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Nationale

4700La prévention mise à rude épreuve: Le Covid-19 face au laxisme des citoyens

4700La prévention mise à rude épreuve: Le Covid-19 face au laxisme des citoyens

Si l’heure est au déconfinement partout dans le monde, l’Algérie risque de se retrouver recalée si les mesures de prévention sont supplantées par un laxisme de citoyens depuis l’allègement du dispositif de confinement.

Les derniers chiffres annoncés par le ministère de la santé servent d’indicateur quant à l’évolution en hausse de la pandémie. Le gouvernement a autorisé depuis le dimanche 26 avril de nombreux commerces à rouvrir progressivement, alors que le corps médical a mis en garde contre de nouvelles vagues de contamination au virus, dont la propagation a ralenti depuis le début du mois d’avril, selon les chiffres officiels. Depuis que les commerces ont été autorisés à rouvrir, la plupart des villes algériennes donnent l’impression d’avoir repris leur cours normal. Certes certains commerçants prennent leurs dispositions et veillent à faire respecter la distanciation sociale, mais cela reste insuffisant. Une situation qui inquiète le corps médical qui ne cesse de lancer des appels à l’égard de la population pour respecter les règles de confinement.

Contacté par le Jeune Indépendant, le Dr. Azouz Zahia, médecin interne à l’hôpital de Rouiba, dénonce un « relâchement » chez la population. Cet interniste confronté directement au Covid-19, a poussé un coup de gueule. Critiquant un déconfinement « trop rapide », Dr. Azouz zahia estime que cela pourrait créer de nouvelles vagues de maladie en Algérie qui compliquerait le contrôle de l’épidémie. Une éventualité à laquelle « les hôpitaux ne sont pas prêts à affronter », déplore notre interlocutrice, qui tient à rappeler à la population qu’il est nécessaire de ne pas relâcher les règles de distanciation sociale et des consignes d’hygiène. Dr. Azouz a, toutefois, affirmé que les mesures ont été assez souples dès le début. Elle estime que ses compatriotes ne sont « pas réellement conscients » du danger. « On est très, très loin d’en être sortis », alerte-t-elle. Par ailleurs, notre interlocutrice a déploré manque de moyens au niveau du service Covid-19 à l’hôpital de Rouiba, notamment le nombre de lits en réanimation. Travaillant dans le secteur libéral le Dr. Mourad Belghazi, pneumologue, physiologue et phtisiologue, dénonce le « laxisme » ambiant que « certains innocent vont le payer cher malheureusement, notamment, les personnes âgées et les sujets immunodéprimés », a-t-il précisé. Le spécialiste craint que le nombre de cas va augmenter encore plus parce que, selon lui, les porteurs sains circulent dans la nature et contaminent. « A mon avis 15 jours de confinement strict et quasi total et non pas partiel, pourrait régler le problème, avec l’intervention bien sûr de l’état ou les autorités si déplacement constatés », a-t-il indiqué. Le Dr. Belghazi, qui reçoit quotidiennement des malades au niveau de son cabinet, souligne que la consultation de cette augmentation reflète le degré de « civisme » et le niveau de culture de la population. « L’insouciance et l’inconscience de la société, sans généralisation, parce que je reçois au cabinet des malades avec des bavettes et des gants avec excès, jusqu’à même l’obsession », a-t-il indiqué. Pour se protéger et protéger ses patients, le Dr. Belghazi explique qu’il essaye de respecter les mesures de prévention et avant tout c’est une question d’organisation. « Je reçois un seul malade au cabinet et les consultations sur rendez-vous. Je l’ai trouvé comme le seul moyen pour éviter le scénario de l’Italie où les médecins privés qui recevaient beaucoup de malades étaient touchés », raconte-t-il, avant d’ajouter que : « les moyens de protections manquaient au début, de ce fait j’étais obligé de fermer puis au fur et à mesure j’ai pu me

procurés des masques et des bavettes ffp2 ainsi la camisole et le sur blouse ainsi que la visière et les lunettes à des prix exorbitants ». Sans oublier, dit-t-il, qu’après chaque malade suspect ou pas je désinfectais le cabinet. Le Dr. Belghazi souhaite que l’Etat donne plus de moyens au corps médical pour les deux secteurs privé et public. « Le personnel médicale souffre le martyre », a-t-il déploré. Pour ce qui est du retour des élèves aux écoles, le spécialiste affirme que ça va être une catastrophe, car selon lui, les gestes de barrière en l’occurrence la distanciation physique et le port de masque ne seront pas faciles à respecter, concernant le collège et le lycée, rajoutant à cela l’état psychologique de certains enfants qui ont même perdu leurs proches. Pour le primaire et la maternelle, même si les enfants sont plus au moins « protégés », la situation sera encore pire, a-t-il mis en garde.

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