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Nationale

30 dossiers de blanchiment d’argent transmis à la justice

30 dossiers de blanchiment d’argent transmis à la justice

Le montant global des sommes placées frauduleusement à l’étranger n’a pas été dévoilé, ni le nom des sociétés ou des personnes prises la main dans le sac.

Par contre, ces pratiques illicites sont facilitées par des professions libérales à l’exemple de celles de notaire, d’avocat et des intermédiaires en bourse, en particulier, qui ne signalent pas les transactions opérées.

La cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), créée en 2005 a transmis, en 2016 à la justice, une trentaine de dossiers de blanchiment d’argent dont « le soupçon est avéré », a appris l’APS auprès d’un responsable de cet organisme.

Le nombre global des dossiers portant sur cette catégorie de délit financier a atteint 154 affaires transmises à la justice depuis la création de la CTRF. La grande majorité de ces dossiers provient des déclarations de soupçon adressées par les banques à la CTRF, tandis que le reste émane d’autres administrations comme les Douanes et la Banque d’Algérie.

La CTRF a reçu 1 240 déclarations de soupçon de la part des banques en 2016 et 168 rapports confidentiels de certaines administrations. Les rapports envoyés par les banques et établissements financiers sont appelés « déclarations de soupçon » alors que ceux transmis par la Banque d’Algérie, les Douanes et la Direction générale des impôts (DGI) sont intitulés « rapports confidentiels ».

Ce chiffre éloquent atteste du niveau effarant atteint par ce phénomène durant ces quinze dernières années, surtout après le boom pétrolier observé au début des années 2000. Cette pratique, au lieu de s’estomper, a malheureusement pris des proportions telles qu’elle menace même l’économie nationale dans ses fondements.

Pourtant, le gendarme financier n’a eu à traiter que des affaires découvertes. Alors qu’en est-il de celles qui ont échappé aux mailles du filet ? Le nombre d’affaires gagne même en ampleur. Ainsi, la CRTF a reçu 168 rapports confidentiels de certaines administrations, contre 159 rapports en 2015.

Entre 2005 et 2011, la CRTF a reçu 3 235 déclarations de soupçon. L’écart important entre le nombre de déclarations de soupçon transmises annuellement à la CTRF et celui des dossiers soumis à la justice suite à ces rapports, s’explique par le fait que les banques déclarent, souvent, les dépôts financiers importants qu’elles jugent suspects, alors que la CTRF se prononce uniquement sur les affaires de blanchiment avéré, en coordination avec d’autres institutions nationales concernées.

D’autre part, la CTRF a signalé, dans le cadre du partage d’informations et de la coordination nationale, certaines affaires aux institutions nationales concernées. Le nombre de ces transmissions a avoisiné les 2 000 communications à la fin 2016, indique encore l’APS qui cite ce même responsable de cet organisme. 

Le président de la CTRF, Hibouche Abdenour, avait indiqué en 2015 sur les ondes de la Chaîne III que l’organisme qu’il dirige a eu ces dernières années à traiter 85 affaires portant, dans leur majorité, sur les évasions de devises « dont les soupçons sont confirmés ». Il a ajouté que 1 500 autres affaires ont été signalées pour traitement aux services de sécurité et des douanes. 

Il a aussi fait part des délits faisant l’objet d’examen au niveau d’autres administrations, à l’exemple de la Banque d’Algérie, des Douanes, de l’administration fiscale ou des services des Domaines, « dont le nombre, très important », nous placerait, dit-il, au premier rang mondial.

Selon le premier responsable de cet organisme, les moyens par le biais desquels sont opérées les fuites de capitaux vont de la surfacturation de marchandises introduites dans le pays, aux importations fictives, ainsi qu’au transfert de montants vers l’étranger tirés, pour une part, du commerce des narcotiques. 

Enfin, au plan international, la CTRF a conclu à ce jour 21 mémorandums d’entente et d’échanges d’informations avec des cellules homologues d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie.

Des informations sont également partagées avec des cellules homologues dans le cadre des demandes d’assistance internationale, selon la CTRF qui a reçu, à ce jour, 79 demandes d’assistance internationale et émis 129 demandes à ses partenaires étrangers. 

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