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Nationale

Abdelmalek Boudiaf : «Il y a de grandes compétences à Tizi Ouzou»

Abdelmalek Boudiaf : «Il y a de grandes compétences à Tizi Ouzou»

Parler de retard dans la réalisation de projets de développement dans la wilaya de Tizi Ouzou relèverait presque d’un pléonasme. Le secteur de la santé, pourtant névralgique, n’échappe pas à cette triste situation malgré la volonté de certains esprits patriotiques de changer l’ordre des choses.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, l’a encore une fois constaté sur le terrain. En effet, en visite de travail et d’inspection avant-hier dans la wilaya de Tizi Ouzou, il a pu situer la responsabilité des uns et des autres dans cette gabegie.

La première contrariété du ministre fut lors de sa visite au chantier du Centre anti-cancer (CAC) 140 lits de Draâ Ben Khedda. Selon les termes du contrat initial, ce CAC devait commencer à accueillir les patients en décembre 2011 puisque le démarrage des travaux s’est fait le 15 mai 2009 et le délai de réalisation a été fixé à 19 mois.

L’estimation du projet en termes financiers était de 3 897 540 000 DA. Hélas, le taux d’avancement des travaux n’atteindra pas les 25 % en 2014 malgré la réévaluation de l’autorisation du programme, qui atteindra la coquette somme de 4 201 869 000 DA.
Avant-hier, c’est-à-dire lors de la dernière visite du ministre, le projet du CAC de Draâ Ben Khedda atteingnait un taux d’avancement des travaux de 75 %.

Ce taux est celui reconnu comme officiel car, en réalité, bien des observateurs ont estimé ce taux à seulement 50 %. S’agissant des finances, le montant a atteint, après trois réévaluations successives, un montant de 5 711 869 000 DA. Cela veut dire que le montant initial, qui était de 3 897 540 DA, a presque doublé, sans pour autant que les travaux aient connu un avancement satisfaisant. Ce qui signifie qu’une nouvelle réévaluation n’est aucunement à écarter.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a accusé ouvertement l’entreprise chargée de la réalisation des travaux de manque de sérieux.

« Nonobstant les nombreuses réévaluations du montant financier et la disponibilité financière dont a joui cette entreprise, le retard dans l’avancement des travaux est toujours là », s’est écrié le Dr Boudiaf à l’endroit des personnalités présentes à ses côtés, dont la presse.

C’est aussi ce moment de forte tension qu’a choisi la députée du RND, Ourida Laârfi, pour s’attaquer aux élus du FFS qu’elle accusera d’être responsables de la mise au placard du projet de construction d’un hôpital à Bouzguène.

Mme Laârfi s’est adressée directement au président de l’APW, Mohamed Klalèche, qui était en pleine discussion avec le ministre. Déjà frustré et contrarié par le retard du projet CAC, il lui répliqua sans ménagement : « Occupe-toi de ta petite politique à l’APN ».

Polémique autour du Centre anti cancer

Les choses auraient pu en rester là, mais Mme Laârfi est revenue à la charge en pointant toujours du doigt les élus FFS, les accusant d’être à l’origine du blocage de ce fameux projet d’hôpital à Bouzguène. A ce moment-là, d’autres élus et sympathisants du FFS ont accusé la députée du RND de faire dans « la campagne électorale ».

Qu’en est-il exactement de ce projet d’hôpital qui n’a toujours pas vu le jour ? Les communes de la daïra de Bouzguène, selon le Dr Messala, membre de l’APW de Tizi Ouzou, se disputent ce projet. Chacune tient à le faire implanter sur son territoire d’où l’indécision des pouvoirs publics à faire un choix définitif.

Pour le ministre, la raison est tout autre. « Aucun des propriétaires n’a voulu céder son terrain pour accueillir ce projet », a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’il serait du ressort et de l’intérêt des comités de village de la daïra de Bouzguène de se mettre d’accord quant au choix du terrain.

La réponse de Abdelmalek Boudiaf ne relève pas de la logique, car pour un projet d’utilité publique, le choix du terrain d’assiette de terrain relève de la compétence exclusive des pouvoirs publics. L’expropriation est décidée et exécutée d’office. Et dans ce cas, l’exproprié est indemnisé selon la fourchette fixée par l’Etat.

La construction d’un hôpital, contrairement à une zone industrielle qui est à caractère économique et commercial, relève de l’utilité publique.

Par ailleurs, les que autres points visités par le ministre lui ont été donneront satisfaction dans l’ensemble. A l’EHP (établissement hospitalier public) Yacef-Omar de Draâ Ben Khedda, – un homme ravagé par le désespoir a réussi à se faufiler parmi la nombreuse foule et à se rapprocher du ministre pour l’informer qu’en réalité, les gens de basse condition n’ouvrent pas droit aux soins au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou.

« Si vous voulez connaître la réalité du terrain, monsieur le Ministre, vous devez arriver par surprise dans nos hôpitaux », a-t-il dit. Le Dr Abdelmalek Boudiaf a pris soin de l’écouter jusqu’à la fin.

Un homme à la blouse blanche, probablement un médecin, le prit alors en aparté et le bouscula, lui reprochant de s’être plaint au ministre. Un haut cadre de la wilaya a, quant à lui, tenté de faire croire au ministre que l’homme qui se plaignait était un aliéné mental. Il va sans dire que cet homme ne présentait aucun symptôme de folie.

Dans son entourage, on le présenta aussi comme un homme saint d’esprit en sus d’être un honnête homme. Quoi qu’il en soit, le ministre a pu se faire sa propre opinion sur la réalité de la santé dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Dans certains hôpitaux, la situation est satisfaisante alors que dans d’autres, la médiocrité et la démission sont le mot d’ordre. Pour ce qui est des éléments encourageants, le ministre les a constatés au CHU de Tizi Ouzou et à son annexe de Balloua (Redjaouna). Au CHU Nadir-Mohammed, le Dr Abdelmalek Boudiaf a même assisté à une opération grâce à la télémédecine.

De la salle du CHU de Tizi Ouzou, les médecins ont mené une opération sur une patiente de 18 ans, originaire de Tamanrasset, hospitalisé dans un EPH local. Il convient de noter que ce n’est pas la première fois que les spécialistes du CHU Nadir-Mohammed de Tizi Ouzou exécutent avec brio des opérations chirurgicales à distance.

Retard dans la réalisation de l’hôpital des Ouadhias

Toujours au CHU de Tizi Ouzou et à son annexe de Balloua, le ministre a visité plusieurs pavillons et services médicaux, ce qui lui remontera le moral tant la ressource humaine et les équipements médicaux de haute définition sont disponibles.

Avant de prendre la direction de Oued Aïssi, le ministre a également procédé à l’inauguration du Centre d’enseignement de recherche et de traitement des addictions (CERTA). A l’hôpital psychiatrique de Oued Aïssi, ce sont de bons résultats qui l’attendaient. Il y a eu aussi l’inauguration du Centre intermédiaire de soins en actinologie.

L’étape suivante fut consacrée à la visite de l’hôpital 60 lits des Ouadhias, dont le taux d’avancement des travaux donne le tournis. Les travaux de cet hôpital, attendu pourtant avec impatience par les habitants de cette région éloignée du chef-lieu de wilaya, n’ont atteint qu’un taux de 45 % alors que le début de l’opération de construction remonte exactement au 3 juin 2014.

Dans le contrat, il est stipulé que sa livraison est prévue pour l’année 2018. En trois années, le taux n’a atteint que 45 %, alors comment sera-t-il possible d’exécuter les 75 % restants en un an seulement ? Le ministre ne s’est pas rendu sur les lieux exacts du chantier vu que la piste y donnant accès était très boueuse.

C’est à partir d’un chapiteau éloigné des lieux que les spécialistes du mensonge ont essayé de tromper le ministre. Notons enfin que dans un point de presse improvisé au CHU Nedir-Mohammed de Tizi Ouzou, le Dr Abdelmalek Boudiaf a répondu à certaines questions des journalistes. Dans ce cadre précis, le ministre a assuré que la science médicale est très bien maîtrisée à Tizi Ouzou. Il a même formulé le vœu de voir la télémédecine se pratiquer non seulement dans tous les CHU de la wilaya de Tizi Ouzou, mais aussi à travers l’ensemble des CHU du territoire national.

S’agissant des équipements médicaux, le ministre a indiqué que l’EPH de Draâ Ben Khedda sera bientôt équipé de deux accélérateurs radioactifs dont le prix est de six millions d’euros l’unité.

« Nous avons déjà fait cette commande et nous avons même réglé la facture mais sa réception se fera dans un proche avenir », a indiqué le Dr Boudiaf. Abordant le volet portant essentiellement sur les équipements médicaux, le conférencier a précisé que leur montage se fera par l’accompagnement d’une équipe de spécialistes de son département ministériel, et ce à raison d’un déplacement dans ce cadre précis tous les quinze jours à Tizi Ouzou.

Concernant la nouvelle loi hospitalière, le ministre a déclaré qu’elle est maintenue et qu’elle est même au niveau de l’APN. Quant à son approbation définitive par le vote, elle aura lieu à la fin du semestre en cours ou au début du second semestre. S’agissant de l’importation des médicaments, Abdelmalek Boudiaf a indiqué que la facture a baissé de 4 %. Il a signalé par la même occasion que la production nationale a atteint 61 % pour les besoins nationaux.

Quant au projet du nouveau CHU de Tizi Ouzou, dont le terrain devant accueillir le projet a pourtant été payé rubis sur l’ongle, le ministre n’a pas caché qu’il ne verra peut-être jamais le jour. A la remarque faite par le journaliste du Jeune Indépendant concernant le fait que ce projet est attendu avec impatience par les citoyens de la wilaya de Tizi Ouzou, le ministre a aussitôt répondu : « Moi aussi, je l’attends avec impatience. » 

Le Dr Boudiaf a saisi aussi cette opportunité pour réitérer que si le projet d’hôpital de Bouzguène n’a pas encore vu le jour, c’est parce qu’il y a une mésentente entre les citoyens de Bouzguène quant au choix du terrain d’assiette devant l’accueillir.

Le ministre a insisté sur la nécessité de voir les comités de villages de cette daïra manifester plus de compréhension et aider les pouvoirs publics dans le choix du terrain en question. Il a également abordé différents thèmes en relation avec la santé des populations, à l’exemple des vaccins contre la grippe.

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