-- -- -- / -- -- --
Nationale

26e marche : Les étudiants entre histoire et contestation

26e marche : Les étudiants entre histoire et contestation

Coïncidant avec le 63e anniversaire du congrès de la Soummam, la 26e marche des étudiants a vu une affluence record à Alger.

Des milliers d’Algériens ont répondu présent à ce rendez-vous estudiantin pour réitérer leur souhait de changement et le départ du système. L’heure indiquait 9h45 quand le débat citoyen habituel précédant la manifestation a commencé, toujours à la place des Martyrs. L’édition du 20 août 2019 a été consacrée à deux évènements historiques, à savoir la Journée nationale du moudjahid en 1955 et le congrès de la Soummam en 1956. L’occasion pour raviver la flamme et rappeler les renseignements à tirer de ce congrès qui constitue un tournant important dans l’histoire de la révolution algérienne.

Plusieurs étudiants ayant pris la parole ont souligné les principes phare issus de la rencontre d’Ouzelaguene revendiquant la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et du politique sur le militaire. « Il convient aujourd’hui d’évoquer les sacrifices de nos héros et artisans des offensives du Nord constantinois le 20 août 1955 et les architectes du congrès de la Soummam tenu une année après (1956). Car ces évènements de notre histoire sont riches en leçons », dit Abdelmalek à l’adresse de la foule qui l’entourait. « Ces principes sont d’actualité et applicables dans le contexte actuel. C’est-à-dire que les vrais militants sont ceux qui sortent sur le terrain et pas ceux qui suivent le mouvement populaire à travers les réseaux sociaux, cela d’une part. D’autre part, nous réclamons un Etat civil et pas militaire », ajoute-t-il. Le processus de dialogue national a été aussi débattu entre citoyens. Les intervenants estiment que l’Instance de dialogue est composée de personnalités appartenant à l’ancien système et, de ce fait, rejettent l’initiative en bloc. « De quel dialogue parlent-ils, alors que notre voix n’est pas transmise par les médias ? », s’interroge Abdelmalek. En vérité, le panel de Karim Younès en a pris hier pour son grade.

Par ailleurs, les étudiants ont tenu à dénoncer les fake-news et la campagne de diabolisation menée par réseaux sociaux interposés contre un de leurs camarades qui, en compagnie d’un groupe d’étudiants, avaient investi samedi passé la salle où l’on procédait à l’installation du Conseil des sages au siège de l’instance du dialogue. « Nous soutenons notre ami et camarade que nous connaissons assez bien. Il n’appartient à aucune organisation ou syndicat et ça ne sert à rien de tenter de ternir son image », dit un des intervenants.

Un débat intéressant et riche tenu en plein air alors que la foule grossissait progressivement. Il était 10h20 minutes lorsque les premiers marcheurs ont décidé de temporiser encore quelques minutes afin que leurs compatriotes puissent rejoindre la manifestation et marquer un bon départ. Juste après « Qassamen » suivi de « min djibalina », la déferlante humaine a commencé à scander « makach hiwar ma3a 3issabat » (pas de dialogue avec les gangs), « dawla madanya, machi 3askarya » (Etat civil, pas militaire).

Malgré la chaleur suffocante, nombre de passants n’ont pas hésité à manifester leur solidarité et ont rejoint aussitôt la marche. Les manifestants scandaient des slogans réfutant toutes les organisations estudiantines et insistaient sur leur résistance : « mounadamat maymatlounache », (les organisations ne nous représentent pas). « lihab el-hiwar yji lal Hirak » (celui qui veut dialoguer qu’il vienne au Hirak), « talaba samidoune li nidam rafidoune » (les étudiants résistent et rejettent le régime).

D’autres slogans reviennent chaque marche, même celle du vendredi : à les entendre on comprend que le peuple aspire à une Algérie indépendante, libre et démocratique : « Chaab yourid elisstiklal » (le peuple demande l’indépendance), « djazayer horra dimoqratiya » (Algérie libre et démocratique), ya hna ya n’touma , maranache habssine ».

Arrivés devant le siège de l’Instance de dialogue, les marcheurs se sont arrêtés un bon moment et ont fait vibrer la rue Larbi-Ben M’hidi. « Makach hiwar m3a el3issabat », a été entonné à maintes reprises. Voyant les objectifs des caméras braqués sur la marée humaine déchaînée, les contestataires n’ont pas hésité à « lyncher » ces médias audiovisuels qui, selon eux, ont trahi le mouvement populaire : « ya sahafa ya chiyatine » (la presse lèche-bottes).

Il faut dire aussi que la 26e manifestation estudiantine a vu le retour en force des écriteaux et pancartes fusionnant le 63e anniversaire du congrès de la Soummam et l’actualité nationale. « Echaâb howa sayide elkarar » « halte à la dictature et la répression, la solidarité est notre arme », « nous n’oublions pas l’anniversaire du congrès de la Soummam, 20 août 1956 » « la primauté du politique sur le militaire, une des décisions du congrès de la Soummam », « 2019-1956, congrès de la Soummam, le peuple demande l’indépendance », lit-on sur différentes pancartes. En somme, la 26e manifestation estudiantine s’est déroulée dans le calme et le pacifisme. Aucun incident n’a été enregistré à l’exception de la tentative d’arrestation devant la Grande Poste d’un marcheur brandissant le drapeau amazigh par les agents des forces publiques qui occupaient en force le centre de la capitale.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email