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Nationale

22e vendredi: Le hirak de la résistance et de l’espoir

22e vendredi: Le hirak de la résistance et de l’espoir

La foule ne se décourage pas, la protestation ne faiblit pas. Au contraire, l’ambiance et la joie de la qualification à la finale de la coupe d’Afrique des nations motivent encore plus les manifestants, qui sont sortis massivement ce vendredi pour le 22e vendredi à travers le territoire national.
À Alger la déferlante des manifestants a commencé à partir de 14 heures. Fidèles au rendez-vous citoyen pour réclamer le départ du système en place, ils affluaient en carrés et entonnaient à tue-tête « ya hna yantouma, maranache habssine » (c’est nous ou vous, nous n’allons nous arrêter), « dawla madanya machi 3askarya » (Etat civil, pas militaire) ou encore « ça y est c’est bon, chaâb président », « ya Gaïd berka mela3b, mada 7 solta lichaâb » ( Gaïd ne badinez pas avec le souveraineté du peuple, l’article 7, le pouvoir est source de tout pouvoir).
En dépit d’un dispositif sécuritaire drastique, les Algérois étaient très nombreux à manifester et à faire de cette 22e marche un avant-goût du match de la finale de la CAN 2019 qui se joue en fin de journée. C’est une manière de dire que malgré la chaleur insoutenable, les mesures restrictives et parfois des évènements susceptibles d’affaiblir la mobilisation, le peuple poursuit son combat et fait entendre sa voix chaque vendredi, d’autant que ses revendications sont légitimes. Le fameux slogan « silmya silmya matalibna char3ya » revient de temps à autre comme un refrain. De Didouche-Mourad à la Grande poste en passant par la place Audin, et de Amirouche à la place du 1e Mai en passant par la rue Hassiba-Ben Bouali, les marcheurs, femmes, hommes, grands et petits, ont fait preuve de détermination en réitérant le départ des résidus du régime. « Irhalou, irhalou, irhalou », disaient-ils et promettent de ne pas lâcher prise malgré la période des vacances : « walah man3oumou, hatta terahlou » (nous n’allons pas à la page jusqu’à ce que vous partiez), scandait la marée humaine.
Parmi les scènes qui ne laissent pas indifférent, celle d’une veille femme rencontrée à la place Audin, qui s’adressait à des jeunes émigrés venus du Canada pour passer leurs vacances en Algérie et profiter de l’occasion pour goûter aux manifestations pacifiques des Algériens, ayant eu l’admiration du monde entier. « Malgré la vieillesse, je suis sortie pour l’avenir de nos enfants. Vous la jeunesse, une fois que le pays aura retrouvé sa stabilité et la machine du développement décollé, vous pourrez venir et contribuer à la construction de votre pays ». « L’Algérie a besoin de tous ses enfants », lâche-t-elle, optimiste. Ses messages et conseils sont reçus avec admiration par ces jeunes d’à peine la vingtaine. Une longue discussion s’est tenue avec cette sexagénaire, où l’on sent vraiment le sens de l’adage « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ».
Pour ce qui est des pancartes et écriteaux brandis, les marcheurs ont montré encore une fois qu’ils ont renoué en force avec la vie politique. Ils mettent à jour leurs messages en fonction de l’évolution de la situation politique : « moubadaret el3oulama w ibrahimi hiya belhal » (l’initiative des ulémas et Ibrahimi est la solution), lit-on sur une pancarte. D’autres contiennent des figures et des noms de personnalités nationales proposées pour mener le dialogue national. Tandis que d’autres contestataires refusent tout dialogue avec la « el3issaba » et exigent la libération des détenus d’opinion comme préalable pour aller au dialogue. « Nous exigeons la remise en liberté des personnes incarcérées pour délit d’opinion. Ces pratiques sont inadmissibles, notamment après les acquis du hirak du 22 février », indique, furieux, un manifestant ancien moudjahid, entouré d’un groupe de marcheurs à la rue Didouche-Mourad. Ceci dit, il y a lieu de relever que ce 22e vendredi de manifestations citoyennes a été marqué par plusieurs évènements : l’euphorie chez les familles dont la progéniture a décroché le baccalauréat et la liesse de tout le peuple algérien après une qualification méritée à la finale de la CAN 2019, en attendant la victoire du hirak et la satisfaction de l’ensemble des revendications populaires. 
Aziza Mehdid

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