1er novembre 1954: Rappeler que l’Algérie est algérienne – Le Jeune Indépendant
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Nationale

1er novembre 1954: Rappeler que l’Algérie est algérienne

1er novembre 1954: Rappeler que l’Algérie est algérienne

Sur initiative de l’Association des enfants de moudjahidine de la wilaya de Tizi Ouzou (AEMWT.O), une conférence a été animée ce samedi, par un groupe d’universitaires, dans l’espace du Petit théâtre de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, autour du thème du déclenchement de la guerre d’indépendance, le premier novembre 1954.

Il s’agit du linguiste Saïd Maouel, Mohamed Ghobrini, Mokrane Ben Youcef, également moudjahid, et le Palestinien, le Dr Salah Abdelkader, enseignant à la faculté des lettres de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. A l’issue de cette conférence hautement académique, l’accent a été surtout mis sur l’existence de la nation algérienne depuis plusieurs siècles avant l’arrivée des Français en 1830. Par ailleurs, la dernière déclaration d’Emmanuel Macron, qui a fait polémique, ne relève pas de l’inédit puisque bien avant lui, d’autres personnalités, politiques et autres, ont fait dans le mensonge en déclarant que l’Algérie n’avait jamais existé avant l’arrivée des Français.

C’est ce qu’a souligné Saïd Maouel à l’issue de sa très longue intervention, où il a fait alterner le kabyle, le français et l’arabe. Pour prouver le bien-fondé de l’existence de l’Algérie depuis les temps les plus reculés, le conférencier est allé jusqu’à citer le témoignage d’historiens français, lesquels se sont appuyés sur des faits historiques. Le roi François 1er a appelé en 1543 les Algériens à lui prêter main-forte dans la guerre qu’il mena contre Charles Quint. Henri II en fit de même en 1552. Louis XIV (le roi Soleil) appela également les Algériens à lui prêter main-forte en 1689 dans la guerre que la France mena contre l’Angleterre et son allié, la Hollande. Toujours selon Saïd Maouel, c’est l’Algérie qui reconnut la première la légitimité de la révolution française de 1789.

L’Algérie, en tant que pays souverain, reconnut aussi l’indépendance américaine. Donc, tous ces faits historiques –qui sont loin d’être les seuls – constituent des preuves intangibles de l’existence de l’Algérie bien avant son invasion en 1830 par les troupes françaises. Saïd Maouel a cité encore une multitude de faits historiques prouvant l’existence de l’Algérie depuis plusieurs siècles avant l’arrivée des Français. En abordant la guerre d’Algérie, le conférencier a soulevé une question de taille certainement ignorée, encore de nos jours, par beaucoup d’Algériens. Il s’agit effectivement de la signification et de la vraie sémantique de certains mots de la langue française.

Le FLN, dans sa déclaration faite lors du congrès de la Soummam, a écrit entre autres : «La renaissance de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques (…)». Le mot « renaissance » a fait l’objet d’une sérieuse étude pour éviter une interprétation erronée, car les Français ont, à maintes reprises, joué sur les mots. En effet, le FLN, dont la langue de Molière ne lui était pas inconnue, a utilisé le mot « réinstauration » de l’Etat algérien. La partie adverse a fait semblant de comprendre le mot « instauration », qui signifiait donc que c’était pour la première fois qu’allait être instauré l’Etat algérien. Le FLN, loin d’être dupe, revint à la charge en insistant sur le mot « réinstauration ». Là encore, les Français ont donné au mot une autre signification, à savoir que cet Etat dont parlait le FLN n’existait que durant la présence des Ottomans en Algérie et, par conséquent, il n’y avait rien avant l’arrivée des Turcs en Algérie. C’est donc pour éviter une quelconque mauvaise interprétation que le FLN qui, doit-on rappeler, maîtrisait à la perfection la langue de Voltaire, songea à remplacer le mot « réinstauration » par « renaissance ».En définitive, la guerre d’indépendance fut aussi traduite par des mots.

Le conférencier, avant de céder le micro à un autre de ses camarades, a cité encore une multitude d’autres anecdotes sur les faits ayant marqué le 1er novembre 1954 et sa suite événementielle. Pour Mohamed Ghobrini, il est nécessaire que l’histoire de l’Algérie soit écrite par ses propres enfants, et ce aux fins de relater les faits dans leur exactitude. Et pour emboîter le pas à Saïd Maouel, Mohamed Ghobrini a révélé à l’assistance que l’un des fils de Massinissa, Mastanabal, avait participé aux jeux Olympiques d’Athènes. Sa participation en tant qu’athlète représentant la Numidie lui avait valu de remporter une médaille. L’intervenant a cité encore d’autres faits historiques où les Algériens étaient impliqués, et ce des siècles avant 1830. Pour sa part, le Palestinien, le Dr Salah Abdelkader, a commencé son intervention en soulignant que le 1er novembre 1954 est une symbolique à travers laquelle beaucoup de peuples se reconnaissent. L’intervenant a également appelé les Algériennes et les Algériens à veiller à leur unité nationale, car «sans l’unité nationale, tout pays ne peut être que vulnérable».

Le Dr Salah Abdelkader, très ému, a confié que cela fait 55 ans qu’il vit en exil et que cela fait 40 ans qu’il vit en Algérie, plus précisément à Tizi Ouzou, et pourtant, jamais il ne s’est senti étranger. «Le 1er novembre 1954 est aussi une référence palestinienne», a-t-il déclaré avant de révéler un fait historique d’une très haute dimension. C’est un Algérien, un chef religieux et militaire originaire de Tlemcen, qui défendit El-Qods lors des Croisades, après que Salah Eddine El-Ayoubi (Saladin) fut tombé malade et se fut affaibli. Ce chef de guerre algérien, qui croisa le fer contre les chrétiens, s’attira reconnaissance et admiration de tous les musulmans qui s’engagèrent dans une guerre connue sous l’appellation de « guerre sainte ». Le Palestinien, à travers cet exemple, a voulu rappeler que l’union algéro-palestinienne date de plusieurs siècles. Pour sa part, le moudjahid et universitaire Mokrane Ben Youcef a mis l’accent sur les terribles événements ayant marqué la conquête de l’Algérie par la France. Il a cité presque toutes les atrocités commises par les militaires français contre le peuple algérien. Il s’agit, entre autres, des terribles enfumades, notamment celle de Dahra, dans la wilaya de Mostaganem, où plus de 1 200 personnes de tous les âges périrent par l’inhalation de la fumée.

C’était le 19 juin 1845. Ces massacres furent commis sur ordre du maréchal Bugeaud. En définitive, le 1er novembre 1954, qui suscita aussi l’adhésion de nombreux intellectuels français dont Paul Sartre, lequel déclara «Libérons la France et l’Algérie du colonialisme», fut une action salvatrice pour la libération du peuple algérien du colonialisme, mais aussi porteur d’une vérité sur l’histoire, plusieurs fois millénaire, de la nation algérienne.

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