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Nationale

2015, l’année de la vraie rupture ?

2015, l’année de la vraie rupture ?

L’année 2015 sera peut-être la plus cruciale pour l’Algérie. La révision de la Constitution sera le fait le plus saillant. Le président Abdelaziz Bouteflika a donc donné son aval pour que la Loi fondamentale soit amendée de fond en comble. Une Constitution consensuelle est donc le mot d’ordre. Mais qu’en sera-t-il dans les faits ?

Déjà une première mouture aurait été établie par les cinq experts désignés par le président Bouteflika à partir des consultations menées par Ahmed Ouyahia au mois de juin dernier. L’originalité cette fois-ci réside dans le fait que l’élaboration des propositions a été confiée à des experts réunis dans le cadre d’une commission de révision de la charte fondamentale du pays.

Il s’agit, certes, d’une commission technique, mais qui revêtirait un caractère politique, dans la mesure où le discours du président Bouteflika lui conférait une certaine initiative en lui recommandant de faire preuve d’audace et d’aborder des questions n’ayant pas figuré dans les axes définis par le discours. L’autre originalité est que la commission a reçu un mandat précis, mais relativement large, intégrant la démocratisation des institutions, la séparation des pouvoirs, l’élargissement du champ des libertés, etc.
Dès le début, il apparaissait évident que la révision de la Constitution allait déboucher sur l’élaboration d’un document consensuel tout à fait nouveau.

La conférence nationale de consensus fait son chemin

Le FLN, qui redoute une Constitution large et consensuelle, veut qu’elle soit réalisée dans les plus brefs délais. D’ailleurs, juste après l’annonce faite par le président Bouteflika, il a programmé une rencontre avec les députés, – tenue hier à l’hôtel Aurassi- pour tenter d’influer sur le cours des choses. Mais la démarche de Saâdani est pour l’instant vouée à l’échec. Le président Bouteflika l’a dit et répété : « Pour ce faire, nous veillons particulièrement à ne pas verser dans l’imitation ni dans l’improvisation. »

A l’opposé de Saâdani, le parti TAJ de Ghoul soutient que rien ne presse, qu’il faut prendre du temps, appelant même à la tenue d’une conférence nationale pour l’élaboration d’une Constitution « consensuelle », rejoignant en cela le FFS et d’autres acteurs favorables à cette thèse. Amar Ghoul a expliqué que l’initiative du FFS invite « tous les partis, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition », à une conférence de consensus et à ce titre elle est plus bénéfique pour le pays.

Aussi doit-on s’attendre à un bras de fer entre les partis soutenant l’initiative du FFS et ceux qui estiment, comme Saâdani, qu’on doit impérativement sceller le processus des réformes politiques engagées sans perdre de temps. L’initiative du FFS, appuyée discrètement par le pouvoir en place, trouve de plus en plus d’adeptes au sein de la classe politique.

Seule pour l’instant la CNLTD, qui regroupe six partis (RCD, MSP, Ennahda, El Islah, Jil Jadid et le PJD de Djaballah) et à l’influence négligeable, tente de bloquer la démarche du FFS. Ces partis redoutent plus que jamais la réussite de cette rencontre qui va les mettre hors jeu un certain moment.

Mais pourront-ils aller jusqu’au bout de leur combat si le FFS réussit à faire adhérer le plus grand nombre ? Benflis, qui fait partie de cette coordination, a indiqué qu’il ne trouvait aucun inconvénient à s’asseoir autour d’une table avec le pouvoir.

D’autres parties vont certainement suivre pour éviter de pratiquer la politique de la chaise vide, cruciale pour leur avenir. Surtout que cette conférence nationale de consensus devrait sortir avec une « nouvelle feuille de route » et un agenda politique précis. Pour l’heure, le FFS continue sa quête de rassemblement d’un plus grand nombre d’acteurs autour de sa démarche.

Mardi, il a reçu une délégation de l’UGCAA (Union générale des commerçants et artisans algériens) pour lui présenter son initiative de sortie de crise qui passe par l’organisation de la conférence nationale de consensus. Le FFS a expliqué, à cette occasion, sa démarche qui est dans sa première phase de réalisation.
Les responsables de cette organisation ont affiché leur adhésion à la démarche du FFS. Ils s’engagent à organiser des rencontres régionales pour sensibiliser les commerçants à collaborer à la vulgarisation de la conférence nationale de consensus auprès de la population. Cette initiative « n’est pas uniquement celle du FFS, mais celle de nous tous », avait souligné un des représentants de l’UGCAA.

Aujourd’hui, le FFS recevra les représentants des Scouts musulmans algériens (SMA) et demain l’UNPA. Samedi prochain, le FFS ira à la rencontre du réseau NADA pour la défense des droits de l’enfant.

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