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Monde

A qui profite la guerre au Yémen ?

A qui profite la guerre au Yémen ?

Jadis le bienheureux, le Yémen ne l’est plus. Il croule sous les débris d’une guerre fratricide que personne ne peut justifier même si beaucoup comprennent les causes sous-jacentes. Car au-delà du clivage confessionnel sunnite chiite et la lutte d’influence, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, par rebelles houthis, et autorité centrale interposés, d’autres enjeux dépassant les frontières de l’Arabie, entrent en considération. À leur tête, le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, ce passage maritime hautement stratégique, situé au carrefour de trois continents, à savoir, l’Afrique, l’Asie et l’Europe, par où transite près de 40% du trafic maritime mondial, dont quatre millions de barils, à destination du vieux contient, des États-Unis et de l’Asie,qui transitent chaque jour. Le conflit au Yémen suit la même logique qui a ébranlé des pays du monde arabe après les fameux printemps de 2010. L’Irak et la Syrie en sont les parfaits exemples, d’un mal arabe vieux de plusieurs siècles. La crise politique s’installe soutenue par une crise économique et un fort malaise social, les ingrédients pour une fracture sont là, il fallait juste un détonateur. La guerre au Yémen est là.

Dans un silence et une indifférence inquiétants de la communauté internationale, le conflit a fait plus de 10 000 morts depuis le lancement de l’intervention de la coalition en mars 2015, une épidémie de choléra qui atteint plus de 300 000 personnes, provoquant “la pire crise humanitaire” au monde, selon l’ONU, qui affirme par ailleurs que plus de 22 millions de Yéménites ont besoin d’une certaine forme d’aide humanitaire, 16 millions n’ont pas accès à l’eau potable, tandis que 8,4 millions sont menacés de famine. Le Yémen aurait subi selon certaines ONG, plus de 16.000 raids aériens depuis mars 2015. Cela sans parler du Blocus imposé à ce pays, qui enregistre une inflation annuelle de 16% , et dont 85% des besoins de santé sont importés. L’Organisation des Nations-Unies qui semble impuissante devant un drame qui touche en majorité des civils innocents, parmi eux beaucoup d’enfants. Dernier bilan macabre, celui de l’attaque qui a touché jeudi dernier un bus transportant des écoliers, on dénombre 29 morts âgés de moins de 15 ans et 48 blessés, dont 30 enfants, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur son compte Twitter. De quoi se poser beaucoup de questions, pourquoi ce silence ? Jusqu’à quand cette guerre va continuer et à quel prix ?

Dans un rapport publié le 22 février 2018 par l’ONG International Rescue Committee, accuse directement les États-Unis et le Royaume-Uni de soutenir cette guerre. Mais faut-il rappeler que Riyad a dû mettre la main à la poche pour débourser des sommes colossales destinée à l’achat d’armements utilisé en partie au Yémen ? Après tout même si les bombes de la coalition et les missiles des Houthis tombent du ciel, ils ont leurs fabricants qui se frottent les mains, car les guerres génèrent aussi des bénéfices… 

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