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Nationale

«Abdelmoumene Khalifa s’est constitué une trésorerie à l’étranger de manière frauduleuse !»

«Abdelmoumene Khalifa s’est constitué une trésorerie à l’étranger de manière frauduleuse !»

« La banque Khalifa était malade, c’est pourquoi la Banque centrale d’Algérie a décidé de l’évacuer du champ bancaire pour la simple raison qu’elle avait peur qu’elle contamine les autres institutions financières, notamment publiques, implantées à travers le pays.

Abdelmoumene Rafik Khalifa a sollicité de recapitaliser sa banque avec des avions de Khalifa Airways qui n’étaient pas d’ailleurs encore payés ! En dépit du gel du commerce extérieur, Abdelmoumene Rafik a réussi à constituer une trésorerie à l’étranger en procédant au transfert illégal de capitaux en utilisant l’instrument bancaire international Swift ». 

C’est ce qui ressort, en effet, des déclarations du témoin Touati Ali, l’adjoint du gouverneur de la Banque centrale d’Algérie Mohamed Laksaci, lors de la 25e journée du procès après cassation de Khalifa et des autres inculpés poursuivis dans le cadre de l’affaire Khalifa Bank.

Appelé à la barre pour donner sa version des faits sur l’affaire, Touati Ali a d’emblée au président du tribunal criminel de Blida : « Ce n’est pas moi qui ai signé la décision du gel du commerce extérieur de Khalifa Bank. La décision a été prise le 27 novembre 2002 par le directeur général des changes de la Banque centrale d’Algérie. »

Dans le même contexte, l’intervenant a indiqué : « La commission monétaire de la Banque d’Algérie a validé juste pour consolider la décision prise par le directeur général, qui était légale »
Touati Ali a précisé que « Abdelmoumene Rafik Khalifa n’a pas introduit un recours concernant cette décision devant la commission monétaire »

A la question du président de savoir si la commission en question siège en deuxième ressort, le mis en cause a déclaré : « Je ne peux pas répondre à votre question monsieur le président ! »
« Après le gel du commerce extérieur, le gouverneur de la Banque centrale d’Algérie a décidé d’intensifier les inspections, qui ont amené à la découverte de plusieurs infractions » a souligné le témoin.

A propos de ces dernières, il a dit que « Khalifa Abdelmoumene s’est constitué une trésorerie à l’étranger en procédant au transfert illégal de capitaux vers l’étranger en utilisant frauduleusement l’instrument Swift sans avoir l’autorisation de la Banque centrale d’Algérie ».

Interrogé sur quelle base M. Mohamed Djellab a été choisi en qualité d’administrateur de Khalifa Bank, il a répliqué : « L’administrateur Djellab est un très grand professionnel qui a toujours été reconnu par ses pairs ! C’est pourquoi d’ailleurs il a été choisi également pour établir son rapport concernant Khalifa Bank »

Il a fait également savoir que « le rapport concernant la gestion désastreuse de Khalifa Bank a été envoyé au ministère des Finances et une copie a été adressée à la direction générale de l’aviation civile ! ».

Touati a par ailleurs affirmé que : « Djellab a demandé mais il n’a jamais imposé la recapitalisation de la banque Khalifa, soit sa liquidation pure et simple ! » Il a en outre dévoilé au juge : « Les actionnaires ne voulaient nullement la liquidation de la banque mais elle était inévitable ! ».

Le témoin a tenu à préciser au président : « J’ai dit à l’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, Keramane Abdelwahab, que je ne pouvais pas faire confiance à Abdelmoumene Khalifa qui ne jouissait d’aucune expérience pour la gestion d’une banque privée, car il n’en avait pas les qualités ! ».

S’agissant du retrait d’agrément à Khalifa Bank, il a été catégorique : « On ne peut pas laisser une banque malade car elle risque de contaminer les autres, notamment celles du secteur public ! ».

Intervenant, l’avocat de la partie civile a posé une question à l’adjoint du gouverneur de la Banque d’Algérie pour savoir si les mécanismes existaient pour indemniser les petits épargnants. Touati a répondu : « Je ne peux pas répondre à cette question, monsieur le président ! ».

Il a par ailleurs affirmé que « Le fonds de garantie a été mis en place juste après l’affaire Khalifa pour trouver des solutions urgentes pour l’indemnisation des petits déposants. On a proposé un prix symbolique de 60 millions de centimes ».
Touati est immédiatement interrompu par Me Meziane Ali qui lui demande de lui donner la liste nominative des membres de la commission bancaire ayant procédé au gel du commerce extérieur : « Nammous, Benziada, Hadj Saddouk et moi »

Peut-on savoir, lorsque vous avez reçu Abdelmoumene Rafik Khalifa, s’il vous a parlé du personnel de sa banque ? Questionne le même avocat.

Et le témoin de répondre : « Je lui ai dit que je ne connaissais pas le personnel et que je n’étais pas à habiliter à donner des jugements ». Il s’arrête un instant, puis reprend : « Khalifa a accaparé les meilleurs fonctionnaires et cadres qui exerçaient au sein des différentes banques publiques ! ».

Il a fait savoir à l’assistance que « la commission était compétente par rapport à la prise de décisions disciplinaires quant aux anomalies et carences relevées par les membres, dans son rapport établi le 28 juin 2000, et qui pointait du doigt Khalifa Abdelmoumene ».

Interrogé par le procureur général quant aux transferts des capitaux qui devaient atterrir périodiquement de l’étranger vers la Banque d’Algérie (comme le stipule le règlement des banques) et qui ont été utilisés apparemment dans l’achat de la villa de Cannes, il a préféré s’abstenir : « Je ne sais pas, monsieur le procureur ! ».

Il est à rappeler que l’après-midi d’hier a été consacrée aux auditions des témoins du monde sportif algérien et plus précisément des anciens et actuels présidents de clubs des divisions 1 et 2 ayant été sponsorisés par le groupe Khalifa, à l’instar de Khalifa Bank et Khalifa Airways, au début des années 2000 et lesquels ont bénéficié d’avantages.

Le premier témoin appelé à la barre pour donner son avis quant à la transaction commerciale qu’a conclue son club n’est autre que l’ancien président du club phare des Hauts Plateaux, à savoir l’entente de Sétif, Abdelhakim Serrar qui a commencé à jouer en 1971 jusqu’à son installation à la tête de l’équipe de 2003 à 2011.
Il a déclaré à l’attention du président du tribunal qu’il a conclu une convention avec le groupe Khalifa pour sponsoriser « El Kahla Oua El Beida » qui a bénéficié d’une aide de 400 millions de centimes.

A la question de savoir s’il avait rencontré Abdelmoumene Khalifa lors des négociations, l’ex-patron de l’ES Sétif a déclaré : « Je ne l’ai jamais rencontré, monsieur le président ! ».
Il a tenu par ailleurs à souligner : « Je n’ai bénéficié d’aucun avantage de la part du groupe Khalifa ! ».

Il n’a pas manqué de rappeler que « le partage financier se faisait à titre de complaisance dans le monde footballistique et ne se faisait pas de manière équitable. L’Entente sétifienne, qui a plus de 5 millions de supporters à travers l’est du pays, notamment à M’sila et Bordj Bou Arreridj, avait d’énormes difficultés pour continuer le championnat, c’est pourquoi, comme tous les clubs de la 1re division, nous avons opté pour ce groupe ! ».

Le deuxième témoin qui a défilé devant le juge est l’actuel président de la JS Kabylie qui a répondu avec humour aux questions qui lui ont été posées : « C’est Moumene Khalifa qui a appelé Said Allik, qui m’a appelé à son tour pour me dire que Moumene voulait me voir pour la conclusion d’un contrat avec la JSK »

Il est vite interrompu par le président. « Vous étiez en désaccord avec Said Allik durant cette période, n’est-ce pas ? C’est ce que vous avez déclaré au juge d’instruction le 20 décembre 2005 ? ! »
Et le témoin de répliquer : « Je n’ai jamais eu des problèmes avec Said Allik. J’ai Toujours été en bonne relation avec lui. »

Il a fait savoir au président : « La convention a été signée avec Djamel Guellimi concernant le sponsoring du club et le paiement des joueurs, des dirigeants et de la barre technique ».
Il a déclaré : « Le groupe Khalifa a approvisionné le club du Djurdjura en voitures. Pas moins de 27 footballeur de la JSK ont bénéficié de 27 véhicules Peugeot 307 HDI ».

Mohand Chérif Hannachi, qui subit des pressions ces derniers jours pour se retirer de la JSK, a affirmé « avoir assisté à la cérémonie organisée par l’Olympique de Marseille relative à la conclusion du contrat de financement de ce dernier, mais il a nié avoir reçu une enveloppe contenant 5 000 euros ce jour-là, contrairement à d’autres ! ».

Le troisième témoin est le commentateur de sport sur la Chaîne 3 Maamar Djebbour qui a affirmé : « On discuté avec Moumene quant aux montants attribués aux clubs. Il insistait pour qu’on ne dépasse pas le seuil arrêté ».

Il a par ailleurs indiqué : « Pour le NA Hussein Dey ce n’était pas un sponsoring mais plutôt un parrainage ».
Dans le même contexte, il a conclu : « Tous les clubs sponsorisés avaient des conventions et tout se faisait conformément à la réglementation ».

Il convient de signaler que les auditions des témoins du monde sportif se sont achevées hier et de relever l’absence du président de la Fédération Algérienne de Football Mohamed Raouraoua.

Le président du tribunal a été contraint de lire quelques extraits des dépositions faites par ce dernier devant le juge d’instruction que lorsqu’il a été élu en qualité de premier responsable de cette instance en date du 08/11/2001, il avait trouvé une convention signée entre la fédération que gérait l’ancien président Omar Kezzal et le groupe Khalifa et que cette dernière consistait en la prise en charge des transports aériens des joueurs qui évoluaient notamment dans les championnats des 1res et 2es division et de l’équipe nationale .

Il a avoué avoir renouvelé le contrat signé le 02/12/2002 mais par contre il n’a pas pu déterminer les montants qui ont été déboursés concernant les 07 véhicules touristiques attribués aux joueurs et dirigeants professionnels.

A propos de ces voitures, il a déclaré les avoir remises au liquidateur de la banque Khalifa par le biais de la Gendarmerie nationale le 10 janvier 2005.

Il est à rappeler que les journalistes ont organisé une pause de protestation contre les déclarations de l’adjoint du gouverneur de la Banque centrale d’Algérie Touati Ali, qui a estimé que la corporation écrit des bêtises qui lui sont dictées par des avocats. L’audience a été suspendue par le président du tribunal qui a exigé de ce dernier de retirer le mot et de s’excuser auprès des journalistes.

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