À la tribune de l’OIT: Saïhi appelle à humaniser l’intelligence artificielle
A l’heure où l’intelligence artificielle (IA) connaît un essor fulgurant, l’Algérie appelle à placer l’humain au cœur de la révolution numérique. Depuis Genève, où il participe aux travaux de la 114e session de la Conférence internationale du travail, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, a défendu, à bras-le-corps, une utilisation responsable de l’IA, au service du développement, de la justice sociale et du travail décent.
Dans son allocution, le ministre a d’abord salué le dernier rapport officiel présenté par le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, ancien Premier ministre du Togo, à la 114e session de la Conférence internationale du travail, intitulée « A l’heure des choix : mettre l’intelligence artificielle au service du travail décent ». Publié le 4 mai 2026, ce document de référence s’inscrit dans le prolongement du rapport initié par son prédécesseur en 2020, « Le moment du choix », en transposant cette même exigence d’action aux défis soulevés par les mutations technologiques.
Selon Abdelhak Saïhi, ce rapport met en lumière les profondes transformations qui affectent, à l’heure actuelle, le monde du travail sous l’effet de l’essor rapide des nouvelles technologies, en particulier de l’intelligence artificielle. Le ministre a, à ce titre, déclaré que cette 114e session se déroule dans un contexte marqué par une accélération sans précédent de la transformation numérique. Du moment que ces évolutions redessinent en profondeur les rapports de travail et les modes de production, elles doivent, a-t-il martelé, « demeurer au service de l’être humain », contribuer à « la promotion du travail décent et renforcer les principes de justice sociale ».
Insistant sur les enjeux éthiques en lien avec cette révolution numérique, Abdelhak Saïhi a soutenu que l’Algérie demeure attachée à la préservation des droits des travailleurs et au respect de la dignité humaine. Sur la base de ses observations, l’IA constitue, avant toute chose, un outil au service du progrès, dont le déploiement devrait s’effectuer dans le respect des droits fondamentaux des travailleurs.
Ensuite, le ministre n’a pas manqué de souligner que « le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait de l’intelligence artificielle un axe stratégique de développement économique, de modernisation du service public et de promotion de l’inclusion sociale ». Dans cette optique, il a indiqué que l’Algérie avait consacré l’année 2023 comme année phare de l’intelligence artificielle, traduisant ainsi sa volonté d’accompagner les mutations technologiques en cours. En effet, au mois de janvier 2023, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, avait solennellement déclaré que 2023 serait « l’année de l’intelligence artificielle ».
En outre, « l’Algérie s’est dotée ces dernières années d’un cadre constitutionnel renforcé et d’un arsenal juridique important », tendant à « garantir davantage les droits des travailleurs, à consolider la justice sociale et à promouvoir le travail décent », a-t-il affirmé.
Compte tenu des disparités dans l’usage et l’accès à l’intelligence artificielle à travers le monde, « nous sommes engagés (Algérie), aux côtés de nos partenaires internationaux, en faveur de l’instauration d’une gouvernance mondiale juste, équitable et inclusive de l’intelligence artificielle, afin que l’ensemble des pays puissent bénéficier de manière équilibrée des opportunités qu’offre cette révolution technologique », a plaidé le ministre.
Profitant de cette tribune internationale, Abdelhak Saïhi a rappelé que la communauté internationale se doit d’assumer ses responsabilités en assurant protection et soutien au peuple palestinien. Le ministre a particulièrement insisté, à cette occasion, sur la situation des travailleurs palestiniens, appelant à une mobilisation accrue en faveur de leurs droits et de leur protection, au regard des conditions dramatiques auxquelles ils sont confrontés.
Organisée par l’OIT, cette 114e session, convient-t-il de le rappeler, se tient, du 1er au 12 juin 2026, sous le thème : « À l’heure des choix : mettre l’intelligence artificielle au service du travail décent ». Les travaux réunissent, à cette occasion, des délégations représentant les gouvernements, les organisations de travailleurs et les organisations d’employeurs des 187 Etats membres de l’Organisation internationale du travail.