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Nationale

2019: Une situation économique morose

2019: Une situation économique morose

C’est une année difficile qui s’achève sur le plan économique. Induite par la crise politique que traverse le pays, la sphère économique s’est retrouvée plus que jamais fragilisée. Baisse des prix du pétrole, entreprises en difficultés dont plusieurs ont mis la clé sous le paillasson, des milliers de travailleurs mis au chômage, activités industrielles en difficulté

La machine économique a tourné au ralenti et le pays a vécu une année très difficile. L’année 2020 s’annonce aussi difficile que la précédente notamment en raison de la réduction rapide des réserves qui deviendraient rachitiques dans les mois à venir si la barre n’est pas redressé.

Tout a commencé en 2014 au moment où les prix de l’or noir ont commencé à dégringoler annonçant le début d’une nouvelle crise en Algérie Une situation difficile pour un pays qui tire l’essentiel de ses revenus du pétrole. Faute d’une stratégie et d’une politique économique bien définie, l’économie nationale a, depuis, commencé sa descente aux enfers. Aucune mesure n’a été alors prise pour endiguer la crise, du moins réduire ses effets à l’exception du recours à la planche à billets qui s’est avérée être plus une escroquerie qu’une mesure censée maintenir les équilibres budgétaires.
L’Algérie a donc clôturé l’année 2019 avec une situation économique chaotique. La crise a pratiquement touché tous les secteurs d’activité. Celui du bâtiment et des travaux publics est le premier à avoir subi le choc. « Quand le bâtiment va tout va ». Et comme cette année le bâtiment « ne va pas », alors rien ne va. En effet, cette activité dans laquelle opèrent quelque 58 000 entreprises employant des milliers de salariés a subi les effets de la crise. 60% des entreprises du BTP ont mis la clé sous le paillasson, mettant au chômage des milliers de salariés en raison de l’absence de la commande publique dont dépend le secteur. D’où l’inquiétude des organisations professionnelles, à l’instar du Forum des chefs d’entreprises (FCE). Le président du FCE a d’ailleurs appelé les pouvoirs publics à agir pour sauver ces entreprises en difficultés, notamment celles du BTP. L’activité commerciale a, elle aussi, connu une régression de 30 à 40% et quelque 50 000 registres de commerce ont été retirés ces derniers mois.
L’industrie automobile, annoncée en grande pompe par les autorités du moment qu’il était question de fabriquer des véhicules « Made in Algeria », ainsi de réduire la facture d’importation, s’est avérée un fiasco. L’économie nationale n’a pas profité de ce secteur. La preuve, selon les spécialistes, « c’est le manque à gagner causé au Trésor public par ces types d’opérations, en même temps que les prix prohibitifs auxquels sont cédés ces véhicules ». Plus encore, plusieurs dossiers liés à la corruption dans la filière de montage automobile ont été dévoilés au grand jour. Des Pgd de groupes concessionnaires automobiles et de hauts responsables, dont deux ex-Premiers ministres sous l’ère de Bouteflika, ont répondu devant la justice dans le dossier de construction automobile pour des faits liés, entre autres, à l’« octroi d’indus avantages dans l’intérêt d’autrui », « l’abus de fonction », « la violation de la réglementation des marchés publics ». Plusieurs hommes d’affaires ont été aussi placés sous les verrous. Le rapatriement de l’argent transféré illégalement à l’étranger par les oligarques et des personnalités politiques a été aussi une des questions préoccupantes de l’année. Si les avis des spécialistes diffèrent sur le montant transféré, ils s’accordent tous à dire que le rapatriement de l’argent n’est pas aussi facile que ça. Des juristes et des économistes ont affirmé que le rapatriement est « possible mais complexe ». Car, une coopération du pays étranger est nécessaire, outre la volonté politique interne. Il faut dire que l’année 2019 n’était pas celle des décisions économiques. Elle était plutôt celle du constat. On s’est contenté de mettre en garde contre la gravité de la situation qui risque de se compliquer avec notamment l’épuisement à l’horizon 2022 des réserves de change, d’où l’urgence d’entreprendre des réformes au risque d’être imposées. Diagnostic fait, les experts sont catégoriques : arrêter le bricolage et identifier une politique adaptée et un modèle économique en associant les principaux acteurs (industriels, producteurs, agriculteurs, investisseurs…), car il se trouve qu’aujourd’hui ces derniers ne sont pas consultés dans la prise de décision. Les responsables du secteur économique sont sous la tutelle des bureaucrates ou des décideurs politiques, ce qui empêche de mener à bien les programmes.
Le nouveau gouvernement aura donc cette lourde mission de redresser la machine économique. C’est un chantier difficile qui attend ce gouvernement qui va faire face à une crise économique dont les conséquences se sont fait ressentir et vont se faire ressentir davantage à l’avenir.

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