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Culture

7e Festival diwane: L’Africanité de Jimi Hendrix

7e Festival diwane: L’Africanité de Jimi Hendrix

Lors de la troisième soirée du Festival international de la musique diwane, ce dimanche 10 août, au Théâtre de verdure Saïd-Mekbel des Bois des Arcades à Alger, le mélomane aura le plaisir de (re)découvrir l’énergie sonore du guitariste Nguyên Lê dont le bœuf avec le jeune maalem gnawi de Jil Essaed sera également surprenant.
 
La célébration du regretté Jimi Hendrix n’est pas une nouveauté, elle date de l’an 2002 et contenue dans l’album de dix titres – Purple Celebrating Jimi Hendrix – qui voyage au gré du temps.

Ce maître de la guitare électrique qu’est Nguyên Lê, dont l’instrument reste un modèle unique, n’opère pas de simples reprises du répertoire du mythe, celui qu’il considère comme un « songwriter exceptionnel et un symbole politique et culturel de son époque ».

C’est comme s’il offrait une mise à jour de l’univers hendrixien en prenant le soin de se débarrasser de la dimension « guitar-hero » et de son style psychédélique. Il l’adapte aussi à la scène sur laquelle il se produit, non sans l’actualiser et à faire siens les compositions et les textes de Jimi Hendrix. A Alger, ce soir là, l’introduction se fera avec Sunshine of your love (album Live at Winterland) comme si Nguyên Lê et ses musiciens étaient vraiment ravis d’être là. Que ce soit dans ce titre ou dans un autre comme Little Wing, le vocal est d’une grande attraction.

La voix de Himiko Paganotti (auteur compositeur interprète, l’une des invités à l’album Songs of Freedom de Nguyên Lê, 2011), donne de la véritable ampleur à l’instrumentation. Et dans Purple Haze, le jeu et le solo du bassiste Romain Labaye nous rappellera aussi ledit « accord d’Hendrix » que nous apprécions également sur Stone Free ou Foxy Lady. Entrecoupée pourtant à deux reprises par une panne de courant, la performance du quartet Nguyên Lê n’en est pas altérée. Les décibels demeurent élevés et quelle que soit la composition jouée, la batterie de Gergo Borlai excelle dans ses tours et dans ses séquences.

Une telle modernité, non dénuée d’improvisations et offerte par le guitariste de ce soir là, se réfère obligatoirement aux sixties et aux seventies. Elle n’est sûrement pas un renouveau de J. Hendrix. Elle se présente plutôt comme une nouvelle lecture qui, selon N. Lê, « se prête à tout type d’interprétation ». Elle est à l’image de la reprise de Voodoo Child (Slight Return), une version annoncée par le guitariste comme un hymne et « un hommage à la musique de chez vous », avant d’être rejoint sur scène par le jeune maalem et les karkabous gnawis de Jil Essaed. A l’écoute du gumbri mêlé à la guitare électrique, le rituel change forcément. Et Jimi Hendrix se rapproche une fois de plus de son africanité.

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