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Nationale

29e manifestation citoyenne : Une forte mobilisation

29e manifestation citoyenne : Une forte mobilisation

La mobilisation populaire se poursuit pour 29e vendredi consécutif.Ce vendredi à Alger, ils étaient encore des milliers à sortir revendiquer, pour la énième fois, le départ du système en place et l’avènement d’un Etat de droit, montrant, au demeurant, que le mouvement reste intact depuis le 22 févier 2019.

En ce premier vendredi du mois de septembre, les manifestants ont opposé une fin de non-recevoir à la tenue de l’élection présidentielle dans le climat actuel, estimant que les conditions assurant un scrutin transparent et démocratique ne sont pas réunies. Voyant les choses s’accélérer dans le sens de l’organisation des élections, thèse soutenue dans le discours du vice-ministre d la Défense et chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, prononcé lundi passé depuis la 4e région militaire, estimant « opportune la convocation du corps électoral le 15 du mois de septembre courant », la rue s’est montrée hostile à cette démarche.

Aussitôt après la prière du vendredi, les manifestants ont fait vibrer la rue Didouche Mourad et entonné à l’unisson : « Makach l’vot ya s’hab el-kaskrout » (il n’y aura pas de vote avec les corrompus « makache intikhabet, m3a el-3issabat » (pas d’élection avec les gangs), « ulach l’vot ulach » (pas de vote, pas de vote)…

Faisant preuve d’imagination et de créativité, les marcheurs ont adopté ces dernières semaines un nouveau refrain en rapport avec le vote et qui revient à chaque marche : « makach l’vot, walah mandirou , Badoui w’ Bensalah lazem ytirou, ila b’rssas habitout tirou, walah mana habssin » ( pas de vote, on va pas le faire, Bedoui et Bensalah doivent partir, même si vous utilisez des balles, nous n’allons pas nous arrêter). Une manière de maintenir leur posture en vue de faire aboutir les revendications portées par le mouvement populaire du 22 février, dont l’essence est le changement radical à commencer par le départ de tout le système d’où l’expression « t’rouhou ga3 », « irhalou, irhalou… » (partez, partez…)

« Nous, quand nous sommes sortis le 22 février dernier, c’était pour éradiquer la matrice du système corrompu », nous a déclaré Fouad, un jeune manifestant à la place Audin. « Si l’on veut réellement changer le cours des choses et construire une nouvelle Algérie fondée sur la justice et l’équité, nous devrons nous mobiliser massivement et être unis autour de la cause nationale », poursuit ce jeune de 34 ans.

Force est de constater, par ailleurs, qu’en cette 29e marche hebdomadaire, le panel de dialogue ne figure pas sur la liste des cibles des contestataires. Après l’éphémère mission de dialogue et de médiation que dirige l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale Karim Younès, censée connaître bientôt son épilogue, les manifestants considèrent que l’épisode dit « Instance de dialogue de Karim Younès et ses pairs » fait d’ores et déjà partie du passé et ne voient nulle importance à l’évoquer.

« Aujourd’hui, nous avons investi la rue pour réaffirmer notre rejet des élections qu’ils nous veulent imposer dans les plus brefs délais, pour nous le panel de dialogue fait partie du passé, ça ne sert à rien d’en parler », nous a indiqué un vieil homme rencontré à la Grande Poste.

Le dispositif sécuritaire drastique érigé, sur les deux flancs de la chaussée des grandes artères de la capitale, faut-il le signaler, n’a pas entravé le déferlement massif des contestataires sur les rues Didouche Mourad, Colonel Amirouche, Asselah Hocine, et Hassiba Ben Bouli, réitérant, entre autre, leur( souhait pour un régime civile et pas militaire : « dawal madanya machi 3askarya » (Etat civil pas militaire), « châab yourid elstiklal » ( le peuple demande

l’indépendance)… Les forces de l’ordre ont fait preuve d’une retenue exemplaire tant aucun incident n’a été déploré. La rue continue à être un espace catalyseur de revendications et surtout une tribune à ciel ouvert pour exprimer de vive voix que le peuple est désormais maitre de sa destinée. Cela d’autant que les médias lourds censés assurer un service public en toute neutralité, semblent tourner le dos au mouvement populaire et sombrent dans la censure la plus criarde. D’ailleurs, les médias essuient chaque semaine un florilège de critiques acerbes notamment ceux perçus comme les caisses à résonance des autorités.

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