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Nationale

45e manifestation citoyenne : Une mobilisation moins importante

45e manifestation citoyenne : Une mobilisation moins importante

Le mouvement de contestation populaire a signé ce vendredi son 45e vendredi et le dernier de l’année 2019. 
Visiblement impactée par le contexte national si particulier, marqué notamment par les funérailles nationales du général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaid Salah, cette 45e manifestation citoyenne a connu à Alger moins d’affluence, à comparer aux vendredis précédents. 
Les rues, qui étaient d’habitude le théâtre de marées humaines compactes, étaient moyennement occupées, et les carrés si denses qu’on l’on voyait durant les précédents dix mois ont rétréci en termes de volume. Un constat valable pour les trois principaux cortèges formant la manif d’Alger. Néanmoins, les marcheurs ayant investi la rue ce vendredi  ont focalisé leurs slogans sur « la primauté du civil sur le militaire ». « Dawla madanya machi 3askarya » ( Etat civil, pas militaire), « wankamlou fiha ghir bi silmya wanahou l-3asker m’el-mouradia », scandaient les contestataires qui se dirigeaient vers la Grande Poste dans l’après-midi. On revendique aussi la récupération du pouvoir par le peuple « salimou soulta li chaâb » (rendez le pouvoir au peuple ». Cela étant, les marcheurs, qui ont exprimé clairement leur méfiance sur la question du dialogue dès le vendredi suivant l’annonce de l’offre par le nouveau chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune au lendemain de son élection le 12 décembre, n’ont pas évoqué hier leur position en la matière, préférant reporter ce sujet aux jours à venir. « Les circonstances actuelles ne sont pas appropriées pour parler du dialogue ou des négociations et des conditions afférentes de ce processus. Cela nécessite, de part et d’autre, une accalmie et un état d’esprit permettant la réussite de cette démarche. Il serait donc judicieux de patienter jusqu’après le deuil national décrété pour en débattre », nous a dit un des manifestants rencontré à la rue Asselah-Hocine. 
Par ailleurs, ce vendredi 27 décembre nous rappelle également une date si importante dans l’histoire de l’Algérie : le 62e anniversaire de l’assassinat de Abane Ramdane (27 décembre 1957), un des artisans de la révolution de de 1954 et du congrès de la Soummam en août 1956. Une opportunité pour les manifestants qui ont tenu à rendre hommage à ce héros de la révolution de libération, scandant : « Abane Ramdane Rabi yerahmou ». Ainsi, l’effigie de ce grand stratège et dirigeant de la 3e wilaya, portée par plus d’un, a dominé le paysage des carrés de manifestants ayant sillonné les rues d’Alger-Centre. Les affiches indiquant « primauté du politique sur le militaire » ont été de même très présentes.
Des mémoires fidèlement revisitées certes, mais aussi le cap reste maintenu sur les détenus du hirak, dont la libération figure toujours parmi les préalables et les mesures d’apaisement nécessaires pour toute négociation. Les premiers groupes de détenus, pour mémoire, ont été libérés soit après avoir purgé la totalité de leur peine soit suite à révision de leur peine à la baisse par les autorités judiciaires.
Autant dire que la donne a changé sur le plan politique, compte tenu de plusieurs paramètres intervenant à l’échelle nationale avec le changement à la tête de l’état-major après la disparition d’Ahmed Gaïd Salah ou encore les fluctuations du contexte géopolitique dans la région, avec « l’aventurisme militaire » d’Ankara et de Haftar en Libye et l’éventuel déploiement militaire des forces turques sur nos zones frontalières.

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