Accidents de la route : Comment stopper l’hécatombe ?
Les accidents de la route mettent en péril des vies humaines. Le bilan de ce week-end est lourd. En deux jours, 36 personnes ont perdu la vie dans trois accidents survenus dans les wilayas de Constantine, Bordj Badji Mokhtar et Ghardaïa. Dramatique ! Comment arrêter cette hécatombe qui semble être éclipsée par la crise sanitaire ?
De terribles accidents se sont produits sur nos routes durant à peine 48 heures. A Constantine, une collision entre un bus de transport de voyageurs et un camion a fait dix-huit morts (11 femmes, 6 enfants et un homme) et onze blessés sur la route nationale 27 reliant les wilayas de Constantine et Jijel.
Quelques heures après, un autre grave accident s’est produit à Bordj Badji Mokhtar, dans l’extrême sud du pays. Une collision entre un véhicule tout-terrain et un camion sur la RN 6, à 22h 55, a tué neuf personnes et fait un blessé. Un autre sinistre de la route s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche dans la vallée du M’zab, faisant neuf morts et trente-deux blessés. Là encore, l’accident s’est produit entre un bus de transport de voyageurs, effectuant la liaison El-Menéa et Alger, et un véhicule lourd, un camion de transport de pastèques. Ces drames routiers continuent d’endeuiller les familles algériennes.
«Ce sont des chiffres qui nous laissent sans voix», a indiqué Rachid Ghezli, sous-directeur de la prévention et de la sécurité routière à la DGSN, affirmant que le bilan de ce week-end est parmi les plus lourds jamais enregistrés. «En six mois, on a atteint l’équivalent de 2 000 morts sur nos routes. C’est l’équivalent d’un village décimé», a-t-il regretté, estimant qu’un accident de la route n’est pas une fatalité car on peut éviter ces catastrophes. «On ne peut pas assurer une distance de 600 kilomètres avec un seul chauffeur de transport en commun. Il y a des mesures qui disent que à chaque 300 kilomètres un chauffeur doit prendre le relais», a-t-il expliqué.
Mais la question qui se pose d’elle-même c’est la ou les causes de ces accidents de la route. Si le facteur humain est responsable à 96% de ces sinistres, selon la commission de la sécurité routière, d’autres facteurs seraient à l’origine de ces accidents en augmentation permanente, notamment en cette période de vacances où les déplacements se multiplient. En effet, en sus du non-respect du code de la route, on évoque la vétusté du parc automobile, la qualité de la pièce de rechange mais surtout le manque de pièces d’origine et l’état des routes qui seraient en partie à l’origine de ces accidents mortels.
La lutte contre ce phénomène nécessite donc une stratégie multisectorielle. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné le sous-directeur de la prévention et de la sécurité routière à la DGSN lors de son intervention, ce dimanche, sur les ondes de la Chaîne 3. Selon lui, la lutte contre les accidents de la route nécessite l’ensemble des intervenants. On parle d’infrastructures, de contrôle automobile, de pièces de rechange, d’urbanisation, «donc, tout est liée», a-t-il estimé.
L’intervenant a proposé de revoir le code de la route afin de le rendre plus lisible et plus compréhensif, jugeant que les modifications qui ont été faites s’avèrent insuffisantes. «La loi-cadre 01-14 doit être revue. Une commission est en train d’étudier la refonte de cette loi et une introduction de modifications pour l’actualiser avec le contexte actuel et les impératifs en matière de sécurité routière», a-t-il fait savoir, affirmant que la solution la plus simple consiste à régler les problèmes que le conducteur génère lui-même en matière d’insécurité routière. «Il y a certains chauffeurs qui conduisent très mal. Il faut que le conducteur connaisse les mesures à prendre en prenant le volant. Il y a un environnement qu’il doit respecter et faire respecter», a expliqué l’invité de la rédaction de la radio.
D’autres proposent de frapper fort. C’est le cas de la chargée de la communication à la Délégation nationale à la sécurité routière, Celle-ci a tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation des accidents de la circulation au cours des six premiers mois de 2021. Faisant état d’une augmentation de 42% des accidents de la circulation, soit l’équivalent de 10 morts par jour, et un lourd bilan de 1 292 morts en 5 mois, Fatima Khellaf a fait savoir que la Délégation nationale travaille à la modification du code de la route et à la criminalisation de certaines infractions graves, proposant une peine de prison au lieu d’une amende financière.
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