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Op-Ed

A la recherche du « Je»: « Le Dj de l’Armée et le Dj de la Mosquée »

A la recherche du « Je»: « Le Dj de l’Armée et le Dj de la Mosquée »

Dans ma quête ininterrompue du « Dj » qui me permettrait moi « Zaeiri »[2] de me sentir complètement « Djazaeiri »[3], je me penche aujourd’hui sur trois piliers fondamentaux : le Dj de l’Association, celui de la Mosquée et enfin, celui de l’Armée. »

Ces trois institutions ont façonné la société algérienne selon diverses dimensions. Les associations dynamisent le potentiel de la société civile, l’armée est le pilier de la sécurité et de la stabilité, et la mosquée préserve l’identité religieuse, en renforçant l’unité sociale, en consolidant la personnalité nationale et en assurant la cohésion de la communauté.

Par ailleurs, la Grande Mosquée d’Alger[4] demeure un témoin éloquent et palpable de la vaine espérance de l’occupant de convertir les Algériens au christianisme. Elle symbolise l’échec des plans et programmes des missionnaires pour lesquels l’occupation avait alloué des budgets colossaux et déployé des efforts intenses, parallèlement aux atrocités de la destruction, de la torture, du meurtre et de l’exode forcé !

Cette édifice religieux érigée à Mohammadia[5]  un nom évocateur s’il en est, dont la symbolique demeurera une réponse éternelle à l’arrogance haineuse et ignorante de Lavigerie[6]

Ce cardinal, fondateur de la société des missionnaires en Algérie, avait souhaité que cette région porte son nom à jamais mais l’histoire l’a relégué aux oubliettes. Désormais, c’est la splendeur de la Grande Mosquée d’Alger qui illumine le monde, prouvant que l’Algérie a concrétisé sur son sol le sens du verset : « Ils veulent éteindre la lumière d’Allah avec leurs bouches, mais Allah parachèvera sa lumière, n’en déplaise aux mécréants » (Sourate As-Saff, verset 8)[7] .

Le colonialisme français cherchait à éradiquer le nom de « Mohammadia », dérivé de notre vénéré Prophète. Cependant, la volonté d’Allah a prévalu, et ce nom béni est resté grand, respecté et éminent. Non seulement il perdure pour la localité de « Mohammadia », mais les données statistiques occidentales prouvent que « Mohammed » est désormais le prénom le plus courant dans plusieurs villes d’Europe à forte présence de diasporas musulmanes.

Alors que nous approchons du millénaire et demi de la naissance du Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui et sa famille), la Grande Mosquée d’Alger témoigne de la vigueur de la foi. Ce monument, désormais la troisième plus grande mosquée au monde et la plus imposante d’Afrique, élève haut la voix de l’Islam sur un sol où la France, avec l’appui occidental, avait tout mis en œuvre pour effacer l’héritage du Prophète. Mais l’Algérie a farouchement préservé son identité, affirmant son choix inébranlable d’être une nation mohammadienne pour l’éternité.

L’armée algérienne n’est pas une entité dissociée de la nation ; elle est, au contraire, profondément ancrée dans le tissu social. On pourrait même dire qu’il n’est guère de famille algérienne sans un de ses membres servant sous ses drapeaux. Née au cœur de la glorieuse révolution de libération nationale, cette institution puise sa force dans les valeurs et les aspirations du peuple. Elle relève les défis avec une détermination sans faille, honorant la mémoire des martyrs qui ont sacrifié leur vie pour la grandeur, la dignité et la place éminente de l’Algérie sur la scène mondiale.

D’ailleurs, cette institution est l’héritière de l’Armée de Libération Nationale qui est fondée sur des valeurs profondément ancrées de nationalisme, de sacrifice et de dévouement. Une position mémorable me revient en mémoire de la moudjahida héroïque Lalla Fatma N’Soumer. Alors qu’un général français saluait son courage en déclarant : « Vous êtes pour l’Algérie notre Jeanne d’Arc », et elle répondit avec fierté :  » Non, Jeanne d’Arc vous a appuyés dans l’invasion de notre terre et le meurtre d’innocents, tandis que moi, je vous combats pour libérer ma patrie et empêcher le versement du sang des innocents. »

Le soldat algérien se caractérise par une foi religieuse profonde, un attachement authentique aux valeurs morales et un lien étroit avec le Saint Coran, ce qui fait de lui un exemple parfait de l’Algérien authentique dans sa pensée, sa conduite et son for intérieur. Cette même qualité, je l’ai perçue chez le soldat iranien, À l’inverse – et c’est regrettable – dans certains autres pays du monde musulman, l’armée se mue parfois en une institution hostile à la religion, allant même jusqu’à punir d’exclusion ceux qui osent accomplir la prière ou observer le jeûne.

Ce qui distingue également les services de sécurité algériens, c’est ce noble équilibre entre fermeté et rigueur d’une part, et bienveillance et compassion de l’autre. Je me souviens d’une image marquante : un policier interrompant le trafic pour accompagner une femme âgée traverser la rue en toute sûreté, agissant avec une déférence et une affection telles qu’on les témoignerait à sa propre mère ou à sa grand-mère.

Je me rappelle également combien il était agréable de saluer les policiers chaque matin en me rendant au travail.  Ils me rendaient toujours le salut avec encore plus de chaleur, de courtoisie et de respect, me faisant sentir que le concept de famille en Algérie dépasse le cadre domestique. Il s’étend aux rues et aux quartiers, dans une relation amicale et sincère entre citoyens et policiers, comme si tous appartenaient à une seule et même famille. Cette image positive de la relation entre la police et les citoyens est l’un des points humains communs que partagent l’Algérie et l’Iran.

Quant aux associations, il y a tant à dire ! Elles représentent l’essence même de la société, et ce dans toutes ses dimensions : culturelle, caritative et humanitaire. Il suffit de mentionner l’Association des Oulémas Musulmans et le rôle historique qu’elle a joué pendant des décennies pour préserver les constantes de la nation algérienne, sans compter d’innombrables autres associations, en particulier celles à vocation caritative, qui se sont fortement investies dans la cause palestinienne.

Et je suis heureux de chaque « Djim » que j’ai trouvé en Algérie, Louange à Allah.

[1] C’est une traduction très littérale, conservant la référence phonétique « Djim » (la lettre arabe ج). Elle est souvent utilisée pour préserver la sonorité originale de l’expression. C’est une traduction plus explicative, qui clarifie pourquoi la lettre « Djim » est mentionnée. Elle met en lumière le fait que les mots « Djaysh » (armée) et « Djami' » (mosquée) commencent par cette même lettre, symbolisant leur connexion.

[2] Zaeiri : est le nom de famille de l’auteur, qui s’ecrit en lettre arabe « الزائري »

[3] Djazaeiri: est l’appellation du citoyen algerien en langue arabe  الجزائري   (Algérien)

[4] La Grande Mosquée d’Alger ou « Djamaâ El-Djazaïr » (en arabe : جامع الجزائر) est une grande mosquée située à Alger, en Algérie. Elle est achevée en avril 2019 est la plus grande mosquée d’Afrique et la troisième plus grande mosquée du monde après celles de Médine et de La Mecque.

[5] Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, comme de nombreux lieux portant des noms coloniaux, « Lavigerie » a été rebaptisé Mohammadia. Ce nouveau nom est profondément symbolique et revêt une signification religieuse et identitaire forte

[6] Charles Martial Allemand Lavigerie fut un cardinal français né à Bayonne en 1825 et décédé à Alger en 1892. Archevêque d’Alger à partir de 1867, puis de Carthage en 1884, il est surtout connu pour son rôle majeur dans la politique missionnaire de l’Église catholique en Afrique, notamment en Algérie coloniale.  Lavigerie : Le cardinal Charles Lavigerie a joué un rôle majeur dans la politique de christianisation de l’Algérie coloniale, notamment par la création d’orphelinats et d’écoles, dans le but de convertir les populations locales.

[7] Ce verset est souvent interprété comme une affirmation de la victoire inévitable de la vérité divine face aux tentatives de ses adversaires de la supprimer ou de la déformer. Il exprime la confiance que, quels que soient les efforts de ceux qui s’opposent à l’Islam, la lumière de la religion d’Allah brillera et sera complète.



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