26e Festival européen de musique en Algérie : Quatre jours, huit groupes et mille sonorités
Le coup d’envoi de la 26e édition du Festival européen de musique en Algérie sera donné, ce vendredi, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA). Prévue du 13 au 16 juin, cette manifestation culturelle est devenue, au fil des éditions, un rendez-vous très prisé des amateurs de musique et d’échanges culturels entre les deux rives de la Méditerranée.
Organisé par la Délégation de l’Union européenne (UE) en Algérie, en partenariat avec les États membres et le ministère de la Culture et des Arts, le Festival européen de musique en Algérie célèbre, depuis plus d’un quart de siècle, la rencontre des cultures des deux rives de la Méditerranée, et ce à travers une programmation riche et éclectique.
S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée en prélude à l’ouverture du Festival européen de musique, l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado Pascua, a indiqué que cette nouvelle édition réunira huit formations musicales issues de différents pays européens, en plus de l’Algérie. Ces ensembles se produiront, a-t-il précisé, sur la scène du Théâtre national algérien (TNA), offrant un voyage sonore traversant le jazz, le flamenco, les musiques du monde, l’électro et bien d’autres expressions artistiques.
L’intervenant a, en outre, mis en exergue la dimension humaine et pédagogique de l’événement, rappelant que les concerts seront accompagnés de rencontres, de « master class », de « jam sessions » et d’ateliers pédagogiques à l’intention des associations musicales et des étudiants en musique, favorisant ainsi les échanges entre les participants. Plus encore, il a exprimé le souhait que ces moments de partage puissent donner notamment naissance à de nouvelles collaborations artistiques euro-algériennes.
Cette année, le festival réunira des artistes et groupes européens représentant la Croatie, Malte, le Danemark, l’Espagne, l’Italie, la Suède et la Bulgarie. Pendant quatre jours, la scène du TNA vibrera au rythme d’une programmation variée, réunissant les sonorités de la Méditerranée, les influences balkaniques, les rythmes nordiques et les musiques du monde.
Plus précisément, le public pourra naviguer entre plusieurs univers artistiques allant du jazz à la pop, de la rumba catalane à la musique électronique, en passant par les folklores réinventés, les musiques métissées et les expérimentations contemporaines.
La soirée inaugurale donnera le ton de cette édition avec la participation du trio croate Ki Klop. Présenté comme l’un des talents émergents de la scène alternative de Zagreb, le groupe développe un univers disco-pop énergique, mêlant grooves entraînants, guitares hypnotiques, rythmiques percutantes et textures électroniques. Sur scène, Ki Klop est décrit tel une véritable décharge d’énergie, en mesure d’entraîner le public dans « une transe festive ».
Aussi, la même soirée accueillera l’artiste maltaise Kym Pepe, figure de la scène électronique alternative de son pays. Selon les informations fournies par le comité d’organisation, elle développe un univers musical aux accents cinématographiques, où une voix aérienne se conjugue à des constructions électroniques puissantes. Entre introspection et énergie brute, ses prestations se veulent autant des expériences sensorielles que musicales, dessinant des paysages sonores au milieu desquels les émotions semblent flotter comme des nuages au-dessus d’un horizon électronique.
L’improvisation comme fil conducteur
Le lendemain, dimanche 14 juin, la scène sera occupée par le groupe danois Andorra et le duo algérien Harf. Andorra s’est distingué sur la scène scandinave grâce à une approche « originale » de l’indie-jazz, a-t-on noté. Sa musique conjugue la sophistication du jazz à des textures cinématographiques et à une énergie contemporaine nourrie d’influences nordiques. Le résultat est présenté comme un voyage sonore dans lequel les paysages imaginaires semblent défiler au rythme des improvisations et des harmonies modernes.
La soirée se poursuivra avec Harf, duo formé en 2022 par Hania et Anyr. Les organisateurs décrivent cette formation algérienne comme un espace d’exploration musicale, poétique et humaine. Porté par des textes écrits en arabe, en français, en espagnol et en anglais, Harf développe un univers sensible explorant les questions d’identité, de mémoire, d’exil, d’amour et de transmission. S’inscrivant dans une démarche située à la croisée de la chanson, de la poésie et de la performance, le duo tend à tisser des passerelles entre les langues et les cultures, comme autant de fils reliant des territoires parfois éloignés mais animés par les mêmes émotions.
Le lundi 15 juin sera placé sous le signe du métissage culturel avec deux formations venues d’Espagne et d’Italie. De l’avis des organisateurs, le groupe espagnol Sabor de Gracia figure parmi les références notables de la rumba catalane. Héritière de multiples influences — jazz, samba, rock, salsa, reggae ou encore cumbia — cette musique festive est profondément ancrée dans la tradition populaire barcelonaise. Fort d’un parcours jalonné de collaborations avec des artistes renommés, le groupe promet d’apporter au public algérien l’énergie chaleureuse des rues de Barcelone et l’esprit convivial propre à la rumba catalane.
La même soirée verra d’ailleurs monter sur scène le JEMM Music Project, une formation italienne qui, à en croire les organisateurs, est un véritable laboratoire de dialogue interculturel. Le groupe associe des instruments issus de différentes traditions musicales du monde, particulièrement le balafon africain, le steel drum caribéen ou encore le taishokoto asiatique. Cette fusion des sonorités vise à donner naissance à une musique ouverte, inclusive et universelle. Ancré dans le Tyrol du Sud tout en regardant vers les horizons du monde, le projet défend l’idée d’un « village global musical » où les cultures se répondent sans frontières.
Une clôture entre Orient, Scandinavie et Balkans
La dernière soirée, prévue le mardi 16 juin, fera voyager le public entre plusieurs espaces culturels. Selon le comité d’organisation, le groupe suédois Tarabband incarne parfaitement l’idée de rencontre entre les peuples. Fondé à Malmö par la chanteuse d’origine irakienne Nadin Al Khalidi et le musicien suédois Gabriel Hermansson, Tarabband est un nom construit à partir d’un jeu de mots entre le terme arabe « tarab » et le mot anglais « band ». Les compositions du groupe marient influences orientales, européennes et méditerranéennes, tout en explorant les thèmes de l’identité, de l’exil, de la paix et du vivre-ensemble. À l’image d’un navire musical sillonnant les eaux de la Méditerranée, Tarabband transporte dans ses chansons des récits personnels qui résonnent avec les préoccupations de nombreuses jeunesses contemporaines.
Cerise sur le gâteau, le festival s’achèvera avec le Trio Wladigeroff, formation bulgare héritière d’une riche tradition musicale familiale. Le trio propose un univers où se croisent musique classique, jazz, folklore bulgare et musiques du monde. Par le biais de cette approche ouverte, les musiciens construisent un langage artistique, tendant à transcender les frontières stylistiques, et faisant dialoguer héritage et modernité. Leurs créations sont décrites comme des ponts suspendus entre passé et présent, entre enracinement et innovation.
Il convient de souligner que les concerts débuteront chaque soir à 19h. Les billets seront disponibles quotidiennement au TNA de 10h à 18h ainsi que via la billetterie en ligne du théâtre, au prix symbolique de 500 DA par soirée.
En cette circonstance, Diego Mellado Pascua a vivement salué le partenariat institutionnel établi avec le Théâtre national algérien (TNA), ainsi qu’avec le ministère de la Culture et des Arts, sans oublier l’ensemble des institutions algériennes impliquées, notamment la wilaya d’Alger.
Le Festival européen de musique confirme ainsi sa vocation de trait d’union culturel entre l’Algérie et l’Europe. En somme, la scène du TNA deviendra, quatre jours durant, une boussole musicale orientée vers tous les horizons, où les notes remplaceront les discours et où les mélodies parleront une langue universelle comprise bien au-delà des frontières.