24e Festival européen de musique: Une deuxième soirée sous le signe de la diversité – Le Jeune Indépendant
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Culture

24e Festival européen de musique: Une deuxième soirée sous le signe de la diversité

24e Festival européen de musique:  Une deuxième soirée sous le signe de la diversité

La deuxième soirée du 24e Festival européen de musique, qui s’est déroulée avant-hier soir au Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi (TNA), a été un nouveau voyage musical riche en découvertes et en émotions.

Le public a été transporté à travers les sonorités métissées du duo et couple suédois Maher et Soussou Cissoko et de l’artiste italien Tommy Kuti.

Le duo suédois Maher et Soussou Cissoko a ouvert la soirée avec une magnifique prestation. Maher à la guitare et au chant, et Soussou à la kora, ont proposé un mélange unique de musiques suédoises et mandingues. Leurs mélodies mélancoliques et leurs rythmes endiablés ont conquis le public dès les premières notes.

La deuxième partie de la soirée a été animée par Tommy Kuti, chanteur d’origine nigériane basé en Italie, dont la musique fusionne le hip-hop avec des influences africaines. Il a su enflammer la scène avec son énergie débordante et ses paroles engagées. Il a captivé l’audience avec des titres puissants et des messages d’espoir et de solidarité.

Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste, Tommy Kuti a offert au public un spectacle haut en couleurs. Il a interprété des titres de son répertoire afrobeat, mêlant influences nigérianes, italiennes et caribéennes. Sa voix puissante et sa présence scénique charismatique ont littéralement envoûté l’assistance.

En marge du concert, Tommy Kuti a déclaré que « Le public était incroyable. Je n’ai jamais eu autant de plaisir à faire un concert pareil ». Il a été particulièrement impressionné par l’énergie et la passion des spectateurs algériens. « En Italie, les gens ne se divertissent pas comme ça, ils ne dansent pas comme ça. Ils n’ont pas l’esprit calme africain », a-t-il expliqué.

Si Tommy reconnaît que certaines régions du sud de l’Italie, comme Naples et Salento, ont une culture musicale plus proche de celle de l’Afrique, il estime que le nord du pays est très différent. « Si on part vers le sud, oui on va trouver par exemple Naples et Salento, mais c’est pour le nord où il y a d’autres régions, c’est pas le même rythme ».

Il a ressenti une connexion immédiate avec le public algérien. « J’ai presque dit ça ici parce que je le connais depuis aujourd’hui et il me semble que je l’ai connu pour toujours », a-t-il déclaré. « C’est juste merveilleux, même maintenant je suis émotionnel de voir comment les gens m’ont apprécié et m’ont embrassé ».

Tommy Kuti et DJ Tommy travaillent en étroite collaboration pour créer leur musique afro-arabe. « Nous étudions le plus la partie performative », a expliqué Tommy. «En ce qui concerne la composition des chansons, nous collaborons avec beaucoup de producteurs italiens et non afrodescendants, et nous avons une super équipe avec qui nous portons à l’avant notre musique », a-t-il ajouté.

Concernant la question des immigrés africains en Italie, il dira que « les médias italiens ne parlent jamais des enfants nés en Italie comme moi. Ils ne parlent jamais de l’histoire de personnes comme moi, de nos parents qui viennent ici travailler », a-t-il confié.

Tommy espère que son succès et sa musique contribueront à rendre l’Italie plus inclusive pour les Afro-Italiens. « On ne parle pas de normalité en Italie. Les afro-italiens invisibles, c’est comme moi, les personnes qui travaillent, qui ont tout un parcours. Ce qui cause problème c’est ceux qui arrivent en barque, c’est l’immigration clandestine. Ces derniers causent des problèmes alors ils mal vu ».

De son côté, Maher Cissoko a exprimé ses impressions sur cette soirée et sur leur voyage en Algérie. «Le voyage était long, nous avons eu presque trois jours de voyage, mais nous avons raté un vol. Malgré cela, les spectateurs ont apprécié notre performance. La musique, ça ne se force pas, si les gens aiment ça, ils le ressentent directement ».

Il a également partagé des anecdotes sur leur rencontre et la naissance de leur duo musical. « Soussou a rencontré mon grand-frère, Solo, qui joue aussi de la kora. Elle voulait apprendre cet instrument et est venue au Sénégal pour ça. Nous nous sommes rencontrés là-bas et avons commencé à jouer ensemble ».

Concernant leur style musical, Maher a ajouté que « nous composons ensemble, souvent à la maison. L’inspiration vient naturellement. Parfois, Soussou commence à jouer de la guitare, et je la rejoins avec l’accordéon. C’est ainsi que nous mélangeons nos influences africaines et suédoises ».

Maher a, aussi, souligné l’importance de l’amour et de la compréhension dans leur collaboration. « Faire de la musique ensemble en tant que couple est rare et précieux. C’est toujours l’amour et la compréhension qui priment », a-t-il dit.

Le 24e Festival européen de musique se poursuit jusqu’au 3 juillet prochain au TNA. Au programme : des concerts de musique traditionnelle et actuelle d’Algérie, d’Europe et d’autres pays du monde, des ateliers de découverte instrumentale et de chant, des rencontres avec des artistes et des professionnels de la musique, des expositions et des projections de films.

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