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Nationale

Accidents de la route en forte hausse: Les poids lourds au banc des accusés

Accidents de la route en forte hausse:  Les poids lourds au banc des accusés

Le terrorisme routier continue d’augmenter le nombre de victimes sur les routes ces derniers temps. C’est ce qu’a déclaré, ce lundi, Fatima Khellaf, chargée de communication à la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), précisant que, de janvier à octobre, les services de la sécurité routière ont enregistré plus de 3 000 accidents de la circulation.

Dressant un tableau particulièrement sombre de la situation, la même responsable a précisé, sur les ondes de la Radio nationale que « les véhicules lourds sont impliqués dans une part alarmante d’accidents, faisant exploser le bilan humain », indiquant que « cette tendance inquiétante touche de nombreux pays dans le monde, mais l’Algérie en ressent aujourd’hui clairement les effets ».

Elle a affirmé que « la hausse des accidents de la route est devenue un problème mondial qui n’épargne pas notre pays », soulignant que l’Algérie connaît « une augmentation notable du nombre de sinistres et du nombre de victimes ».

Concernant le bilan macabre, elle a fait savoir qu’entre janvier et octobre de l’année en cours, les services de la sécurité routière ont enregistré 3 223 accidents de la circulation, un chiffre extrêmement lourd, ayant entraîné 3 256 décès et 31 998 blessés. Elle a qualifié cette période de « particulièrement meurtrière », soulignant que la comparaison avec la même période de 2024 révèle une évolution inquiétante : « Les accidents ont augmenté de 3,15 %, les blessés de 4,42 % et les morts de 1,31 % ». Selon elle, cette tendance confirme « la persistance d’un problème structurel à plusieurs dimensions », qui ne peut être résolu uniquement par des mesures de contrôle.

Quant aux véhicules provocateurs d’accident, Mme Khellaf a indiqué que l’une des principales causes de cette aggravation réside dans l’implication croissante des véhicules lourds. « Les camions, les remorques, les semi-remorques ainsi que les bus de transport de voyageurs sont aujourd’hui parmi les premiers acteurs des accidents les plus meurtriers », a-t-elle dit. Selon les données présentées, « l’implication des bus a augmenté de 2,63 %, soit environ 787 accidents ». Quant aux camions lourds, « leur taux d’implication a connu une hausse marquée d’environ 7 % ».

Ces accidents « sont souvent des accidents en chaîne, ce qui explique l’augmentation du nombre de morts et de blessés lorsque ces véhicules sont impliqués », a-t-elle précisé, avant d’insister sur le fait que la puissance, le poids et parfois le mauvais état de ces véhicules amplifient la gravité des collisions.

En sus de ces facteurs mécaniques et techniques, la hausse des accidents est également alimentée par une série de causes structurelles et sociales. Mme Khellaf a rappelé que « le développement démographique rapide » exerce une pression constante sur les infrastructures routières et sur les réseaux de transport.

La prévention doit passer par le conducteur

Selon la même responsable, la croissance massive du parc automobile est un élément déterminant. Elle a expliqué que « la flotte nationale de véhicules s’est étendue à un rythme très élevé ces dernières années ». Cette tendance, combinée à « l’extension importante du réseau de transport national, désormais le deuxième plus grand d’Afrique », crée un contexte où les risques deviennent plus difficiles à maîtriser. Les routes sont plus fréquentées, les distances parcourues plus longues et la densité de circulation plus élevée, autant d’éléments qui augmentent mécaniquement la probabilité d’accidents.

Toutefois, Mme Khellaf a tenu à préciser que les mesures de répression et les dispositifs légaux, même s’ils sont incontournables, « ne représentent qu’une partie de la bataille ». Selon elle, la solution doit d’abord passer par un changement profond des comportements car « tout est lié à la mentalité et au comportement des usagers de la route ».

Le conducteur demeure au centre de la problématique, qu’il soit automobiliste, chauffeur de poids lourd, conducteur de transport collectif ou simple usager. Elle a insisté sur le fait que le conducteur et le propriétaire du véhicule doivent être des acteurs clés de la prévention, pas seulement des victimes ou des récepteurs de messages de sensibilisation. Pour la responsable, la participation active des citoyens est « indispensable pour espérer freiner l’hémorragie ».

La culture du signalement, devenue plus courante grâce aux nouvelles technologies et aux réflexes citoyens, constitue, selon elle, un levier important. « Nous avons constaté que la culture de la dénonciation des comportements dangereux a eu un impact positif », a-t-elle expliqué, car elle permet d’intervenir plus rapidement et de réduire les comportements à risque comme les excès de vitesse, les dépassements dangereux ou la conduite sous fatigue. Selon elle, un niveau plus élevé de conscience routière peut être atteint dans un avenir proche si ces pratiques se généralisent.

Par ailleurs, Mme Khellaf a rappelé que la sécurité routière ne repose pas uniquement sur la législation ni sur les autorités, mais constitue « avant tout une culture, une éducation et un processus continu ».

Elle a également souligné l’importance de la « formation continue des conducteurs », de la « requalification régulière » des automobilistes, et surtout de « l’éducation routière dès le plus jeune âge ». Selon elle, seule « une démarche de long terme, reposant sur la pédagogie et l’effort collectif », permettra de réduire durablement les pertes humaines et les dégâts matériels causés chaque année sur les routes.



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