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Nationale

500 Marocains en voie d’expulsion

500 Marocains en voie d’expulsion

L’ambassadeur du Maroc en Algérie a été convoqué avant-hier par le ministre des Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel, pour protester contre « le flux massif et inhabituel de ressortissants marocains en provenance de Casablanca à destination de la Libye via l’Algérie ».

En effet, plus de 500 ressortissants marocains sont entrés en Algérie depuis début janvier avec pour but de rejoindre la Libye, la Syrie ou l’Irak. Les autorités algériennes ont décidé « de permettre, pour cette fois et à titre exceptionnel, le transit des ressortissants marocains actuellement à Alger, détenant des documents de séjour ou de travail en Libye ». 

En revanche, « les voyageurs ne disposant pas de justificatifs motivant leur déplacement en Libye feront, quant à eux, l’objet d’un rapatriement vers leur pays d’origine », relève-t-on encore dans le même communiqué.

En ce qui concerne cette dernière catégorie, l’Algérie a décidé de mettre à disposition un moyen de transport pour assurer le retour au Maroc. Des centaines de ressortissants marocains sont soupçonnés de vouloir rallier les groupes armés terroristes en Libye. Les Marocains sont les plus nombreux parmi les étrangers dans les rangs de l’Etat islamique en Irak et en Syrie.

Avec plus de 1 000 éléments, le Maroc se place en deuxième position derrière la Tunisie en termes d’effectifs. Ils sont 1 193 Marocains à avoir quitté leur pays pour faire le jihad au sein de l’EI. Le chiffre émane de la Direction générale des études et de la documentation (DGED marocain).

Le Maroc est aujourd’hui en état d’alerte maximale. Il ne se passe plus une semaine sans qu’une cellule plus ou moins proche de Daech ne soit démantelée au Maroc ou dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

Le Maroc infesté par Daech

La majorité de Marocains opèrent dans les rangs des unités des hommes-suicides de Daech. Dans les combats qui les opposent aux forces irakiennes, le recours à la fameuse « katiba » de la mort n’a pu éviter à l’organisation de l’Etat islamique de perdre du terrain.

Les kamikazes meurent avant même d’avoir atteint leurs cibles. En Syrie, le rôle des jihadistes en provenance du Maroc, même s’il n’est plus aussi déterminant sur le cours des combats comme par le passé, n’en demeure pas moins la colonne vertébrale.

Des cellules de Daech sont chaque jour démantelées au Maroc. Une nouvelle cellule terroriste, activant à Meknès, spécialisée dans le recrutement et l’embrigadement de combattants marocains, a été démantelée il y a deux jours. L’EI leur apporte un soutien financier pour faciliter leur déplacement vers ce foyer de tension.

Ils sont des milliers à partir depuis Rabat, Tunis, Alger ou Tripoli pour rejoindre la Syrie ou l’Irak. Une majorité des Marocains qui ont rejoint Daech est originaire du nord du pays, qui a longtemps été marginalisé par le roi Hassan II et maintenant son fils et successeur Mohamed VI.

Si le nord du Maroc est une terre de recrutement, les salafistes, ayant pignon sur rue et qui ne cachent pas leur soutien à Daech, font la loi au vu et au su de tout le monde, y compris les services de sécurité qui laissent faire.

Début octobre 2015, 119 attentats à l’explosif et 109 tentatives d’assassinat avaient été déjoués, ainsi que sept projets de prise d’otages et 41 tentatives de vol à main armée.

La crainte des services de sécurité algériens se confirme ainsi donc à travers cette propagation d’actes terroristes et de tentatives de rejoindre les théâtres d’affrontements. Le Maroc, qui ne semble nullement être à l’abri au vu du nombre impressionnant de Marocains ayant rejoint l’Etat Islamique en Irak et au Levant, aura les pires difficultés à faire face à l’Etat Islamique pour conjurer la menace. A moins que, exploitant les troubles dans la région, il préfère relancer la guerre au Sahara Occidental contre le Polisario pour faire diversion… 

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