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Monde

Abbas met en garde contre une nouvelle Intifada

Abbas met en garde contre une nouvelle Intifada

Un Palestinien est mort et une Palestinienne a été blessée lors d’incidents en Cisjordanie occupée à l’approche des grandes fêtes juive et musulmane qui font redouter de nouvelles tensions après les violences à Al-Qods-Est occupée la semaine dernière.

Dans ce contexte explosif, le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde hier contre un « risque d’Intifada » si les incidents sur l’Esplanade des Mosquées à Al-Qods-Est occupée se poursuivaient, à l’issue d’un entretien à Paris avec le chef de l’Etat français François Hollande.

« Ce qui se passe est extrêmement dangereux », a déclaré Mahmoud Abbas, exhortant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à « stopper » les troubles et mettant en garde contre « le chaos » et « une Intifada que nous ne voulons pas ».

La situation a été calme dans la matinée d’hier sur et autour de l’esplanade des Mosquées dans la ville sainte, où Israël a déployé de nombreux policiers dans la perspective d’un afflux de fidèles juifs et musulmans pour leurs fêtes respectives de Yom Kippour et de l’Aid al-Adha. C’est à Al-Khalil et dans ses environs, déjà agités par des affrontements lundi, que la tension entre Israéliens et Palestiniens était la plus palpable.

Un jeune Palestinien de 21 ans, Dia al-Talameh, est mort dans la nuit en manipulant un engin explosif qu’il comptait lancer sur un véhicule de soldats israéliens dans le village de Doura, ont indiqué l’armée israélienne et des villageois. Ces derniers ont contredit une version des forces de sécurité palestiniennes selon lesquelles le jeune homme avait été tué par des tirs israéliens.

Une femme a été blessée dans la matinée par des tirs israéliens à un checkpoint proche du centre d’Al-Khalil, poudrière où 500 colons vivent parmi les Palestiniens derrière miradors et barbelés, ont rapporté des témoins. Selon l’armée israélienne, la femme a tenté de poignarder un soldat et l’armée a ouvert le feu sur elle.

A Al-Qods-Est occupée, la tension se cristallise comme souvent autour de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Après avoir été le théâtre de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens durant trois jours la semaine dernière, elle a accueilli hier matin dans le calme des touristes et un groupe de juifs sous forte escorte. Ce dernier s’est juste attiré les invectives des musulmans lorsqu’il est passé devant la mosquée Al-Aqsa. Dans la Vieille ville, les milliers de policiers annoncés la veille étaient beaucoup moins visibles que les jours précédents.

Ils ont été déployés pour la période délicate que représente la succession des célébrations du Kippour (le Grand Pardon, la fête juive la plus solennelle) d’hier soir à ce soir, et de l’Aïd el-Adha, jeudi.

Comme habituellement au moment des fêtes juives, le gouvernement israélien a aussi annoncé le bouclage de la Cisjordanie occupée : les points de passage vers Israël et Al-Qods-Est occupée seront fermés le temps de Kippour, sauf pour les cas humanitaires.

L’esplanade des Mosquées est au cœur du conflit arabo-israélien. Elle est un symbole intangible, sublimé par la religion, pour des Palestiniens frustrés d’Etat depuis des décennies.

Les juifs sont autorisés à visiter l’esplanade à certaines heures de la matinée, mais prier leur est interdit. Ces visites restent limitées en nombre sur l’année mais vont en augmentant. Les Palestiniens s’inquiètent de cette croissance et d’un discours minoritaire mais de plus en plus audible réclamant non seulement le droit de prier sur l’esplanade mais aussi la souveraineté d’Israël sur les lieux.

Ils leur font craindre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne remette en cause le statu quo qui dirige les lieux. Benyamin Netanyahu se défend constamment d’un tel projet mais il s’est porté garant du droit de visite des juifs sur l’esplanade des Mosquées et accuse des organisations, mais aussi les autorités palestiniennes, d’attiser les haines. 

Au sein de son gouvernement, son ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré lundi devant des députés qu’il n’aimait « pas ce statu quo qui fait que les musulmans ont le droit de prier mais les juifs seulement de visiter ». « Mais personne n’a l’intention de la changer », a-t-il ajouté, selon le quotidien Jerusalem Post.

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