43e Conférence générale de l’UNESCO : La vision de l’Algérie présenté à Samarcande
Les efforts déployés par l’Algérie dans les domaines de l’éducation, des sciences et de la culture, et l’attachement du pays aux principes fondateurs de l’organisation onusienne été mis en avant par le ministre de l’Education nationale et président de la Commission nationale pour l’éducation, la science et la culture, Mohamed Seghir Saâdaoui, représentant le pays aux travaux de la 43e Conférence générale de l’UNESCO, qui se poursuivra jusqu’au 8 novembre à Samarcande, en Ouzbékistan. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, un communiqué du ministère de l’Education nationale.
S’exprimant devant les représentants des Etats membres, M. Saâdaoui a d’abord rappelé le rôle historique de l’UNESCO, créée il y a quatre-vingts ans pour ériger l’éducation, la science et la culture en piliers du dialogue et du vivre-ensemble. Déclarant que « nos prédécesseurs avaient compris, avec clairvoyance, que les traités économiques ou sécuritaires ne suffisaient pas à prévenir les conflits », il a souligné que « la paix doit, avant tout, s’enraciner dans les esprits ». Le ministre a affirmé que, malgré les décennies écoulées, le monde reste confronté à des divisions et des tensions profondes, soulignant que « les médiations et les efforts internationaux ne peuvent à eux seuls apaiser les crises, il faut en extirper les causes à travers la promotion de la culture du dialogue et de la coexistence pacifique ». Aussi, il a appelé à renforcer le rôle de l’UNESCO en tant que forum multilatéral, ouvert à la diversité des opinions et unis autour d’un objectif commun du « droit de tous les peuples à une vie digne ».
Dans un moment fort de son intervention, il a évoqué la tragédie vécue par les populations civiles dans plusieurs régions du monde, et plus particulièrement à Gaza. Il a affirmé avec émotion que « les atrocités commises, les destructions massives qui effacent des siècles de patrimoine commun interrogent notre humanité », avant de rappeler que cette guerre « a anéanti l’image symbolique du vivre-ensemble incarnée jadis par l’étreinte des minarets et des clochers ». Faisant le lien entre l’esprit de l’UNESCO et l’histoire nationale, M. Saâdaoui a souligné que cette session coïncidait avec le 71e anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne, une lutte qui a ouvert la voie à la reconquête de la souveraineté et à la construction d’un Etat fondé sur la justice et le savoir.
Il a ainsi rappelé que « depuis l’indépendance, l’Algérie a érigé le droit à l’éducation gratuite et équitable pour tous en principe constitutionnel ». Le ministre a précisé que le taux de scolarisation, quasi nul à la veille de l’indépendance, atteint aujourd’hui près de 100 %. Il a également relevé l’attention particulière accordée aux enfants à besoins spécifiques, pour garantir une éducation adaptée à leurs besoins.
Stratégie nationale pour une éducation de qualité
Dans la perspective d’atteindre les objectifs du quatrième axe du développement durable, relatif à une éducation de qualité pour tous, l’Algérie a mis en œuvre une stratégie ambitieuse fondée sur la numérisation de la gestion éducative, l’intégration des technologies modernes et la révision des programmes d’enseignement.
Ces réformes visent, selon le ministre, à « préparer les jeunes générations à comprendre et à vivre les valeurs du respect, de la tolérance et du vivre-ensemble ». Il a soutenu, à ce propos, que l’Algérie fut à l’origine de la résolution 72/130 de l’Assemblée générale des Nations unies, proclamant le 16 mai « Journée internationale du vivre-ensemble en paix », une initiative aujourd’hui célébrée dans le monde entier. Abordant le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Saâdaoui a mis en avant la stratégie nationale axée sur les nouveaux domaines technologiques, notamment l’intelligence artificielle. Il a cité la création du Conseil scientifique de l’intelligence artificielle et l’ouverture de 78 Maisons de l’IA à travers le pays, en cohérence avec le cadre éthique mondial adopté par l’UNESCO en 2024, précisant que ces initiatives traduisent « la volonté du gouvernement algérien de faire de la recherche un levier de développement et d’innovation au service de la société ».
Riche d’un héritage multiculturel séculaire, l’Algérie abrite le Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Afrique, dont elle fait un instrument essentiel de coopération régionale. Le ministre a réaffirmé la détermination de son pays à « protéger et valoriser le patrimoine culturel, matériel et immatériel, non seulement sur son territoire mais aussi à l’échelle mondiale ».
Saâdaoui a, en outre, abordé la promotion de la diversité linguistique et culturelle dans le paysage médiatique et numérique, rappelant que « le pluralisme de l’information constitue une condition essentielle de la paix et du progrès ». Il a, par ailleurs, salué le rôle de l’UNESCO dans la protection de l’environnement et la valorisation du lien entre la nature et la culture, soulignant que l’Algérie « se tient aux côtés des pays récemment touchés par le cyclone Melissa ».
Le ministre a soutenu l’importance que son pays accorde à la priorité mondiale Afrique ainsi qu’aux petits Etats insulaires en développement, estimant que « les discussions budgétaires ne doivent jamais se faire au détriment de ces priorités fondamentales ». Dans la dernière partie de son intervention, M. Saâdaoui a annoncé la candidature de l’Algérie au Conseil exécutif de l’UNESCO pour le mandat 2025-2029, exprimant le souhait de son pays de contribuer activement à la réalisation des idéaux de l’organisation.