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Nationale

80% des agriculteurs n’ont pas accès aux crédits bancaires

80% des agriculteurs n’ont pas accès aux crédits bancaires

Une grande partie des exploitants, environ 80 % des agriculteurs et des éleveurs, n’ont pas de conditions ni garanties pour accéder au financement bancaire, a annoncé hier le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi.

S’exprimant lors d’un séminaire international sur l’assurance agricole, le ministre a cité l’exemple de la filière céréalière, où 17 000 céréaliculteurs seulement ont pu contracter les crédits de campagne sur les 60 000 existants.

« La capacité d’activité des agriculteurs est proportionnelle à leur capacité d’autofinancement ce qui les exclut de la dynamique de la modernisation du secteur », a-t-il déploré. Face au déficit hydrique, aux feux de forêt, à l’incertitude des prix, et bien d’autres catastrophes et aléas climatiques, le ministre estime que l’assurance s’avère plus qu’une nécessité.

« Mais c’est aux assureurs d’adapter leurs produits aux besoins des agriculteurs », a-t-il recommandé. Le directeur général de la CNMA Cherif Benhabiles, qui a abondé dans le même sens, a estimé de son côté que les compagnies d’assurance devraient innover d’autres produits.

« Outre l’assurance contre les catastrophes naturelles, ils devraient proposer d’autres produits tel l’assurance contre la grêle, la sécheresse, les maladies et les épidémies qui affectent la récolte…. »,a-t-il suggéré.

En tant que professionnel du domaine, il a fait constater « une quasi-absence de culture d’assurance chez les agriculteurs et les éleveurs, imputant cela à l’absence de communication chez les assureurs ainsi qu’au manque de produits intéressants susceptibles d’attirer les agriculteurs.

« Pour preuve le taux s des agriculteurs assurés contre les catastrophes naturelles auprès de la Caisse ne dépasse pas actuellement 16% », a-t-il argué.

A propos des sinistrés des feux de forêt de l’été dernier, qui ont ravagé les récoltes et causé la mort du bétail dans plusieurs régions agricoles, le directeur général de la CNMA a affirmé que tous les agriculteurs assurés ont été indemnisés par la caisse en l’espace de quelques jours.

« Il s’agissait en tout de 100 agriculteurs ayant un contrat d’assurance », a-t-il indiqué, précisant que le montant global de leur indemnisation a atteint près d’un milliard de centimes.

Il a rappelé que les autres sinistrés qui n’ont pas de contrat d’assurance auprès de la CNMA ont été indemnisés par l’Etat sur instruction du président de la République. Pour le premier responsable de la CNMA, il est temps pour les compagnies d’assurances de se substituer à l’Etat en matière de prise en charge des sinistres à travers les mutuelles.

Outre la protection et l’indemnisation des agriculteurs, le premier responsable de la caisse a considéré que l’assurance constitue un moyen de sécuriser les investissements et d’accéder au financement.

Un avis soutenu par le PDG de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), Boualem Djebbar, qui a affirmé que l’assurance agricole est l’un des plus importants facteurs pour compenser les pertes liées aux aléas climatiques.

Mais également un garant qui permet aux exploitants de contracter des crédits auprès des banques.
Interrogé sur le montant que sa banque a consacré aux projets d’investissement, le PDG de la BADR a répondu que le montant global des crédits à l’investissement accordés par la BADR à juin 2017 se chiffre à 8 400 milliards de dinars, dont 75 % pour l’investissement agricole.

Il a indiqué à ce propos que sa banque a accordé 140 000 crédits saisonniers (Rfig) d’un montant de 110 milliards de DA au profit des agriculteurs. Et ce depuis 2008. Il a également affirmé qu’il existe plus de 6 000 investisseurs qui ont bénéficié de plus de 40 millions de dinars.

Le PDG de la BADR a annoncé par ailleurs l’introduction du financement islamique à travers des crédits à court et moyen termes pour drainer davantage les opérateurs économiques. Il a annoncé en outre le lancement d’un produit islamique pour l’épargne baptisé « Le livret du Fellah »

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