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Nationale

44e marche des étudiants : Avec engagement et sagesse

44e marche des étudiants : Avec engagement et sagesse

Malgré le contexte national un peu particulier marqué par le décès ce lundi du chef d’état-major de l’ANP, vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, les étudiants ont tenu hier leur 44e marche à Alger dans une atmosphère sereine et pleine de pugnacité.

Une marche qui se veut un message réaffirmant leur engagement au combat pour une nouvelle Algérie qui incarne un vrai Etat de droit, loin de toute autre considération. Les étudiants ont tenu à souligner que leur révolution pacifique n’est pas contre des « personnes », mais ils revendiquent le départ d’un système qui a mis l’Algérie à genoux des années durant. Après concertation entre étudiants et citoyens participant à la marche de ce 44e mardi, les manifestants ont décidé de scander leurs slogans, comme il a toujours été d’usage, au lieu d’une marche « silencieuse ».

La foule, qui a démarré de la place des Martyrs vers 10h50, a entonné les slogans habituels, « Dawla madanya machi 3askarya », « Makach hiwar m3a el 3issabat » (pas de dialogue avec les bandes), « silmya silmya, nos revendications sont légitimes ».

Par ailleurs, les contestataires continuent de réclamer sans cesse la libération des détenus du hirak et refusent tout chantage. « Pas de chantage, libérez les otages », « harirou harirou harirou elmou3takaline », (libérez les détenus), « Atlikou el-massadjine, maba3ouche cocaïne » (libérez les détenus ils n’ont pas venu la cocaïne), clamaient-ils. L’on revendique aussi la liberté de la presse et l’indépendance de la justice comme préalables indispensables au dialogue, « pour une presse libre et une justice indépendante ».

Il faut signaler que les manifestants ont fait montre, en cette 44e marche, d’une sagesse remarquable et d’une grande responsabilité en rendant hommage à feu Ahmed Gaïd Salah. « Gaïd Salah rabi yarhmou », entonnaient-ils à la rue Larbi-Ben-M’hidi, avant d’enchaîner avec un hommage encore plus chaleureux au grand moudjahid Hocine Aït Ahmed, décédé le 23 décembre 2015. « Ya Da L’Hocine allah yarahmek », disaient-ils.

À propos de la mobilisation du mouvement des étudiants et ses perspectives « après Gaïd Salah », Mustapha, étudiant à l’université d’Alger, nous a déclaré « que les propagandes de la veille de la 44e marche sur les réseaux sociaux prétendant l’annulation de cette manif ont créé une controverse, mais nous avons tenu à la maintenir de façon normale car notre hirak ne dépend pas des personnes, mais c’est un combat que nous sommes en train de mener ».

De son côté Abdenour, un des coordinateurs du mouvement des étudiants nous a déclaré : « Avant toute chose, nous demandons miséricorde pour le défunt Ahmed Gaïd Salah. Cela dit, rien n’impactera l’engagement de l’étudiant envers sa cause qui est principalement le départ de ce système, toujours en place. » Il ajoute : « Nous sommes sortis depuis le 22 février 2019, non pas contre « des personnes précises », mais contre un régime qui règne depuis des années. Nous voulons récupérer notre Algérie et prendre notre avenir en main. Maintenant, en ce qui concerne les projections du hirak après la disparition du chef de l’état-major ou encore l’offre de dialogue proposée par le président de la République, les étudiants attendent des mesures tangibles et ne peuvent en aucun cas se fier à des propos », explique-t-il. « Il faudrait de la bonne volonté de la part du pouvoir et à ce moment, les étudiants « hirakistes » auront leur mot à dire et leur vision des choses à dévoiler sur l’Algérie de demain. »

« Mais toute la répression qui s’est abattue ces dernières semaines sur les manifestants un peu partout dans le pays, et le blocus

imposé depuis des mois sur la capitale ainsi que le verrouillage sans précédent du champ médiatique n’augurent rien de bon » s’inquiète-t-il, tout en affirmant la détermination de la communauté estudiantine qui réalise, plus que jamais, l’impératif de son organisation autour de comités et de structures en mesure de former cette force de proposition qui fait défaut sur la scène politique nationale.

Bien installé dans la durée, le mouvement de contestation des étudiants tend à passer à la vitesse supérieure. À une phase de maturité. Des pistes de réflexion émergent sur l’avenir du hirak et des possibilité existent de faire de ce mouvement de protestation pacifique, au demeurant assez impressionnant, une force de proposition autour de feuilles de route traçant les contours de la nouvelle Algérie.

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