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Nationale

39e Marche des étudiants : Appel au changement et non au recyclage du système

39e Marche des étudiants : Appel au changement et non au recyclage du système

La 39e marche pacifique des étudiants a vu ce mardi à Alger une mobilisation très importante en dépit du mauvais temps. Visiblement, ça ne faiblit pas au sein de la communauté étudiante. Au contraire, les « hirakistes » sont de plus en plus déterminés pour que « la machine du changement » avance et ne recule pas. Ils veulent tout simplement « un nouveau système, pas le recyclage de l’ancien ».

Des milliers de contestataires, étudiants et autres catégories sociales, ont massivement investi la rue pour réaffirmer leur rejet de l’élection du 12 décembre prochain et pour le départ des symboles du régime contesté. Comme il est d’usage, le cortège a démarré de la place des Martyrs, scandant « makach intikhabat m3a el3issabat » (pas d’élections avec les bandes), « makach elvot ya s’hab kaskrout » (pas de vote avec les corrompus), avant d’enchaîner avec le leitmotiv « makach el’vot, makach el’vot… ». Une manière de souligner leur refus « catégorique » de ce scrutin. De plus, les manifestants menacent cette fois-ci de « durcir le ton », toujours de manière pacifique et recourir, si besoin est, à la grève générale : « el-tas3id essilmi » (monter au créneau de manière pacifique), « e-chaâb yourid la grève générale », (nous sortirons tous le jour du vote », clamaient-ils.

Les candidats à la présidentielle du 12 décembre ont été ainsi dans le viseur des contestataires, qui revendiquaient leur départ, les mettant dans le même sac que les symboles de la « issaba », avec les slogans « Bengrina, dégage, Benflis dégage, Tebboune dégage, Mihoubi dégage, Belaid dégage … ».

En ce 39e mardi, la marche a mis plus de temps en raison des mauvaises conditions météorologiques, qui n’ont entamé en rien la résistance de ces hirakistes déterminés et qui continuent à battre le pavé à pas sûrs. La foule, qui sillonnait les rues d’Alger-Centre vers la Grande Poste, assénait de temps à autre « dawla madanya machi askarya » ( Etat civil, pas militaire), non sans appeler à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice « sahafa hora, « 3dala moustakila » « harirou el3adala »,scandait-elle à proximité du tribunal de sidi M’hamed.

Les contestataires ont aussi eu une pensée pour leur camarade Yassmine Dahmani, incarcérée depuis le mois de septembre, ainsi que pour tous les autres détenus du hirak, réclamant leur remise en liberté. « Libérez les détenus », « ya sadjine artah artah sanowassilou el-kifah » (prisonnier sois tranquille, nous allons continuer le combat).

Par ailleurs, les manifestants qui ont pris cette habitude de contester dans la communion et l’allégresse font à chaque fois montre d’imagination sans borne. Après les fameuses chansons du hirak « carte chiffa », « Ali Amar », « pouvoir assassin », les marches hebdomadaires sont « agrémentées », par une énième chanson intitulée « Ouled Amirouche », qui ne cesse de galvaniser tous les marcheurs, hommes et femmes, jeunes et vieux. « Dor na3oura, wanahohoum z’kara , ahna ouled Amirouche, marche arrière manwalouch » clamait la marée humaine animée d’ un enthousiasme impressionnant et arrosée d’une pluie fine.

Tout compte fait, les étudiants qui ont pu braver, durant presque neuf mois, toutes les contraintes et surmonter toutes les embûches, arrivent à installer de la sorte leur mouvement dans la durée jusqu’à satisfaction de leurs revendications légitimes « Talaba samidoune, li nidam rafidoun », « s’khana walla el-bard hadja mat-habasna ». Des slogans qui démontrent cette détermination à toute épreuve.

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