A cause de désaccords avec Hoegest sur le Venezuela, l’amiral Alvin Holsey démissionne
Au Venezuela, les frappes américaines menées depuis le début de septembre ont provoqué un séisme politique et militaire à Washington. L’amiral Alvin Holsey, chef du commandement des forces américaines pour l’Amérique latine, a annoncé vendredi sa retraite anticipée après trente-sept ans de service. Cette décision inattendue, survenue dans le sillage de la mort de plusieurs pêcheurs vénézuéliens, révèle les fractures croissantes au sein du haut commandement des États-Unis.
Dans ce contexte, la démission de l’amiral Holsey apparaît comme un signal d’alarme. Selon plusieurs sources internes au sein du Pentagone, citées par CNN, ont évoqué des désaccords stratégiques entre Holsey et le secrétaire à la Défense par intérim, Pete Hegseth.
Ce dernier, proche du cercle trumpiste, aurait souhaité accélérer les opérations contre les cibles maritimes vénézuéliennes, malgré les pertes civiles. « Pete Hegseth avait des divergences croissantes avec Holsey et voulait qu’il parte », rapporte Le Washington Post.
Au-delà de l’épisode personnel, la démission d’Alvin Holsey révèle des tensions plus larges au sein des forces armées des États-Unis. Depuis plusieurs mois, le président Trump mène une vaste réorganisation du haut commandement, écartant les officiers jugés trop prudents.
Hegseth a déjà démis plusieurs responsables militaires en désaccord avec sa ligne politique. Cette « purge silencieuse » illustre la volonté du pouvoir civil de reprendre la main sur une institution souvent perçue comme réticente à toute escalade régionale.
Le SOUTHCOM reste pourtant un pivot stratégique essentiel dans la doctrine américaine. Sa mission consiste à sécuriser les voies maritimes d’Amérique latine et à coordonner la lutte contre les trafics. Le Venezuela dénonce un prétexte américain pour déstabiliser le pays qui reste farouchement opposé au diktat américain en Amérique Latine.
Le 11 octobre, le Pentagone a annoncé la création d’une nouvelle task force de lutte antidrogue, dirigée par le II Marine Expeditionary Force, pour renforcer les opérations dans les Caraïbes, explique Reuters.
Mais cette stratégie se heurte à des limites opérationnelles. Plusieurs analystes estiment que les frappes récentes ont affaibli la crédibilité américaine auprès de ses alliés sud-américains. Le Brésil et la Colombie ont exprimé leurs inquiétudes quant au risque d’incident maritime majeur. De son côté, Caracas continue de mobiliser la rhétorique souverainiste, accusant les États-Unis de violer les eaux territoriales vénézuéliennes.
L’amiral Alvin Holsey, âgé de soixante ans, avait pris la tête du SOUTHCOM le 7 novembre 2024, succédant à la générale Laura Richardson. Officier respecté, il incarnait une ligne de conduite mesurée, privilégiant la coopération régionale et la diplomatie militaire. Sa retraite, prévue pour le 12 décembre, met fin à 37 années de service.