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Nationale

38e marche des étudiants : Effervescence et émotions

38e marche des étudiants : Effervescence et émotions

C’est une forte mobilisation qu’a connue hier la 38e marche hebdomadaire des étudiants à Alger. Ils sont sortis massivement, bravant de la sorte le froid cinglant de ce mois de novembre et ses fréquentes averses.

Un « focus » particulier des slogans de cette 38e manifestation est mis sur les jugements prononcés par le tribunal de Sidi M’hamed, lundi soir, condamnant 22 détenus du hirak à une année de prison dont six mois fermes, et à une amende de 30 000 dinars. Un jugement que les contestataires ont dénoncé et qualifié « d’injuste et arbitraire ». Depuis leur point de départ à la place des Martyrs, ils ont d’emblée clamé « Echaâb yourid qadha moustaqil » (le peuple demande une justice indépendante), « yala el3ar, 3adalat téléphone » (quelle honte, la justice du téléphone !), « Atalgou massajine, maba3ouch cocaïne » (libérez les détenus, ils n’ont pas vendu de la cocaïne).

Le paysage de la protestation d’hier a été marqué par un slogan écrit en caractères très visibles sur un grand étendard : « 3indama yosbih dolm qanoune, tousbih el-mouqawama wadjib » (Quand l’injustice s’érige en loi, la révolution devient un devoir ! ). Un message fort et riche en signification et en enseignements à tirer, y compris des couleurs employées dans le graphisme en noir et vert.

L’ambiance générale était aussi marquée par le fameux mot d’ordre « El-istiklal, El-stiklal… » (L’indépendance), qui fusait de temps à autre du cortège qui avançait sereinement, traversant les rues d’Alger-centre vers la Grande poste. Non sans créer une émotion intense chez les passants.

Les marcheurs ont, par ailleurs, réaffirmé leur rejet des élections du 12 décembre prochain, estimant que « les conditions permettant un scrutin transparent et démocratique ne sont pas réunies ». Plusieurs slogans ont été entonnés pour signifier ce rejet catégorique : « Had el3am makach el’vot » (cette année il n’y aura pas de vote), « makach intikhabat, m3a el 3issabat » (pas d’élection avec les bandes).

Il était 12h45 lorsque la foule est arrivée en bas de la rue Didouche-Mourad et, soudain une grande effervescence s’est emparée de la foule. La marée humaine s’est aussitôt ruée en direction du bâtiment 31, rue Didouche-Mourad. C’est le journaliste et confrère du quotidien francophone El-Watan, Mustapha Benfodil, qui a été interpellé par les agents de police, pour être relâché quelques minutes après sous la pression de la foule qui a encerclé le lieu. L’interpellation du journaliste, qui était en train de faire son travail en couvrant l’évènement, a énormément exacerbé la colère des contestataires, ravivé leur déchaînement, clamant à gorge déployée : « sahafa horra, adala moustaqila » « dawla madania, machi 3askaria » (Etat civil, pas militaire) (pouvoir assassin) …

Quant à la nouvelle chanson du hirak, les manifestants qui continuent à faire preuve d’ingéniosité laissent libre cours à leur esprit créatif. Ils disent à bon entendeur : Qu’ils sont les enfants d’Amirouche, ils ne sont pas prêts à faire marche arrière. La roue tourne, ajoutent-ils, et qu’ils sont, surtout, résolus à faire dégager les symboles de l’ancien régime contesté. L’objectif pour ces militants jusqu’au-boutistes étant de recouvrer la liberté ». C’est ce qui ressort de la nouvelle chanson du hirak appelée « Na3oura Dour ».

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