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Nationale

Abderrazak Mokri se positionne déjà pour le non

Abderrazak Mokri se positionne déjà pour le non

Le conseil consultatif du MSP se réunit demain vendredi pour trancher la question de sa participation au prochain gouvernement élargi que leur propose le président Abdelaziz Bouteflika.

Le MSP avait été officiellement contacté par le Premier ministre Abdelmalek Sellal en début de semaine.

Une rencontre a même eu lieu entre ce dernier et Abderrezak Mokri. Mais le président du MSP a préféré s’en remettre à son conseil consultatif, lequel doit acter ou non la participation du parti. Il a pourtant affiché sa position juste après sa rencontre avec le Premier ministre.

« Par son insistance à avoir au sein du gouvernement notre formation politique, le pouvoir, en fin stratège, veut contrôler davantage l’avenir, après avoir réussi à s’emparer du passé et du présent des Algériens », dit-il dans un long texte publié sur sa page Facebook hier, où il tente visiblement de justifier sa position de refus.

Une manière d’influer sur le cours des évènements. Mokri explique au passa- ge que les autorités « veulent à tout prix associer son parti au futur Exécutif », exprimant sa conviction personnelle que l’invitation « est purement tactique ».

Il affirme que le but de la manœuvre (du pouvoir) est « d’embellir sa vitrine » en y incluant le MSP. Selon Mokri on veut empêcher son parti d’être « une alternative aux partis du pouvoir qui ont conduit le pays à l’impasse politique et économique ». Le leader du MSP, qui tente une prospective en soulignant que son parti sera à l’avenir le seul bénéficiaire antici- pant une catastrophe annoncée , oublie qu’il a déjà intégré le gouvernement dans deux mandats (1999-2004 et 2004 2009) du président Bouteflika : « Nous ne vou- lons pas prendre un train qui va vers une destination inconnue, un train qui s’est trompé de voie. Le pays est appelé à vivre prochainement des turbulences sociales violentes, des frustrations citoyennes qui se traduiront par des troubles.

Le gouver- nement en place a échoué », dit-il. Mais il laisse la porte ouverte à une éventuelle participation « dans un gouvernement de pleine légitimité, issu de la volonté popu- laire ». C’est-à-dire un gouvernement issu d’élections propres et honnêtes quel que soit le vainqueur. Pour Mokri, ceux qui veulent voir le MSP au sein du gouverne- ment « ne cherchent pas à développer le pays, ni à satisfaire les besoins du peuple mais à mieux servir leurs intérêts étroits ».

Il estime que les autorités ne veulent pas d’un MSP crédible aux yeux du peuple qui « pourrait s’avérer comme l’alternative en cas de grave crise et de troubles dans le pays ». Selon lui, le régime œuvre à « décrédibiliser la première force politique réelle du pays que constitue notre mouve- ment ».

Pour lui, le MSP « n’a pas été créé pour servir de caution » à un pouvoir dépourvu de toute légitimité. Pour lui, « le MSP doit se préparer pour prendre le pou- voir au cas où le régime en place tomberait sous la colère du peuple ».

Mokri profite de cette tribune pour dénoncer ceux qui sont favorables à une entrée au gouverne- ment à l’instar de Aboudjerra Soltani. En plus de ce dernier, un autre membre influent et ancien président du Majliss Echoura (conseil consultatif national) du parti, Abderrahmane Saïdi, estime de son côté dans un entretien au quotidien Liberté que le MSP a intérêt à ce qu’il intègre le gouvernement.

« J’en suis même convain- cu. Il y va de l’intérêt du mouvement d’en- trer au gouvernement. C’est là mon avis, mais c’est le conseil qui décidera en der- nier ressort. Je ne sais pas combien de col- lègues au Majliss pensent comme moi. Je n’en fais pas une préoccupation person- nelle.

C’est Abderrezak Mokri qui est en train d’essayer de faire le décompte des pour et des contre, car il a lié la question de la participation à son propre choix. Il ne veut pas perdre, alors que, pour moi, l’in- térêt du mouvement doit primer », dit-il.

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