57e Foire internationale d’Alger : Le grand saut vers l’investissement direct
Plus qu’une vitrine commerciale, la 57e FIA, qui vient de fermer ses portes, ce samedi, s’est transformée en une véritable plateforme d’affaires. Coûts de l’énergie compétitifs, transition numérique et agriculture saharienne ont séduit les exposants étrangers, au moment où les entreprises algériennes en profitent pour conquérir de nouveaux marchés africains.
Tout au long de cette manifestation économique qui a duré six jours, placée sous le slogan « Confiance et stabilité pour une croissance durable », le savoir-faire algérien mais aussi les opportunités d’affaires devant aboutir à des investissements ont été exposés devant les participants étrangers issus de 36 pays.
Les exposants ont souligné, à l’unanimité, l’importance de ce rendez-vous économique annuel qui permet d’identifier les opportunités de partenariat et d’entrer directement en contact avec d’éventuels partenaires. Selon eux, l’Algérie n’est plus un simple marché pour des marchandises mais un pays où l’on peut investir et « monter son affaire ».
Invité d’honneur de l’édition 2026 de la FIA, l’Espagne a été largement représentée avec un imposant pavillon qui a regroupé une quinzaine d’entreprises, représentant plusieurs secteurs d’activités, avec une ambition affichée, celle de renforcer leur présence en Algérie, avec des partenariats et investissements dans le pays. C’est le cas de Laberit, entreprise majeure des technologies de l’information, spécialisée dans la transformation numérique et l’accompagnement des entreprises des administrations publiques et du secteur de la santé.
Basée à Valence, l’entreprise, présente dans 25 pays, propose une large gamme de solutions technologiques pour moderniser les processus. Elle travaille déjà avec un partenaire algérien. L’entreprise vise cependant loin. Elle projette la pénétration du marché africain et voit en l’Algérie une porte d’entrée.
C’est ce qu’a indiqué Abderrahmane Ould Cheina, représentant de l’Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest de l’entreprise, signalant le grand intérêt accordé par les pouvoirs publics algériens au secteur du numérique. Une aubaine pour l’entreprise qui, au-delà de commercialiser ses produits et solutions, souhaite produire en Algérie certains équipements, à l’instar des câbles.
« Dans notre vision, nous projetons de fabriquer des câbles et de développer des logiciels en Algérie, dans un cadre d’investissement », a-t-il précisé, soulignant la volonté de tirer profit de ce climat politique favorable entre les deux pays mais aussi des avantages comparatifs qu’offre l’Algérie, relatifs, entre autres, au coût de l’énergie et à la disponibilité de la main-d’œuvre.
« C’est un bon moment pour investir en Algérie. Nous demandons aux hommes d’affaires espagnoles de saisir l’opportunité pour investir dans un espace économique en développement », a indiqué M. Ould Cheina, mettant en avant les incitations et facilités qu’accordent les autorités algériennes.
Cette première participation à la FIA est, en outre, appréciée par l’entreprise, qui a eu à échanger avec des entreprises privées algériennes mais aussi des conseillers de certains ministères qui ont approché l’entreprise, lesquels ont fait part de leur intérêt pour une éventuelle collaboration.
Le Sultanat d’Oman, avec lequel l’Algérie a renforcé ses relations économiques, qui connaissent une dynamique de renforcement stratégique, a également été fortement présent à la 57e édition de la FIA. Avec la participation de 20 entreprises représentant plusieurs secteurs, allant de l’industrie pharmaceutique au transport et à la production des engrais, ce pays veut consolider sa présence en Algérie. Et la FIA représente l’occasion idoine pour cela.
C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé le représentant de l’entreprise Sohar Sulphub Fertilizers LLC, spécialisée dans la production d’engrais soufrés, un produit adapté aux cultures dans le Sud. Cette deuxième participation à la Foire internationale d’Alger a été fructueuse, a-t-il affirmé, à voir l’intérêt exprimé par la partie algérienne. « Nous avons été approché par plusieurs opérateurs algériens, dont des entreprises publiques algériennes qui ont exprimé leur intérêt pour notre produit, surtout que l’Algérie encourage l’agriculture saharienne », a-t-il précisé.
Du côté algérien, la FIA représente aussi une grande opportunité pour exposer le savoir-faire, identifier de nouveaux partenaires, mais aussi conclure des contrats de commercialisation, à l’image du Groupe Condor qui a procédé à la signature d’un accord pour l’exportation de produits électroniques et électroménagers de fabrication locale vers le Rwanda et la Tanzanie.