A la recherche du « Je »: Lorsque la sincérité adopte un langage sans artifice.
Dans le brouhaha de la clinique, la secrétaire s’est adressée à la femme assise devant mon épouse. Elle lui a posé une question en dialecte algérien que nous n’avons pas saisi les mots exacts, mais le sens était clair : « Qui de vous a la priorité ? »
Avec une sincérité exemplaire, la femme nous a désignés et a affirmé que nous étions arrivés avant elle. Il est à noter qu’elle aurait pu facilement nous faire croire l’inverse, et nous n’aurions ni compris ni réagi si elle avait pris notre place auprès du médecin !
Quand nous sommes entrés chez le médecin, il a examiné ma fille sans nous rien demander. Voyant ma surprise, puis mon insistance à vouloir payer la consultation, il a simplement dit : « Non, c’était juste une vérification, je n’accepte rien. » Il faut dire qu’il aurait pu exiger le paiement de son intervention
Peu de temps après, alors que j’achetais du pain dans une épicerie, le commerçant m’a alerté au moment de régler : « Ne prenez pas celui-ci, il est périmé. » Il a refusé de me le vendre, bien qu’il s’agisse de son dernier paquet. Il aurait pourtant pu ne rien dire, me le vendre et prendre mon argent !
J’ai maintes fois observé ce type de comportement chez les Algériens, et je suis convaincu que leur intégrité et leur honnêteté sont remarquables.
Egalement, Une nouvelle preuve de la bonté de jeune médecin m’a été donnée pendant le Ramadan car il nous a beaucoup aidés avec ma fille, alors qu’il aurait dû partir pour rompre son jeûne. Il est resté, veillant à la stabilité de l’état de ma fille. Étonnamment, il m’a appelé deux jours après que nous ayons échangé nos numéros, simplement pour s’enquérir de sa santé.
Une autre fois, sur une plage à Oran, nous avons remarqué un groupe de jeunes qui écoutait de la musique et jouait aux cartes. Dès qu’ils nous ont identifiés comme une famille, ils se sont immédiatement excusés. Contrairement aux attentes qu’on pourrait avoir vis-à-vis de jeunes de leur âge, leur comportement fut marqué par la sagesse, la courtoisie et une intégrité remarquable.
Ces comportements nobles et ce raffinement dans les interactions sociales méritent vraiment d’être salués et valorisés.
Il est probable que le lecteur attentif me pose la même question que tant d’autres : « N’avez-vous donc vu que le bon côté de l’Algérie, au point de ne la couvrir que d’éloges et d’ignorer ses éventuels défauts ? »
La réponse est : Oui, bien sûr, chaque pays et chaque individu a ses défauts. Cependant, j’ai constaté que les aspects positifs de l’Algérie l’emportent largement sur les négatifs. Ces derniers sont, à mon avis, des imperfections courantes que l’on retrouve partout.
Deuxièmement, en tant que musulmans et croyants, nous devrions être comme l’abeille, tel que le décrit le noble hadith prophétique : « L’exemple du croyant est comme celui de l’abeille : elle mange ce qui est pur et produit ce qui est pur. » C’est cette voie que je souhaite suivre, privilégiant toujours de me concentrer sur les aspects positifs.
Bien sûr, j’ai vécu des expériences amères et des moments déplaisants durant mon séjour en Algérie, marqués par certains comportements ou erreurs qui m’ont attristé. Cependant, je ne préfère pas m’y attarder. Ces expériences sont, comme je l’ai mentionné, très rares face à l’énorme quantité de souvenirs doux et lumineux qui restent gravés dans mon être, mon esprit et mon cœur.
Je suis convaincu que mes souvenirs de l’Algérie demeureront comme une table richement garnie de mets délicieux et de douces saveurs, prête à s’offrir à quiconque souhaitera découvrir ce pays à travers mes récits.