A la recherche du « Je »: L’enfant est aimé « bézef » ici !
Diverses nations ont instauré la pratique de qualifier certaines de leurs cités de « villes amies et aimantes des enfants » dans le but de bâtir un environnement qui soutient le bien-être et répond aux nécessités de l’enfance.
Pour moi, si d’autres pays ambitionnent de créer des villes centrées sur les besoins des enfants, l’Algérie est sans aucun doute le « pays ami et aimant des enfants ».
L’attachement réel que l’on porte aux enfants dans cette nation continentale se reflète dans la place importante dont jouissent les enfants et la profonde affection exprimée en parole et par les gestes des individus envers les enfants au quotidien.
Dès mon arrivée en Algérie, j’ai été touché par la bienveillance des gens envers ma petite fille et ce lors de nos promenades dans les rues, les quartiers, les centres commerciaux ainsi que les magasins… Leurs gestes tendres, une tape affectueuse sur la tête, un baiser sur la main et leurs sourires lumineux, accompagnés des paroles bienveillantes « Allah ybarek », ont été une agréable surprise.
Au départ, ma femme était mal à l’aise et se plaignait parfois de ce comportement inhabituel dans notre pays ce qui nous amenait à nous demander pourquoi les gens agissaient ainsi ?
Même ma fille était déconcertée au début, montrant de l’appréhension et une confusion face à l’arrivée et au contact d’étrangers auxquelles elle ne s’attendait pas étant accoutumée à ce type d’interactions uniquement avec sa famille !
Au fil du temps, nous avons réalisé que la considération pour les enfants est une valeur profondément ancrée dans la culture algérienne. Les gens expriment leur grande affection en les choyant énormément, et « bézef ». D’ailleurs, j’ai même appris le mot dialectal « bézef », qui signifie « beaucoup » !
D’ailleurs, qu’il s’agisse d’un agent de police cédant le passage à une famille, d’un vendeur donnant la priorité à une mère et son jeune enfant, ou de simples citoyens manifestant une tendresse parentale envers les enfants croisés dans la rue. Cette attitude est commune aux algériens.
Egalement, la relation de confiance et d’affection que notre médecin traitant a développé avec ma fille est si forte que cette dernière la réclame souvent, l’appelant « la gentille dame docteur » et la considérant comme une figure maternelle ou familiale.
De plus, l’attention portée à l’enfant en Algérie commence avant même sa naissance. J’en ai eu une illustration ici même, lors de ma visite au salon du livre où une femme enceinte a été exemptée du scanner par un policier conscient du danger potentiel pour le bébé.
J’ai été profondément touché par son attitude protectrice, comme s’il veillait sur sa propre fille attendant son petit-fils bien aimé.
Je n’ai jamais rencontré, en dehors de l’Algérie, un tel niveau de sollicitude envers les femmes enceintes.
Ce n’était pas un cas isolé, car j’ai observé cette scène à plusieurs reprises par la suite. Il est probable que cette attitude profondément ancrée dans la société algérienne puise sa source dans la Sunna du Prophète « Paix et bénédictions sur lui et sa famille » et son enseignement : « Ayez pitié de vos jeunes ». De plus, l’attachement des Algériens à la parole « Honorez vos aînés ». Il faut reconnaitre que la moralité est élevée dans ce pays ainsi que la courtoisie repérée chez les jeunes envers les personnes âgées, des qualités qui méritent louanges, approbation, remerciements et considération.
Enfin, peut-être que des heures et des pages ne suffiraient pas pour parler et écrire de l’effet et de l’impact de ce comportement sur la vie quotidienne, et de ce qu’il crée comme confort psychologique, affection, harmonie, calme émotionnel et paix sociale, ainsi que son rôle dans l’activation du bien-être psychologique dans les petites communautés résidentielles et les quartiers. L’enfant, se sentant aimé au-delà de sa famille, perçoit l’attention de son environnement.
C’est un fondement de notre religion sacrée, contribuant à l’unité de notre nation, à la force et à la sécurité de nos sociétés, et à la plénitude de nos vies. C’est cette richesse qui singularise l’Algérie, Dieu merci.