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Nationale

26e vendredi: Les Béjaouis ne veulent rien lâcher

26e vendredi: Les Béjaouis ne veulent rien lâcher

Dans un cortège coloré, des dizaines de milliers de Béjaouis sont descendus pour le 26e vendredi d’affilée dans les rues pour exprimer leur rejet du régime en place, coupable selon eux de la crise qui sévit dans le pays.
Jeunes, moins jeunes, adolescents, adultes, femmes, vieux et vieilles ont tous battu le pavé pour exiger un changement radical du régime et inviter les personnels politiques et les tenants du pouvoir à partir et à laisser le peuple reconstruire le pays ruiné après plusieurs décennies de détournement des richesses nationales, de gaspillage et de mauvaise gestion.
La mobilisation populaire contre le régime politique en place reste importante en dépit de la période de vacances et de la chaleur. La ville de Yemma Gouraya a vécu encore une fois au rythme retentissant des slogans anti-système, contre les tenants du pouvoir, les invitant pêle-mêle à partir.
Les principales rues du chef-lieu de wilaya étaient noires de monde. Tout porte à croire que la mobilisation ira crescendo dès la rentrée. C’est en tout cas ce que promettent les manifestants. « Nous gardons la permanence en attendant le retour des vacanciers sur le terrain de la lutte », dira l’un d’eux. La foule qui a pris possession du boulevard de la Liberté a, encore une fois, réitéré ses revendications. Elle a scandé des slogans hostiles aux tenants du pouvoir : « Le peuple dit système dégage », « Libérez les détenus d’opinion », « la hiwar la chiwar maâ el issabte », « Pas d’élection avec la bande », « Le peuple s’implique pour une 2e République », « La liberté s’arrache et ne se donne pas », « État civil et non militaire », « Appliquez les articles 7 et 8 », « Halte à la dictature et à l’arbitraire », « Pouvoir assassin », « Ulac l’vot ulac », Ulac smah ulac » « Primauté du politique sur le militaire », « Pour une transition démocratique et un Etat de droit et une deuxième république », « Djazaïr houra démocratia », « République nouvelle ».
La marche s’est déroulée comme d’habitude dans une ambiance empreinte de détermination et de calme. Les manifestants ont fait montre hier encore d’une ferme détermination à se faire entendre et à poursuivre le combat indéfiniment, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. « Nous n’allons pas nous arrêter à mi-chemin ; nous savons que notre marche vers un changement radical et profond du système sera longue, mais nous continuerons jusqu’à réaliser le but suprême qui est l’instauration d’un Etat de droit, démocratique et populaire ». La population a réaffirmé hier, à travers une nouvelle mobilisation, son rejet de toutes les figures incarnant le pouvoir. Notons que les Akbouciens ont, comme de coutume, organisé une manifestation similaire pour exiger « le départ du régime et un changement radical ». En outre, le collectif des étudiants de l’université de Béjaïa a rejeté, dans une déclaration rendue publique ces derniers jours, la conférence nationale des étudiants prévue pour aujourd’hui. « Au moment où des milliers d’étudiants endossant pleinement leur responsabilité sortent chaque mardi sur l’ensemble du territoire national, manifestent dans les rues afin de maintenir la mobilisation durant la période estivale et redonner un souffle nouveau aux marches du vendredi, nous avons appris avec stupeur qu’une conférence nationale des étudiants est programmée en plein mois d’août par le Pôle des étudiants algériens (l’Ecole nationale polytechnique, l’ENSA, l’EPAU, l’ESI…) et ledit Forum des étudiants algériens », lit-on dans le document. Les auteurs de la déclaration ont émis des réserves au sujet de cette rencontre et de sa représentativité et de toutes les propositions de cette structure : « tout en émettant de sérieuses réserves, les étudiants expriment leur refus catégorique d’une quelconque proposition sans avoir été en amont approuvée démocratiquement par la base ». 

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