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Culture

A la mémoire des disparus

A la mémoire des disparus

Présentée ce samedi 30 mai en compétition, à la dixième édition du Festival national du théâtre professionnel, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, la pièce La voie lactée est une tragicomédie en hommage aux artistes et patriotes, victimes de la tragédie nationale. 

Produite par la coopérative culturelle et artistique Les Amis des arts de Chlef, la pièce La voie lactée (derb etbana), est une adaptation d’après l’œuvre éponyme du dramaturge et scénariste allemand Karl Wittlinger (1922-1994).

Mise en scène par Missoum Laroussi, elle sera présentée au dernier Festival culturel local du théâtre professionnel de Sidi Bel-Abbès où elle obtiendra son billet pour la compétition nationale à Alger, après avoir décroché le premier prix.

Ce spectacle d’une heure et demie relate les péripéties d’un patriote, un personnage incarné par Fouad Bendoubaba, qui a perdu sa mémoire, ses biens et son identité, après une absence qui aura duré dix années. Sa mort supposée, officialisée par la prière de l’absent, donne lieu au partage de ses biens – légués de son vivant et à son insu – à ses proches et habitants du village.

A son retour, ce patriote entame un parcours épouvantable pour retrouver en vain son « identité perdue », attribuée à une autre personne. Ses multiples tentatives et démarches inabouties pour restituer son identité le conduisent droit dans un asile psychiatrique, sur avis d’un médecin, Slimane, rôle incarné par Rabia Ouadjaout.

Cette pièce met en évidence le devoir de mémoire envers les patriotes, les artistes et toutes les victimes de la tragédie nationale. La douloureuse « période sanglante » des années 1990, sera notamment marquée par la disparition de plusieurs artistes et dramaturges.

La voie lactée « est une tragicomédie interprétée par sept comédiens qui ont réalisé sur scène la notion du « théâtre dans le théâtre ». En d’autres termes, La voie lactée est un spectacle dans lequel les comédiens jouent une pièce de théâtre à l’intérieur même de la pièce.

Le jeu des comédiens, parfaitement répartis dans l’espace scénique, est tellement fascinant et spontané que le public a applaudi leur prestation. Sabrina Khalifa, Benouada Nakaa, Akram Bouchoucha, Kamel Belbioud et Khaled Kerbour ont fait preuve de talent dans l’interprétation de leurs rôles respectifs.

Le langage fluide, accessible et parfois grotesque, est appuyé de mouvements, de mimiques et d’un vocabulaire simple. Le décor, conçu par le metteur en scène lui-même, est original et en totale adéquation avec la thématique de la pièce.

La scène sur laquelle évoluent les comédiens est matérialisée par des tabourets et une table blanche à allure d’hôpital. Le metteur en scène Missoum Laroussi, rapporte l’Agence presse service d’Algérie, affirme que « je dédie ce travail à tous les patriotes et artistes, victimes de la décennie noire, particulièrement à deux comédiens disparus : Kheireddine Amroune et Samir Ouadah ». 

Cette dixième édition du Festival national du théâtre professionnel sera clôturée, demain, mardi 2 juin, après avoir passé en revue 18 spectacles de 14 théâtres régionaux (Annaba, Sidi Bel Abbes, Tizi Ouzou, Constantine, Mascara, Béjaïa, Oran, Batna, Oum Bouagui, Skikda, Guelma, Souk Ahras, El Eulma, le Théâtre national), la coopérative Les amis de l’art de Chlef et l’association du Théâtre libre de Mila. 

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