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Nationale

2016 l’année du renouveau d’une alliance stratégique

2016 l’année du renouveau d’une alliance stratégique

Après avoir été au plus bas suite à la destruction par l’aviation turque d’un bombardier russe au-dessus de la Syrie en 2015, les relations entre la Russie et la Turquie ont connu une nette amélioration en 2016 avec le rapprochement entre Poutine et Erdogan qui a fait de la Turquie l’un des alliés stratégiques de la Russie.

La plus récente période de froid qu’ont traversée les relations russo-turques a été celle du crash du bombardier de l’armée russe qui a été abattu par la Turquie dans le ciel syrien.

Le Kremlin avait alors décidé de répondre en imposant un embargo sur les produits turcs et en demandant à la population de cesser de se rendre en Turquie pour leurs vacances, sachant que le tourisme russe est très important ce pays.

Le président russe à gelé également le projet du gazoduc TurkStream allant de la Russie à la Turquie via la mer Noire. Le Kremlin ne s’est pas contenté de ces sanctions, car il a aussi bombardé l’élite au pouvoir en Turquie à travers des révélations sur l’implication d’Ankara dans le trafic de pétrole opéré par le groupe terroriste Daech, depuis les territoires qu’il contrôle en Syrie et en Irak.

« La Turquie regrettera d’avoir abattu un bombardier SU-24 russe près de la frontière syrienne le 24 novembre », avait averti Vladimir Poutine devant l’Assemblée fédérale russe, « Nous n’oublierons jamais (…) ceux qui ont tiré dans le dos de nos pilotes.

Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça. Ils vont regretter ce qu’ils ont fait. Ceux qui croient que la réplique de la Russie se limitera à des sanctions commerciales se trompent », avait lancé Poutine en direction d’Erdogan.

Mais après des mois d’invectives de part et d’autre, Russes et Turcs ont décidé de calmer le jeu. L’apaisement s’est amorcé début juillet dernier, avec une lettre d’excuses d’Erdogan envoyée à Poutine pour clore l’affaire de l’avion abattu. Cette désescalade a franchi un nouveau pas depuis le coup d’Etat avorté du 15 juillet à Ankara, au terme duquel la Russie a salué le « retour de l’ordre constitutionnel et de la stabilité en Turquie ».

Vladimir Poutine en a profité pour présenter ses condoléances au président après cette épreuve qui a fait au moins 265 morts. Enfin, Russes et Turcs ont décidé de rétablir leurs liens commerciaux après des mois de sanctions économiques.

En août dernier, la visite de Recep Tayyip Erdogan à Saint-Pétersbourg a permis de mettre fin à la période de froid entre les deux pays, une rencontre qualifiée de « constructive et franche ».

Poutine a reconnu s’attendre à un travail difficile pour ranimer la coopération économique et commerciale avec la Turquie, mais les deux pays « ont toutes les possibilités pour rétablir pleinement leur coopération bilatérale ».

Et Erdogan passa à l’Est

Le chef de l’Etat russe a souligné que la « priorité » est de faire revenir cette coopération « au niveau d’avant la crise », non pas uniquement par « pragmatisme », mais aussi pour « les intérêts des peuples ». Erdogan, quant à lui, avait estimé que les relations entre son pays et la Russie deviendront « encore plus robustes ».

En effet, suite à la tentative de coup d’Etat à l’encontre d’Erdogan, ce dernier a préféré rencontrer Poutine qui l’a soutenu sans réserve à la suite du putsch manqué, plutôt que ses alliés de l’OTAN qui se sont montrés critiques envers la grande purge touchant plus de 60 000 personnes dans l’armée, le secteur de la justice ou la fonction publique, accusant les Occidentaux d’avoir « laissé les Turcs seuls » lors du coup d’Etat manqué.

L’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, destiné certainement à saper les relations fraîchement rétablies entre la Russie et la Turquie, a toutes les chances de rapprocher encore davantage deux pays partenaires qui cherchent à surmonter leurs divergences dans le conflit syrien.

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