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Nationale

5 octobre 1988 : Le renouveau raté

5 octobre 1988 : Le renouveau raté

L’Algérie commémore le trente-et-unième anniversaire du 5 octobre 1988, marqué par de violentes émeutes qui ont coûté au pays plusieurs centaines de morts.

« Personne ne devra oublier cette date écrite désormais dans les manuels d’histoire de l’Algérie » estime Kader, un universitaire. Il faut dire que lors de cette journée, Alger et les principales villes du pays ont été secouées par des manifestations spontanées dans les rues. « De multiples motifs avaient poussé les citoyens à sortir ; il était question, selon eux, de réclamer leurs droits qu’ils estimaient bafoués », raconte Mohamed, un quinquagénaire, qui a participé aux manifestation du 5 octobre 1988. « Nous sommes sortis ce jour-là dans l’espoir d’un changement en mieux pour le pays » déclare cet homme qui résidait à l’époque à Bab-el-Oued. « A l’époque j’avais 23 ans, et comme j’étais chômeur et qu’aucun horizon ne s’offrait à moi, je n’ai nullement hésité à rejoindre les manifestants », enchaîne tristement notre interlocuteur qui dit regretter « les innombrables incendies qui ont touché les souks el fellah et les entreprises d’Etat ».

Trente-et-un ans plus tard, Zohra, 44 ans témoigne : « Je n’avais que 13 ans à l’époque, mais ce qui m’avait choqué c’était de voir les chars partout dans les rues d’Alger. C’était la première fois que je voyais l’armée en vrai. C’était même inquiétant et angoissant pour moi. » Quant à Hakim, un retraité, il évoque « une époque où le peuple subissait quelques injustices, notamment le chômage, qui touchait les cadres universitaires, également la corruption et surtout la bureaucratie ».

L’explosion populaire du 5 octobre 1988 était la conséquence de la situation socio-économique du pays, dont la pénurie de nombreux produits alimentaires de base, la flambée des prix des produits de large consommation, ou encore les coupures d’eau. Il faut rappeler que le soulèvement de la population dans plusieurs villes s’était soldé, hélas, par des actes de destruction d’édifices publics. Les émeutiers s’attaquaient aux symboles de l’Etat et du parti unique, aux APC, aux bureaux de poste et aux commissariats de police. Les demeures des officiels n’ont pas été non plus épargnées. L’ordre fut rétabli le 10 octobre au prix de 500 à 600 morts, de 3 500 arrestations et de dégâts évalués à des millions de dollars. Le 5 octobre 1988 a débouché à l’instauration du multipartisme et l’ouverture du champ médiatique.

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