22 février 2019- 22 février 2022 : L’esprit du hirak toujours ancré
L’Algérie célèbre ce mardi le troisième anniversaire de son hirak populaire. Plus qu’un mouvement politique spontané ou pas, c’est un élan citoyen sans précédent, porté par des souffles créatifs et innovants.
L’événement va marquer l’histoire contemporaine du pays, par ses revendications citoyennes, sa démarche pacifique et surtout son ampleur. En trois ans, on s’interroge encore sur cette ferveur renouvelée, sur ces passions populaires, jamais affaiblies ou mortes.
Les slogans levés durant plus d’une cinquantaine de vendredis et autant de mardi (manifestations des étudiants) demeurent toujours d’actualité, bien que certains changements aient pu avoir lieu.
Car avec ce fameux 22 février 2019, c’est un véritable tournant politique que va connaître le pays. Il va d’abord marquer puis engager cette rupture tant désirée et revendiquée par le peuple, surtout les nouvelles générations, avides de liberté, de droits, de justice et de progrès.
En trois ans, le pays aura connu quatre scrutins censés concrétiser cette rupture avec les anciennes pratiques, les dérives dans la gestion des affaires publiques, la corruption généralisée et l’arbitraire. Des scrutins dont l’esprit et le discours étaient emprunts ou inspirés par cette plateforme de revendications des hirakistes.
Aussi bien que la présidentielle, ou la révision constitutionnelle, que les élections législatives et municipales, l’esprit du hirak est resté dominateur, vif et bien ancré chez les protagonistes politiques ou les activistes de la société civile.
C’est encore cette plateforme que le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, ne cesse d’en faire sa référence. Il a voulu concrétiser ces espoirs, en dépit du contexte sanitaire des plus difficiles et de ses conséquences socioéconomiques désastreuses. Une promesse surgit comme une émanation de ce hirak, devenu béni et sacré.
Ce n’est nullement pour rien que Tebboune affirme que “le Hirak béni a protégé le pays de l’effondrement total”, en faisant échouer le projet du cinquième mandat de Bouteflika. C’est ce hirak qui a fait tomber comme un château de cartes tout un système bâti sur une logique maffieuse, et qui a régné sans partage pendant vingt ans.
Sans doute, la bataille institutionnelle aura été l’une des priorités du président post Hirak. La reconstruction du schéma des institutions, avec pour objectif de faciliter l’émergence de nouvelles forces politiques, plus propres, s’est imposée comme une nécessité absolue. Tout comme l’idée de faire juger tous les pontes de l’ancien régime honni, accablés par les scandales, les rapines, les détournements et la corruption.
Cependant, il serait impossible de parler du hirak sans évoquer le rôle crucial de l’armée nationale populaire, qui avait dès le début des premières manifestations, choisi son camp.
Lors de sa première prise de parole post-élection, le président Tebboune avait rendu hommage à ce rôle assumé par l’ANP dans “la défense de la souveraineté nationale, la sauvegarde de la stabilité du pays et l’accompagnement du Hirak”.
En guise de reconnaissance de cet accompagnement, il a consacré la date du 22 février “Journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée pour la démocratie”.
La revue El-Djeich a rappelé, dans un ses numéros que l’ANP, depuis le début des marches populaires, « a adopté une position de principe immuable, en se tenant aux côtés du peuple, en s’alignant sur ses choix et sur tout ce qui pourrait répondre à ses revendications ».