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Nationale

6 mois de prison ferme contre 18 détenus

6 mois de prison ferme contre 18 détenus

Cris, pleurs, évanouissement, colère et déception, tel est en effet le décor offert, ce lundi, par les parents et proches des jeunes manifestants du hirak aux riverains de la rue Abane-Ramdane.

Mécontents des verdicts prononcés, les parents des mis en cause se sont regroupés en face du siège de l’ancien palais de justice en scandant des slogans hostiles à cette décision : « Libérez nos enfants ! Ils n’ont rien commis de grave ! Ils sont innocents de toutes les accusations portées contre eux ! Le tribunal de Sidi M’Hamed est le seul tribunal à l’échelle nationale qui prononce des condamnations ».

Le président du tribunal correctionnel de Sidi M’Hamed a prononcé, hier, six mois de prison ferme contre les 18 détenus du hirak.

Sur les 13 manifestants incarcérés à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach, une seule détenue a pu rejoindre son domicile familial, car elle a été condamnée à six mois de prison dont 2 mois ferme.

Pour rappel, le procureur de la République du tribunal de Sidi M’Hamed a requis, au cours de son réquisitoire, deux ans de prison ferme assortis de 100 000 dinars d’amende et la confiscation de toutes les preuves matérielles saisies sur les 18 manifestants du hirak dont 6 ont comparu en qualité de non-détenus.

Le procès des mis en cause s’est déroulé en l’absence des avocats qui ont préféré se retirer à l’ouverture de l’audience en signe de protestation et pour non-respect des droits de l’homme.

Le bâtonnier du barreau de Béjaïa et représentant du collectif des avocats constitués au profit des inculpés a déclaré le jour du procès à l’attention du président du tribunal correctionnel de Sidi M’Hamed : « On a décidé de boycotter l’audience pour dénoncer le système qui est à la tête de l’appareil judiciaire. On n’a rien contre vous monsieur le président, vous faites votre travail tout simplement. On vous respecte beaucoup monsieur le juge ! ».

Avant de se retirer de la salle d’audience, les avocats ont entonné l’hymne national en compagnie des parents et proches des accusés, qui se sont déplacés en masse au tribunal pour assister au procès et, par-delà, soutenir leurs enfants.

D’une gentillesse et d’une politesse exemplaires, les accusés étaient divisés en trois groupes.

Le premier groupe est composé de deux accusés qui ont bénéficié de la liberté provisoire au cours de l’instruction judiciaire, de surcroît deux étudiants poursuivis pour atteinte à l’unité nationale. Ils ont reconnu avoir participé aux marches pacifiques mais ont par contre nié avoir eu l’intention d’attenter à l’unité nationale. Ils ont clamé haut et fort en direction du magistrat : « On n’acceptera jamais que notre pays soit touché par n’importe quel moyen. Nous continuerons de le défendre jusqu’à notre dernier souffle ! ».

Le deuxième groupe est composé de 11 accusés dont deux filles, une incarcérée et une autre remise en liberté provisoire. Ils sont inculpés, selon l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction, pour distribution de tracts subversifs et vente de pin’s portant atteinte à l’unité nationale.

Les uns comme les autres ont nié tous les faits relatifs à l’atteinte à la sécurité et à l’unité nationale.

Le troisième groupe est composé de cinq détenus dont un Palestinien. Ils sont poursuivis pour avoir porté des slogans hostiles aux institutions de l’Etat.

Les avocats de la défense ont décidé d’interjeter appel, estimant que les peines prononcées sont « lourdes ».

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