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Nationale

Abderrahmane Achaïbou: « L’économie ne profite en rien du montage automobile »

Abderrahmane Achaïbou: « L’économie ne profite en rien du montage automobile »

Les activités de montage de véhicules ne sont en rien profitables à l’économie nationale. C’est ce qu’a révélé Abderrahmane Achaïbou, membre fondateur de l’Association des constructeurs et concessionnaires automobiles, qui a établi un tableau noir sur l’activité.
Lors de son passage ce lundi à la Radio nationale, Achaïbou avance comme preuve « le manque à gagner » causé au Trésor public par ces types d’opérations, en même temps que les prix exorbitants auxquels sont cédés ces véhicules. Selon lui, ces véhicules coûtent 40% plus cher, alors censés coûter beaucoup moins en comparaison de ceux importés. Selon lui, avec les 3,7 milliards de dollars dépensés pour 180 000 voitures importées, on aurait pu, en utilisant cette somme rationnellement, importer 300 000 automobiles et protéger, en même temps, les 100 000 emplois perdus depuis. Il signale dans ce sens que dans le cadre du montage c’est uniquement « 10 000 personnes qui travaillent », en disant que « c’est un échec total », pas que dans l’automobile, mais « c’est la politique économique du pays qui a échoué car les exportations d’hydrocarbures sont toujours à 98% ». Plus que cela, l’invité de la rédaction de la Chaîne 3 estime que « l’Etat aurait pu économiser 1,5 milliard de dollars sur ce qui se fait actuellement ». Achaïbou incombe la responsabilité à l’ex-ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb.
En effet, c’est à boulets rouges qu’a tiré, tout au long de l’émission, l’intervenant sur Bouchouareb en signalant que la situation actuelle dans le secteur de l’automobile est due aux choix faits par cet ancien ministre, notamment pour ce qui est de l’établissement des cahiers des charges. Il a rappelé qu’en son temps « il n’avait fait bénéficier les activités de montage qu’à une seule entreprise », signalant que lui était « exclu d’une manière arbitraire ». Expliquant en quoi les montages de véhicules ne sont pas rentables, l’intervenant a indiqué que ceux-ci sont montés puis démontés par leurs fabricants, puis ensuite remontés en Algérie, engendrant autant de surcoûts. 
Il a par ailleurs signalé que le cahier des charges, datant de 2015 relatif à l’importation de véhicules neufs, « amendé deux mois après », permettait, sous des prétextes de sécurité, de rajouter pour environ 1 500 dollars d’équipements, pas nécessairement indispensables » sur ces derniers, contribuant d’autant à augmenter d’environ 40% leurs coûts. Il a tenu à signaler dans ce sens que l’association des constructeurs et concessionnaires automobiles n’a pas été impliquée dans l’élaboration dudit cahier des charges. Se disant confiant dans l’avenir de l’activité, Achaïbou souligne la nécessité de corriger les erreurs du passé, en faisant notamment appel aux experts.
Il propose de ce fait, pour les besoins de l’économie, de stopper l’importation et le montage de véhicules de grosse cylindrée et autres 4/4. En échange de chacun d’entre eux, il est possible, selon lui, de ramener trois automobiles. Cependant, il n’omet pas d’attirer l’attention sur l’importance de se préparer pour le véhicule électrique qui, notons-le, s’imposera sur le marché dans les années à venir. 

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