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Nationale

20 ans de prison pour les ravisseurs d’« Amine Yarichene »

20 ans de prison pour les ravisseurs d’« Amine Yarichene »

Après plus deux heures de délibérations, le tribunal criminel d’Alger de la première instance de la juridiction de Dar El Beida, le président Abdeslam Rachid assisté de ses conseillers et des quatre membres du jury, a prononcé,ce mardi, quatre condamnations allant de dix à vingt en passant par quinze ans de réclusion criminelle et deux relaxes dans l’affaire de l’enlèvement du petit Amine Yarichene.

Ainsi, le principal inculpé Ahmed Said, alias « Said l’émigré », a été condamné à vingt ans de prison ferme assortis de 100 000 dinars.

Son bras droit et ami intime du père de la victime, A.B. Lamine, qui a servi d’indicateur aux ravisseurs, a écopé de quinze ans de prison ferme.

Le troisième accusé qui a procédé à l’achat de la moto utilisée dans le rapt de l’enfant, B. Hamza, a été condamné quant à lui à dix ans de prison ferme.

Par ailleurs, le président a prononcé deux relaxes, B. Makhlouf et B. Brahim. Les concernés étaient poursuivis pour complicité dans le kidnapping du petit Amine, pour manque de preuves légales et matérielles les culpabilisant.

Le même président a en outre prononcé une condamnation à perpétuité par contumace assortie d’un mandat d’arrêt international contre le frère de B. Hamza, B. Noureddine.

En matière civile, les mis en cause condamnés se sont vus infliger de verser un dinar symbolique au profit de la famille de l’enfant en signe de réparation matérielle aux préjudices moraux qui lui ont été causés.

A toutes les questions posées, le tribunal a répondu par oui concernant les trois inculpés Ahmed Said Y, A. B. Lamine et B. Hamza, notamment en ce qui concerne leur culpabilité directe dans la création d’une association de malfaiteurs et ce dans le but d’enlever la victime et demander une rançon de quatre millions d’euros.

Le procureur général du tribunal criminel d’Alger a requis, avant-hier, au cours de son réquisitoire dans le cadre de l’affaire proprement dite « Yarichene Amine », la prison à vie contre les cinq accusés inculpés et à leur tête Ahmed Youssefi Said et son ami intime Ait Bouaoune Lamine.

Le procureur général a d’emblée affirmé que tous les faits reprochés au mis en cause sont formels notamment en ce qui concerne l’intention criminelle relative à l’enlèvement et le kidnapping d’un mineur dont l’âge ne dépassait pas les huit ans au moment des faits.

Le représentant du ministère public a indiqué que les inculpés ont commis l’irréparable en s’attaquant à un enfant sans force et chacun d’eux avait une mission bien déterminée à accomplir.

Il a tenu à préciser que les inculpés faisaient partie d’une dangereuse association de malfaiteurs qui ne s’est pas contentée de kidnapper le petit Amine mais de demander une rançon de quatre millions d’euros.

Il a par ailleurs affirmé que les mis en cause se sont comportés en véritables criminels en appelant depuis l’étranger l’oncle de la victime pour lui demander des sommes faramineuses contre la libération du petit Amine qui gardera sans aucun doute des séquelles.

« J’ai vécu l’enfer pendant huit jours. Amine Ait Bouaoune, que je considérais comme mon frère, a participé directement à l’enlèvement et le kidnapping de mon fils. Le mis en cause a trahi la confiance placée en lui par l’ensemble de ma famille. J’aurais aimé qu’Amine s’attaque à moi et non pas à mon fils âgé alors

de 8 ans. Un enfant sans force et sans défense qui souffre actuellement de troubles psychiques. J’ai toujours porté aide et assistance à Amine et en guise de reconnaissance, il a pris mon fils et l’a remis à mon antagoniste pour me faire du chantage ! ». C’est ce qui ressort, en effet, des déclarations du père du petit Amine Yarichene qui a été récupéré de ses ravisseurs une semaine après son enlèvement, suite à une minutieuse enquête menée par les gendarmes.

Comme il fallait s’y attendre le procès tant attendu d’Ahmed Youssefi Said connu sous le sobriquet de « Said l’émigré » ou encore « Said l’électricité » qui a été conduit devant le président du tribunal criminel d’Alger, de la 1ère instance judiciaire en l’occurrence Abdeslam Rachid, s’est ouvert, hier, sous haute surveillance des éléments de la brigade des investigations et des recherches (BRI) en plus des policiers en faction au tribunal de Dar El Beida.

Le procès qui a défrayé le quotidien de l’opinion publique en 2014 a débuté hier vers 11 heures du matin après que le président en charge du dossier a procédé à l’audition d’un accusé poursuivi dans une autre affaire.

Entouré de plusieurs policiers de la BRI, l’inculpé vêtu d’une chemise bleue et assis dans le box des accusés, est invité vers 12 heures 5 minutes à se présenter à la barre pour répondre des graves accusations portées à son encontre par les juges de la chambre d’accusation de la cour d’Alger, à savoir création d’une association de malfaiteurs dans le but de kidnapper un enfant et par-delà demander une rançon estimée à plus de 4 milliards de centimes.

Le principal accusé a d’emblée affirmé au président d’audience : « Je n’ai pas kidnappé le petit Amine Yarichene. C’est Azzouz Sofiane qui m’a suggéré d’enlever le petit jusqu’à ce que mon argent me soit remis. ».

Il a reconnu s’être rendu en Algérie en utilisant un faux nom. « Je me suis fait passer pour mon frère pour pouvoir rentrer du Maroc.

Il a clamé haut et fort en direction du président : « Une fois en Algérie, j’ai réclamé mon argent : 14 milliards et 1 million d’euros. »

L’inculpé principal a par ailleurs indiqué au président que : « Le petit Amine a été bel et bien gardé chez lui ! »

Dans le même contexte, il a déclaré : « J’ai entouré le petit Amine de chaleur parentale ».

A la question de savoir pourquoi il a acheté une moto quelques jours avant les faits, l’accusé répond : « Je l’ai achetée pour faire mes déplacements d’El Mohammedia à Birkhadem et éviter l’encombrement ! ».

L’ami intime du père de la victime, A.B. Lamine, qui a servi d’indicateur, a insisté au cours de son audition : « J’aurais aimé que le petit Amine soit présent pour donner sa version des faits. Je n’ai rien à voir dans cette affaire. Les enquêteurs m’ont obligé de signer des déclarations que je n’ai jamais déclarées ! »

Dans son intervention, la partie civile a estimé que toutes les preuves légales et matérielles sont réunies contre les mis en cause lesquels ont commis l’irréparable en procédant à un kidnapping d’un enfant sans défense ce qui des préjudices moraux à sa famille, qui a causé n’arrive toujours pas à oublier le drame qu’elle a vécu en 2014.

Les avocats de la défense, qui se sont contentés de demander l’application des articles ayant trait aux circonstances atténuantes au profit de leurs clients, ont applaudi dans le hall du palais de justice les verdicts prononcés.

Il convient de signaler que tout au long de sa séquestration, le petit Amine n’a pas pu découvrir les visages de ses ravisseurs pour la

simple raison que ces derniers portaient des masques l’un noir et l’autre de Spiderman.

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