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Culture

7e Festival international de la musique diwane: Keziah Jones le téméraire

7e Festival international de la musique diwane: Keziah Jones le téméraire

L’honneur d’ouvrir la septième édition du Festival international de la musique diwane, ce vendredi 8 août, au Théâtre de verdure Saïd-Mekbel des Bois des Arcades à Alger, revient à Keziah Jones, lors d’une soirée marquée par une coupure de courant et des lacunes techniques.

Ce soir là sous les senteurs des Bois des Arcades, l’arène n’est pas archi-comble comme souhaité par le commissariat du festival. Elle est relativement pleine, égayée par la ferveur d’une jeunesse venue danser sous les rythmes de Keziah Jones et chanter avec lui. Ce qui aurait pu être l’évènement de la saison estivale, et de surcroît celui d’un festival international de gnawi ouvert aux musiques du monde, sera terni par une coupure de courant électrique vers la fin de la performance artistique. Rejoint sur scène par la troupe Sidi Blal de Mascara en dernière partie de son spectacle, Keziah J. aura du mal à soutenir le dernier morceau. Le gumbri du maalem n’est pas relié à la console de sonorisation. Le karkabou bat le plein, mais à quoi servirait une communion entre une troupe de Gnawa et un trio de funk, entre un instrument traditionnel et une guitare électrique si leur son n’est pas bien audible ? Déjà, lors de la première partie de cette soirée, Sidi Blal a dû recourir au bas de la scène pour exposer ses numéros de danse dans une relative pénombre, l’espace scénique étant restreint pour ses neuf membres en raison de la juxtaposition du matériel de Keziah. Pourtant, le festival dispose d’une équipe expérimentée et rodée à ces lieux, rouverts enfin au grand bonheur des mélomanes.

Et à la surprise générale, Keziah Jones s’y produira avec les Algériens Lotfi Medjdouba à la basse, Abdelkarim Mechaar dit Kikim à la batterie et l’autre bassiste Nadjib Gamoura pour le premier morceau seulement. Ces derniers ont certes bien assuré, mais que vaut un concert sans ses propres musiciens ? Ces derniers sont restés en Angleterre ou ailleurs, leur absence explique cette rumeur d’annulation d’un concert tant attendu. La rentrée sur scène de Keziah n’est pas très tonitruante, mais à force d’offrir une composition en tapant sur la caisse de sa guitare – couchée sur une table – et en même temps gratter ses cordes d’une seule main, il y a de quoi s’imposer. Et en chantant son titre Kpafuca (album Black Orpheus, 2003), l’auteur compositeur, le détenteur du blufunk opère un retour aux sources, celles du Nigeria son pays, celles de l’Afrique célèbrée. Heureusement, sinon quelle serait sa raison d’être ? Cet enfant de la tribu des Yuroba évoque une situation à partir du mot kpafuca, il joue avec les mots, il les invente même en leur donnant une importance capitale. Il va de la kpafucality (qualité de l’esprit ou du sens) à la kpafuca nation en passant par le kpafu-colonised (l’être colonisé). Il s’interroge sur la survie d’un peuple du monde. L’unique star du blufunk est présente, pour une fois à Alger, elle diffuse des partitions dont elle seule en connaît le secret. Entre le blues, la soul et le funk, il n’y a plus de barrières pour ce guitariste téméraire au groove particulier, cette voix qui, elle seule, est une véritable force d’attraction. Ses musiciens n’ont pas fait le voyage avec lui, quel dommage !

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