dans le milieu scolaire.

Consciente que le vrai travail ne pourra commencer qu’avec une réelle volonté politique, l’association Tariq Essalama-Béjaïa, dont les projets suscitent l’intérêt, se veut un partenaire sérieux et digne de confiance dans le domaine de la sécurité routière, et se dit prête à collaborer avec les autorités locales et nationales pour endiguer ce phénomène.

L’engagement des associations dans le domaine de la sécurité routière joue un rôle clé en raison de leurs contributions précieuses à la conception de solutions, affirme M. Chaouche, relevant que son association a été conviée à l’Assemblée populaire nationale, pour présenter son plan d’action 2020, dont les principaux axes sont la formation, la sensibilisation et l’éducation routière.
Les enfants étant les conducteurs de demain, l’association Tariq Essalama accorde une grande importance à l’éducation routière, et lui consacre un grand volet dans son plan 2020, à commencer par un projet de classe pilote en éducation routière, des excursions éducatives pour enfants, l’affichage dans les écoles des conseils liés à la sécurité routière.
L’association prévoit aussi l’acquisition de voiturettes pour animation d’un minicircuit permanent et la réalisation de clubs « les futurs conducteurs exemplaires ».

La question des facteurs humains dans la recherche de causalité des accidents est un sujet à la fois compliqué et récurrent dans le domaine de la sécurité routière, a signalé M. Chaouche. Une des difficultés tient au fait que, le plus souvent, les accidents résultent de phénomènes complexes et multifactoriels dont il est difficile de démêler l’écheveau. Une autre difficulté provient de ce que les études se fondent sur des concepts dont la définition n’est pas toujours homogène. « Le facteur humain implique aussi le responsable administratif qui n’a pas mis en place les panneaux de signalisation adéquates, ainsi que la personne qui a ordonné la réalisation de routes sans études suffisantes et sans suivis rigoureux, qui ne correspondent pas aux normes internationales », a-t-il ajouté.

Au-delà de la prévention, l’association s’occupe des victimes des accidents de la route et de leurs familles affectées par la perte d’un parent ou par le changement induit par le handicap, à travers la création d’une cellule de prise en charge psychologique des victimes et de leurs familles, aussi par la programmation de visites hebdomadaires aux victimes d’accidents dans les hôpitaux.
En plus de l’important nombre de morts et de blessés qu’ils provoquent le plus souvent, les accidents de la route engendrent un très important coût financier au Trésor public évalué annuellement à environ 111 milliards de dinars.

A lire aussi: BOUIRA : BAISSE DU NOMBRE D’ACCIDENTS DE LA ROUTE EN 2018

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