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Op-Ed

A Sellal de dialoguer

Suite à des protestations particulièrement violentes à In Salah, ayant entraîné des blessures à une quarantaine de policiers selon un communiqué officiel, le ministère de l’Intérieur a réitéré que « les voies du dialogue sont et resteront toujours ouvertes ».

La formule est empreinte de sagesse et tous les Algériens républicains apprécieront que les autorités ne comptent pas sur la répression pour venir à bout d’une protesta qui s’est inscrite dans la durée.

Toutefois, on doit se demander si le département de monsieur Bélaïz est vraiment l’interlocuteur indiqué et susceptible de dialoguer avec les citoyens mobilisés contre l’exploitation du gaz de schiste.

En effet, c’est devenu une coutume, et nous le regrettions dans un article prémonitoire au Jeune Indépendant, que la police s’improvise en médiateur politique lors des conflits qui éclatent à travers le pays.

Une sorte de rôle parasite qui affaiblit, en fin de compte, la mission essentielle de maintien de l’ordre et d’auxiliaire de justice chez un corps de sécurité impliqué, malgré lui, dans des tractations politiciennes.

Par extension, on peut craindre que l’Intérieur n’ait à gérer un dossier éminemment politique concernant les choix stratégiques en matière de souveraineté énergétique et de protection de l’environnement.

Alors que les élus des collectivités locales relevant dudit ministère, que le patron de la DGSN et autres émissaires -dont des parlementaires du tout-puissant FLN -n’ont pas réussi à mener le dialogue pour ramener la sérénité, comment les colocataires du Palais du gouvernement peuvent-ils espérer parlementer avec une population en ébullition ?

Difficile à croire, parce que la réponse du président de la République, lors du Conseil des ministres qui a voulu mettre fin à la protestation, nous est justement venue du ministère de l’Intérieur, qui a annoncé un nouveau découpage administratif au profit du Grand Sud.

La décision politique a été perçue comme une véritable diversion et n’a, par conséquent, pas apaisé les esprits. Ce n’est donc assurément pas du côté des technocrates qu’il faudra chercher la solution pour retrouver la tranquillité légendaire dans nos contrées sahariennes.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal devra encore fournir un effort d’écoute et suggérer au chef de l’Etat une sortie de crise immédiate à une situation qui a bien trop duré. Sans quoi, la question du gaz de schiste finira par emporter son gouvernement.

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