AADL: Des habitants payent des charges pour des services fictifs – Le Jeune Indépendant
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AADL: Des habitants payent des charges pour des services fictifs

AADL: Des habitants payent des charges pour des services fictifs

En plus des malfaçons et un travail bâclé dénoncés par les habitants des cités AADL, ces derniers se plaignent du manque de suivi et de l’absence d’entretien, de la maintenance et de la gestion de proximité de ces cités et le cadre de vie, qui est pourtant confié à Gest-Immo, filiale de l’AADL. Ils dénoncent l’absence de cette société sur le terrain. Témoignages.

Après une longue attente, les bénéficiaires des logements AADL, destinés aux citoyens de la classe moyenne, expriment leur mécontentement.

En plus des malfaçons constatées dans ces logements, dont les travaux de rénovation ont coûté les yeux de la tête, les habitants de ces appartements se plaignent des services assurés, ou plutôt inexistants, de la société à laquelle est confiée cette mission.

Réparation de l’ascenseur, nettoyage des parties communes, entretien des espaces verts…Ce sont les habitants de ces cités qui s’organisent pour améliorer, tant bien que mal, leur cadre de vie. Pourtant, ils payent des charges qui avoisinent les 4 500 DA, sans pour autant bénéficier de ces services. Les témoignages de nombreux locataires de ces appartements vont tous dans le même sens et pointent du doigt la filiale de l’AADL.

«Gest-Immo ne fait rien. Les locataires paient de lourdes charges chaque mois sans contrepartie», a indiqué Mohamed, habitant à la cité Sidi Abdellah. Il a affirmé que le contrat de location signé chez le notaire n’est pas respecté. «Aucune clause n’est respectée. Gardiennage, jardinage, nettoyage… Rien de cela n’est assuré par l’entreprise», a-t-il précisé, signalant le grand rôle des locataires qui ont désormais pris la relève à travers leur mobilisation.

«Ce sont les locataires qui achètent, par exemple, les lampes ou la moindre pièce pour des réparations. Ils cotisent pour embellir les espaces verts, pour aménager les parkings et même pour payer les gardiens du parking», a-t-il précisé, signalant le fait que ces derniers prennent aussi en charge, grâce aux cotisations, les travaux de maintenance des ascenseurs ainsi que l’achat des surpresseurs pour augmenter la pression d’eau.

Même son de cloche à la cité AADL de Aïn El-Melha, à Aïn Naâdja. Les habitants font office de Gest-Immo, absente sur le terrain. «C’est nous qui faisons tout», nous a fait savoir Samir, qui habite la cité depuis deux ans. «Par exemple, l’ascenseur est tombé en panne plusieurs fois. Nous l’avons réparé avec nos cotisations», a indiqué Samir, 53 cadre dans une banque publique qui a affirmé que «ces dépenses pèsent beaucoup sur nous».

Dans le site AADL de Messerguine dans la wilaya d’Oran, les habitants ont pris possession de leurs appartements dans des conditions qu’ils qualifient de «déplorables» notamment en matière d’entretien et de sécurité.

«Nous payons des charges alors que nous sommes livrés à nous mêmes pour ce qui est de l’entretien et de la sécurité », a affirmé au Jeune Indépendant Hamid, 49 ans, cadre dans la zone industrielle d’Arzew et qui habite depuis un an dans ce site situé à 22 km d’Oran et plus du double de son lieu de travail.

«Les cités LSP ou de type Social sont mieux loties que nous parce qu’elles sont livrées devant les caméras de télévision tandis que les cités AADL en plus de l’éloignement elles sont mal entretenues », a t-il déploré.

Son voisin Mokhtar, 45 ans, cadre commercial qui habite le pole urbain Ahmed Zabana, ajoute que «les trottoirs commencent à se dégrader, l’ascenseur, les boites aux lettres commencent à disparaitre, les lampes de l’éclairage externe ne fonctionnent pas par endroit accentuant le sentiment d’insécurité dans une cité réceptionnée il y a un an».

L’absence d’eau potable, de concierge et d’agents d’entretien a également été signalée par ces habitants, qui font état d’une situation d’insalubrité grave.

« Nous avons souffert pour obtenir nos logements et nous souffrons aujourd’hui depuis que nous avons obtenu nos logements de divers problèmes qui contrarient notre quotidien mais personne ne bouge sauf pour menacer les gens de payer les charges», ajoute Salim locataire du ilot 2 de Messerguine.

Lassés de payer ces frais supplémentaires, des habitants de ces cités ont décidé de ne plus payer ces charges pour des services jamais exécutés. Certains ont même traduit en justice cette entreprise et ont eu gain de cause. Ils s’interrogent sur ce que fait Gest-Immo de ces sommes d’argent, collectées auprès des habitants AADL et initialement destinées à la maintenance et la gestion de proximité.

Il convient de signaler que toutes les tentatives du Jeune Indépendant de joindre Gest-Immo, dont le directeur est à la tête de l’entreprise depuis moins d’une année, dans le but d’avoir des explications sur cette situation, dont se plaignent les habitants de plusieurs cités AADL sont restées vaines.

Cette filiale, qui gère un portefeuille de plus d’un demi-million de logements et des dizaines de milliers de locaux commerciaux, et qui engrange avec les charges que payent les locataires des centaines de milliards de centimes, n’a pas daigné créer une structure de communication ou désigner un chargé des relations publiques. Une aberration de plus et qui dure.

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