Le président de la NADA, au Jeune Indépendant : «L’enfant doit connaître ses droits»
Pour la Journée internationale des droits de l’enfant, le Réseau algérien de protection des droits de l’enfant (NADA) organise, ce lundi, une journée de sensibilisation au Musée des Beaux-Arts d’Alger. Son président, Abderrahmane Arar, revient sur les objectifs de cette initiative, centrés sur la vulgarisation des droits de l’enfant, le renforcement de leur protection et l’implication de l’ensemble des acteurs éducatifs, sociaux et institutionnels dans une démarche collective.
Le Jeune Indépendant : Dans quel esprit le réseau NADA célèbre-t-il la Journée internationale des droits de l’enfant ?
Abderrahmane Arar : A la lumière des célébrations liées à la Journée internationale des droits de l’enfant, le Réseau NADA, avec ses partenaires, célèbre cette journée à travers l’organisation, aujourd’hui, d’une journée [placée sous le thème : « L’éducation aux pratiques paisibles dans l’alimentation, le divertissement et l’art », NDRL], cette activité se tiendra au Musée des beaux-arts d’Alger.
Nos partenaires incluent plusieurs secteurs, qu’ils soient décentralisés ou centralisés. Il s’agit notamment du ministère de la Jeunesse, de la Culture, de la Solidarité, de la Justice, de la Formation et de l’Education. Nous travaillons également avec l’UNICEF, qui est un partenaire important dans le cadre de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Cette coopération multisectorielle tend à booster l’action sur le terrain et de garantir une meilleure diffusion des droits de l’enfant.
L’objectif suprême est de vulgariser davantage les droits de l’enfant, à travers les enfants eux-mêmes et par leur participation, y compris celle des parents, des animateurs et des professionnels qui font partie du dispositif consacré. Cette démarche repose essentiellement sur une dynamique collective où chaque acteur joue un rôle dans la diffusion et la compréhension des droits fondamentaux de l’enfant.
Cette journée participe donc à la promotion des droits de l’enfant et au renforcement des connaissances sur ces droits. C’est pour cela que des ateliers thématiques seront organisés avec la participation de 400 enfants.
Ces enfants vont bénéficier de nouvelles connaissances, de compétences et de techniques pédagogiques et éducatives. L’objectif est également de faire en sorte qu’ils deviennent, à leur tour, des acteurs et relais de sensibilisation au sein de la société.
Cette action s’insère principalement dans la vision stratégique de notre gouvernement ainsi que celle de l’UNICEF à l’horizon 2030, en lien avec les Objectifs de développement durable (ODD).
En somme, il s’agit de consolider la connaissance des droits de l’enfant, notamment les lois existantes en Algérie, les mécanismes de protection, la Convention de l’UNICEF, les droits fondamentaux, mais aussi la manière de se protéger et de signaler les cas de maltraitance ou les situations de non-droit, ou encore les situations à risque.
Quelle est aujourd’hui la principale problématique qui affecte la protection et le bien-être des enfants ?
Aujourd’hui, nous faisons face à plusieurs défis sur le terrain. Le premier défi, et celui que nous enregistrons chaque année, est la violence exercée sur l’enfant. Cette violence touche tous les milieux : les ménages, les familles, l’école, l’espace public… d’autres institutions culturelles et sportives, et j’en passe. Il existe donc une violence multiforme qui affecte directement l’intégrité des enfants.
Pour y faire face, il faut une dynamique collective. C’est par un travail commun, la communication institutionnelle et sociétale, l’implication des enfants, des parents, des élèves, de même que par le développement de programmes adaptés que nous pouvons agir efficacement. C’est cela la clé de la réussite.
A cet égard, quel rôle peuvent jouer les programmes éducatifs et sociaux ?
Le développement de programmes et d’alternatives culturelles, sociales, sportives et de mobilité pour les enfants est essentiel. C’est une réponse directe aux différentes formes de violence. Par ailleurs, l’enfant ne doit pas être uniquement un consommateur de programmes éducatifs. Il peut et doit jouer un rôle actif dans l’interactivité de ces dispositifs, en vue de mieux connaître ses droits mais aussi de les pratiquer dans son environnement.
De même, les parents peuvent être des acteurs déterminants dans l’accompagnement de ces programmes, tout comme les enseignants, les élèves et les enfants eux-mêmes. Il faut impliquer tous les acteurs autour de cette journée car, aujourd’hui, tous les secteurs sont concernés par les droits de l’enfant. C’est un travail transversal qui touche toutes les institutions.
Je souhaite à tous les enfants d’Algérie mes meilleurs vœux à l’occasion de cette journée. C’est une étape importante pour nous, pour évaluer, pour avancer et pour protéger les acquis. Et je n’oublie pas tous les enfants du monde, notamment les enfants palestiniens, qui souffrent chaque jour, chaque nuit, chaque minute. J’espère qu’ils pourront retrouver la paix, le bonheur, et voir naître leur Etat palestinien, libre et souverain.