7e législature du Parlement panafricain : Une feuille de route en dix engagements
À l’issue de la première session ordinaire de la septième législature du Parlement panafricain, son président, Fateh Boutbig, a dévoilé une feuille de route destinée à renforcer le rôle de l’institution dans la gouvernance continentale, avec la présentation de la « Déclaration de Midrand 2026 », un texte fondateur articulé autour de dix engagements majeurs appelés à guider l’action du Parlement panafricain au cours des prochaines années.
Dans son discours de clôture, M. Boutbig a affirmé que cette première session, en plus de constituer le lancement officiel de la nouvelle mandature, incarnait « le point de départ d’un Parlement panafricain plus influent, plus proche des citoyens et davantage capable d’agir sur les grandes orientations du continent ».
Le président de l’institution a salué la qualité des travaux menés par les commissions permanentes, les groupes de jeunes et de femmes, ainsi que les interventions des parlementaires, soulignant que les débats avaient démontré « la richesse des compétences africaines » et la capacité de l’institution à produire des propositions concrètes face aux défis du continent.
Il a ainsi soutenu que « le succès de notre institution ne se mesure ni au nombre de réunions organisées ni au volume des documents adoptés, mais à notre capacité à améliorer concrètement la vie du citoyen africain », appelant à transformer les recommandations adoptées en actions effectives grâce à une coopération étroite avec les parlements nationaux et les différentes instances de l’Union africaine.
Boutbig est également revenu sur la visite du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qu’il a qualifiée d’événement politique majeur illustrant le soutien de Pretoria au Parlement panafricain et à son renforcement institutionnel.
Face aux profondes mutations géopolitiques, économiques et technologiques que connaît le monde, le président du Parlement panafricain a plaidé pour une Afrique plus unie et davantage présente dans les instances internationales. Il a déclaré que « l’Afrique ne peut plus être un simple récepteur de décisions prises ailleurs. Elle doit devenir un acteur qui participe pleinement à la construction de l’ordre mondial à partir de ses propres intérêts et des aspirations de ses peuples ». Il a également soutenu que l’unité du continent constitue désormais « une nécessité stratégique » pour faire face aux défis liés aux conflits armés, au terrorisme, au changement climatique, à l’insécurité alimentaire, à la pauvreté, au chômage, aux crises sanitaires et à la protection des droits humains.
« Déclaration de Midrand 2026 »
Moment central de cette séance de clôture, M. Boutbig a officiellement présenté la « Déclaration de Midrand 2026 », qui fixe dix engagements destinés à servir de feuille de route pour la 7e législature.
Le premier engagement réaffirme la primauté de l’unité africaine et place l’intérêt des peuples du continent au-dessus de toute autre considération. Le deuxième fait de la paix et de la sécurité les conditions indispensables du développement et appelle à prévenir les conflits, à promouvoir le dialogue et à consolider les processus de réconciliation.
Le troisième engagement vise à bâtir un Parlement panafricain plus fort et plus efficace grâce à l’accélération de la ratification du protocole de Malabo, tandis que le quatrième préconise l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine afin de renforcer l’intégration économique et les infrastructures transfrontalières.
La Déclaration appelle également à garantir la souveraineté alimentaire du continent et à développer l’agriculture, l’industrie ainsi que les économies verte et bleue.
Les sixième et septième engagements placent la jeunesse, les femmes, l’éducation, la recherche scientifique, la transformation numérique, l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique parmi les priorités stratégiques de la nouvelle mandature.
Le texte condamne également toutes les formes de terrorisme, d’extrémisme, de criminalité organisée, de corruption, de traite des êtres humains et d’exploitation illicite des ressources africaines.
La Déclaration souligne enfin l’importance des partenariats internationaux fondés sur le respect mutuel, l’égalité entre les Etats et la non-ingérence, tout en affirmant la volonté du Parlement panafricain de passer « d’une institution qui formule des recommandations à une institution qui contribue effectivement à leur mise en œuvre ».
Dans la dernière partie de son intervention, M. Boutbig a souligné l’impératif de transformer ces engagements en politiques publiques concrètes grâce à un travail coordonné avec les Parlements nationaux, la Commission de l’Union africaine et les différentes institutions continentales.
Il a annoncé que le Parlement panafricain accueillera, les 31 juillet et 1er août 2026, la Conférence annuelle des présidents des Parlements africains, présentée comme une nouvelle étape dans le renforcement de la diplomatie parlementaire et de la coordination des positions africaines sur les grands dossiers continentaux.
Réaffirmant sa volonté de faire de cette 7e législature une « législature de l’action, du suivi et des résultats », le président du Parlement panafricain a appelé les élus à retourner dans leurs pays avec la responsabilité de défendre les conclusions de cette session et d’en assurer le suivi.
« Les peuples africains attendent des actes plus que des discours, de l’unité plutôt que des divisions et des résultats à la hauteur de leurs aspirations », a-t-il conclu, réaffirmant que la priorité absolue demeure « le citoyen africain », avant de lancer le mot d’ordre appelé à guider son mandat : « L’Afrique d’abord, l’Afrique toujours. »